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    Economie

    Energie solaire
    Le modèle économique prend forme

    Par L'Economiste | Edition N°:3387 Le 20/10/2010 | Partager

    . Social, environnement, intégration régionale et industrielle, les composantes. Les besoins en formation évalués par la tutelle. L’objectif est de mettre en place un plan national en 2011Depuis son lancement, le projet solaire marocain suscite des appétits. En témoignent les nombreuses soumissions à l’appel d’offres lancé par l’Agence de l’énergie solaire (Masen). La short-list pour la première phase du projet d’Ouarzazate comprend d’ailleurs 18 consortiums, dont 2 sociétés marocaines. Le projet suscite également des interrogations sur le modèle économique envisagé pour un secteur nouveau pour le Maroc, le choix technologique, l’implication des différents opérateurs, les retombées du projet sur les consommateurs… Autant de questions qui ont servi de fil conducteur d’une conférence-débat, organisée par le Club Entreprendre, lundi 18 octobre. Sur ce choix technologique, d’aucuns nourrissaient des inquiétudes étant donné que le Maroc n’avait pas d’antécédents en termes de projets structurants dans le domaine de l’énergie solaire. Mais Saïd Mouline, DG de l’Agence pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (Aderee) se veut rassurant. «Les grands projets réalisés en Californie nous offrent maintenant un retour d’expérience de 30 ans. Ils nous permettent de développer en toute sécurité des projets similaires au Maroc», explique-t-il. Ainsi, que ce soit pour le solaire ou l’éolien, selon l’expert, le Maroc offre à tous les investisseurs une visibilité pour les dix prochaines années. Une chose est déjà sûre: le Maroc va opter pour une technologie mixte, évolutive et innovante. Sur le plan conceptuel, la stratégie nationale en matière d’énergie solaire s’articule autour d’aspects sociaux, industriels, économiques et environnementaux. La création de l’agence Masen a pour objectif de positionner le Maroc en tant qu’acteur majeur dans les énergies renouvelables, essentiellement d’origine solaire, au cours des deux ou trois prochaines décennies. «Certes, l’objectif principal du plan solaire marocain consiste à produire de l’énergie solaire, mais le projet prévoit également une intégration industrielle», précise Mohamed Bernanou, chargé de mission auprès de Masen. La particularité de cette expérience sera de mettre à contribution tous les opérateurs concernés. «Nous voulons intégrer, dès le début, de manière modérée, les objectifs de localisation d’une partie des segments de la chaîne de valeurs de l’industrie du solaire», déclare Bernanou. Par exemple, les miroirs sont technologiquement très compliqués, mais le Maroc pourra développer et capitaliser sur ses compétences dans ce secteur. D’autres segments pourraient être également intégrés, tels que la structure des miroirs, des prestations de génie civil… Autre élément déterminant dans la réussite du plan solaire marocain, l’expertise. C’est la raison pour laquelle le ministère de l’Energie et des mines est en train de procéder à l’évaluation de l’ensemble des besoins en formation de toutes les filières concernées. L’étude, qui sera finalisée en 2011, débouchera sur la mise en place d’un plan national de formation dans les différentes filières des énergies renouvelables.

    Maroc précurseur
    Voulu ou simple coïncidence? Le budget alloué au plan solaire marocain a été fixé à 70 milliards de DH. Or, en 2008, le montant de la facture énergétique avait atteint 71 milliards de DH. Le Maroc est considéré comme précurseur en raison de la taille de ce projet et des fonds qui seront mobilisés. Ce qui va même redimensionner les projets similaires dans la région. Mais où trouver le financement nécessaire? Parmi les bailleurs de fonds, la Société d’investissements énergétiques (SIE), qui a vu le jour suite à l’octroi de deux donations des Emirats arabes unis et de l’Arabie saoudite. Le capital de la SIE est également alimenté à partir du Fonds Hassan II. L’objectif de la SIE est de lancer et de développer les activités liées aux énergies renouvelables. Concrètement, ce fonds développera des activités de subvention et d’investissement. Il est donc prévu que la SIE effectue des prises de participation dans le capital des futures sociétés dédiées à l’industrie solaire. «La SIE n’a pas vocation à être majoritaire ni à gérer les sociétés dans lesquelles elle prendra des participations. Une stratégie de sortie sera mise en place dès le départ», précise Ahmed Baroudi, directeur de la SIE. De plus, le retour sur investissement sera entièrement réinjecté de manière à être réutilisé pour financer de nouveaux projets. Les banques commerciales ont déjà manifesté leur intérêt pour le plan solaire. Leur contribution s’appuiera sur le risque technologique, la maturité de la technologique également ainsi que le coût. Mais d’autres facteurs pourraient également être pris en compte tels que l’impact en termes de création d’emplois ou encore la viabilité commerciale. Sur un tout autre chapitre, l’exportation constitue une composante de taille au niveau du plan solaire. D’ailleurs, plusieurs initiatives se mettent en place. Il s’agit de Desertec, Transgreen, le plan solaire méditerranéen…

    Développement régional

    L’intégration de ce mégaprojet doit être également appréhendée au niveau régional. Ainsi, l’implantation des projets de l’énergie solaire permettra le développement des régions concernées via la construction de routes, de stations de drainage et autres infrastructures de base. Une bonne nouvelle donc pour les régions, lesquelles, à part le vent et le soleil, sont souvent enclavées et ne sont jamais impactées par les différentes stratégies sectorielles. Et c’est là que réside «l’aspect démocratique des énergies renouvelables», comme le signale Mouline. De plus, une partie de la chaîne de valeurs de la production d’électricité ne pourra être réalisée que localement, comme la location. Les loyers à Aïn Mathar ont d’ailleurs augmenté de 40%.Une usine pour la fabrication d’infrastructures légères pourrait également être installée à Ouarzazate. D’ailleurs, «300 entreprises marocaines pourraient contribuer au projet solaire du fait de l’expertise acquise via le programme d’électrification rurale (Perg)», affirme-t-on du côté de la Fédération nationale de l’électricité et de l’électronique (Fénelec). Hassan EL ARIF

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