×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

    Economie

    Engrais: «Victimes» de la mollesse politique

    Par L'Economiste | Edition N°:1990 Le 31/03/2005 | Partager

    . Depuis 40 ans, les mêmes maux non résolus. Augmenter la taille des exploitations et abandonner les cultures non rentablesLes échéances fixées par les accords de libre-échange avec les Etats-Unis et l’UE approchent. Pourtant, l’Agriculture, exposée en première ligne, est loin d’avoir parachevé sa mue. Morcellement des terres, rendements faibles, mécanisation insuffisante, gaspillage de l’eau... L’activité traîne les mêmes maux depuis des décennies. Quant au secteur des engrais, il ne réussit toujours pas à jouer un rôle moteur dans ce processus de mise à niveau. «Le véritable problème de ces deux secteurs étroitement liés réside dans la confusion entre milieu rural et production agricole par les gouvernants», explique un opérateur ayant requis l’anonymat. Pour lui, la source de ces maux est que «les pouvoirs publics cherchent avant tout à fixer la population rurale en lui octroyant des activités pour survivre», peu importe qu’elles soient rentables ou non. Une telle stratégie se traduit par un surendettement chronique des petits agriculteurs et retarde la modernisation de l’agriculture. Autre conséquence: la progression timide de la demande en engrais. Ainsi, la consommation annuelle varie en moyenne entre 700.000 et 800.000 t. «Le marché évolue, mais lentement puisque le potentiel de consommation est estimé à quelque 1,5 million de tonnes». Selon des industriels interrogés sous le couvert de l’anonymat (!), ce retard serait imputable aux erreurs de choix stratégiques opérés dans le secteur agricole. «Si la consommation ne décolle pas et si les distributeurs d’engrais naviguent à vue, cela s’explique par l’absence d’une vision à l’échelle nationale». Sur le terrain, les distributeurs d’engrais sont toujours dans l’incapacité d’établir des prévisions de la demande par région.«Pourtant, le Maroc dispose de potentiels appréciables qui peuvent rendre ce secteur performant et rentable», assure Amine Kandil, administrateur directeur général de Charaf, le seul opérateur à s’être exprimé ouvertement. Même si elles ne représentent pas plus de 1,5% de la surface agricole utile totale, la concession des terres de la Sodea (Société de développement agricole) aux opérateurs privés va marquer un tournant dans le processus de modernisation. L’Etat met donc sur le marché 56.000 ha dont 20.000 dédiés à l’arboriculture (près de 8.000 pour les agrumes, près de 6.000 ha pour les vignes, 1.323 pour l’oliveraie) et 16.000 ha aux cultures annuelles, notamment les céréales.Par ailleurs, les industriels invoquent le morcellement extrême des terres cultivées. Les exploitations de céréales figurent en première ligne puisqu’elles totalisent plus de la moitié de la consommation d’engrais. Selon les normes internationales, l’exploitation doit être d’une superficie minimale de 30 ha en zone bour pour être rentable. Selon les données de la direction de la production végétale, 95% des exploitations sont en deçà de ce seuil.De plus, les exploitations de céréales en zones bours occupent près de 5 millions d’hectares. Or, sur cette superficie globale, 1,5 ha ne serait pas rentable, faute de ressources en eau suffisantes. «Le déficit pluviométrique doit être pris en compte comme une donnée structurelle qui empêche les agriculteurs d’avoir un bon retour sur investissements dans les zones bours défavorables dans les conditions actuelles, d’acquérir des équipements, d’analyser les sols, de maîtriser les techniques de fertilisation...», ajoute Amine Kandil.En outre, le prix de revient à l’hectare est estimé par les experts internationaux à 3.000 DH/ha en moyenne, en intégrant le coût de l’ensemble des facteurs de production. Le rendement actuel varie entre 15 et 20 quintaux/ha, pour un prix de vente garanti de 250 DH/q. Le maintien de ce prix garanti est jugé anachronique puisque le blé est accessible à l’importation à près de 50 DH/q. De plus, pour cette campagne, le petit agriculteur a réussi à écouler le blé qui a germé à un prix variant entre 100 et 150 DH seulement. Cette production a ainsi été destinée à l’alimentation de bétail. «A ce prix-là, les producteurs ne rentrent pas dans leurs frais, sont en proie à des difficultés de remboursement des crédits de campagne et ne sont pas en mesure d’acquérir des engrais pour préparer la campagne suivante», déplorent les industriels. D’où le cercle infernal du surendettement et de la pauvreté de la population rurale.


    Une douzaine de distributeurs

    Le secteur compte une douzaine d’opérateurs-distributeurs qui s’approvisionnent en engrais de fonds auprès de l’OCP. Les engrais de fonds sont utilisés lors des semis. Ils recourent aussi à l’importation pour répondre à la demande en engrais de couverture qui accompagne la croissance de la plante. Faute d’organisation, les chiffres sectoriels font défaut. Certains opérateurs n’hésitent pas à parler d’anarchie puisque l’activité est ouverte à tout investisseur... y compris aux spéculateurs. «Dans ces conditions, il est difficile pour une entreprise structurée d’avoir une visibilité et d’investir». Pour autant, tous ne baissent pas les bras. A titre d’exemple, Charaf vient d’investir 5 millions de DH pour son unité de conditionnement de Nador et 8 millions de DH à Agadir.


    Malversations... courantes

    A quelques exceptions près, le secteur est peu transparent et les tricheries sont courantes sans que cela ne provoque de réelles réactions de la part des pouvoirs publics sur le terrain. D’ailleurs, elle explique aussi la réticence des opérateurs à s’exprimer à visage découvert. En définitive, c’est le petit agriculteur analphabète qui est spolié. La malversation touche aussi bien l’emballage, le poids que la formule de l’engrais. L’ampleur des dégâts sur les cultures et la qualité des sols ne doit pas être négligeable.Mouna KABLY

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc