×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    eleconomiste

    eleconomiste
    Economie

    Enjeu: Passer vite à une économie auto-entretenue

    Par L'Economiste | Edition N°:1167 Le 19/12/2001 | Partager

    . Les années “sécuritaires” ont fini par jouer un très mauvais tour au Sahara marocain. Le niveau de développement reflète l'ancienne déstructuration gouvernementale et la domination du ministère de l'IntérieurLes mêmes problèmes qu'ailleurs plus ceux qui viennent du changement radical et rapide du mode de gestion politique. C'est ce qui ressort de la longue enquête de terrain faite par L'Economiste dans les Provinces du Sud.En fait, le niveau des grandes infrastructures publiques est meilleur que celui du Maroc du Nord. Les routes, l'eau, les ports… sont vraiment au rendez-vous. Sur ces domaines, la politique de mise à niveau a bien fonctionné. Il faut en effet se souvenir que la colonisation espagnole avait très peu investi au Sahara: l'Espagne était alors un pays pauvre; le PIB espagnol par tête n'était que la moitié de celui de l'Europe communautaire de l'époque et Madrid, bien naturellement, ne se sentait pas impliquée dans cette colonie sachant que tôt ou tard, elle retournerait à l'ensemble marocain. En 25 ans donc, la mise à niveau des grandes infrastructures a été faite. En revanche, au Sahara, il a manqué deux éléments stratégiques: des logements et l'intégration intelligente des compétences. En cela, le ministre de l'Intérieur, Driss Jettou, a raison. En prenant ces fonctions et lors de sa première tournée dans les Provinces du Sud, il a acquis l'intime conviction que les problèmes du Sahara sont des problèmes de développement classiques au Maroc. Il s'abstient de dire qu'ils reflètent les problèmes de structuration gouvernementale des années 80 et 90, mais ce ne serait pas faux de le soutenir. Un ministère de l'Intérieur dominant, imposant des visions sécuritaires, un ministère des Travaux publics assez organisé et rationnel pour faire son travail en échappant à la domination du ministère de l'Intérieur, mais d'autres ministères trop faibles, trop mal organisés pour y arriver. Ce qui explique que malgré la base infrastruturelle, bien peu d'activités autonomes sont venues se greffer sur elle, pour auto-entretenir le développement.Le résultat, comme dans le reste du Maroc mais en un peu plus caricatural, est là: un niveau d'équipement correct mais peu de choses pour faire changer la vie de tous les jours pour les habitants.Pour le nord du Maroc, les répercussions politiques sont normalisées. Mais pour le Sahara, compte tenu des enjeux internationaux, les effets sont ravageurs. Pour saisir correctement ces enjeux, il faut bien mesurer qu'au Sahara, il n'y a pas d'enjeux stratégiques mondiaux: pas de pétrole, pas de matières premières, pas de contrôle de route internationale. La partie internationale se joue quasi uniquement sur la communication et celle-ci repose largement sur les valeurs universelles auxquelles le Maroc adhère aussi. Mais face à cet enjeu, le système sécuritaire est disqualifié. Pour Rabat, redresser la barre signifie aller très vite, d'une part pour changer la vie des gens, d'autre part pour appliquer sur place les mêmes règles respectant les droits de l'homme qu'ailleurs.C'est un changement de registre où la difficulté réside dans la vitesse du changement en sortant du système de “chantage” dans lequel il était et est encore pris. L'enquête de L'Economiste le montre fort bien: les séparatistes sont très minoritaires, leur méthode de recrutement ne fonctionne que lorsque se produisent des manquements aux valeurs universelles (droits de l'homme et droit au développement), mais ils n'ont aucune alternative socio-économique à proposer. Les gens le savent parfaitement et cela ressort aussi très exactement des programmes des autorités actuelles: des activités économiques capables de créer des emplois et qui finiront par se substituer à “l'économie de chantage” que couvrait la loi du silence. Nadia SALAH

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc