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    Energies: Le grand tournant libéral

    Par L'Economiste | Edition N°:220 Le 07/03/1996 | Partager

    De gros câbles haute tension, à l'entrée de Mohammadia, montrent la direction de la Samir, gros client de l'ONE. Ce dernier est, à son tour, client de la Samir pour sa centrale au fuel, reliée à la raffinerie par un canal.
    Mais malgré cette liaison physique, les distributeurs s'interposent. Ce sont eux qui répondent à l'appel d'offres, facturent chaque livraison, réalisent une marge.
    Le secteur de l'énergie est ainsi enchevêtré, avec de multiples liaisons clients-fournisseurs entre opérateurs, des impôts en cascade, des marges et des prix administrés, alors que la concurrence règne en principe entre distributeurs de produits pétroliers, source d'énergie
    Une véritable toile d'araignée avait été tissée par 25 ans de réglementation, d'intervention publique directe via la Samir, la SCP, la SNPP d'un côté qui tenait les majors, l'ONE d'un autre côté, les régies qui se cachent dans le giron du Ministère de l'Intérieur pour ne pas payer leurs factures. L'impayé était d'ailleurs la plaie du secteur jusqu'à ce que les délestages provoquent un "coupe-circuit" dans tout le système. L'approvisionnement du pays n'était plus assuré, du moins pour l'électricité.

    De là, l'histoire de l'énergie s'est accélérée, aboutissant aujourd'hui à la privatisation de la Samir (qui n'était pas sur la liste des privatisables), à la production "privée" de l'électricité, soit par cogénération, soit par concession de centrale. Résultat: en 3 ans, le Maroc augmente sa capacité installée de 40%, passant de 2.400 à 3.400 mégawatts. La grande panne a donné un nouvel élan et brisé le tabou de l'électricité stratégique et donc nécessairement publique.
    Les résistances ont ainsi été évitées et ABB viendra à Jorf produire une électricité que l'ONE distribuera. Mais distribution n'est pas livraison, l'office "public" coupe les mauvais payeurs, même quand ce sont des communes, encourage ses "gros" consommateurs à devenir de "bons" consommateurs, à choisir la tension qu'il faut et utiliser le trihoraire.
    L'ONE est proposé pour devenir une SA. Par la distribution, les produits pétroliers entrent aussi rapidement dans l'ère de la libéralisation. Ils se dégagent de 25 ans de réglementation sans que l'approvisionnement du pays n'ait été perturbé, ou que les prix aient "flambé". Mais les majors (Shell, Mobil et Total) revenus au gré de la privatisation, veulent de meilleures marges pour investir. L'Administration compréhensive reste prudente pour gérer cette phase dite de "transition". Elle se retire de son rôle de tutelle réglementant tout, et s'impliquant dans tout, vers un rôle nouveau qu'elle prépare, avec le "code de l'électricité" et peut-être une "grande commission de régulation".

    Elle ne garde ses velléités d'opérateur que sur l'électrification rurale, qui sera son grand chantier qui porte les espoirs des opérateurs. Les campagnes ont été les grandes exclues de la fée électricité et le PERG, une grande ambition, veut rétablir une injustice, notamment grâce aux énergies renouvelables, qui devraient représenter 30% du potentiel rural.
    Le gaz en revanche est déjà entré dans les murs de nos villages. La bonbonne de 3 kg a supplanté bien les vieux kanouns. Les GPL connaissent d'ailleurs la plus forte croissance des sources d'énergie avec 6 à 7% par an, tirés par la consommation domestique et l'évolution démographique. Mais le gaz prépare surtout sa grande revanche avec la mise en service du gazoduc Maghreb-Europe. Il promet d'entrer dans les foyers, directement dans les centrales, dans les usines; une bretelle pour alimenter Mohammadia et Kénitra est à l'étude.

    Khalid BELYAZID

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