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Société

En ville, on préfère la parabole à la salle de bains

Par L'Economiste | Edition N°:2128 Le 12/10/2005 | Partager

. Près de la moitié des urbains a une parabole. A la campagne, 80% des familles n’ont pas l’eau courante. Montée fulgurante des W.C. à la campagneEN campagne vivent plus de 13 millions de Marocains. Tout le monde ou presque a une cuisine (82%), élément indissociable de la famille marocaine. Mais au-delà la vision minimaliste urbaine du monde rural, si une écrasante majorité des familles rurales n’ont pas de bain “moderne” (95%) , près de 3 familles sur dix disposent d’un bain local, ce petit hammam traditionnel chauffé au bois. Certes, les Marocains ruraux ont un mode de vie différent et fréquentent probablement le hammam commun plus qu’en ville… Mais, tout de même, les résultats restent tout aussi délicats qu’en ville (cf. article supra)Mais comment avoir un bain chez soi quand on n’a pas d’eau! En effet, huit familles sur dix vivent toujours dans des logements sans eau, contre plus de neuf sur dix, en 1994. Et parmi ces huit familles, quatre d’entre elles s’approvisionnent dans des puits (42%), deux utilisent des sources, et une exploite une fontaine publique. La situation générale reste donc grave. En revanche, c’est l’électricité qui a marqué un tournant cette décennie. Il y a dix ans, seul moins d’un foyer sur dix avait l’électricité chez lui. Aujourd’hui, presqu’un ménage sur deux a l’électricité chez lui, dans son logement. Les programmes d’électrification montrent leur efficacité. Une petite révolution chez les ruraux s’est également opérée sur cette décade: le nombre de ménages ayant des “waters-closet” a doublé. Qui dit W.C, dit connexion aux égouts. Les “bit al ma” (en marocain: “chambre de l’eau” qui veut dire toilettes; sorte de toilettes traditionnelles archaïques et pas toujours hygiéniques) changent sacrément d’aspect. De 30% des familles utilisant des toilettes modernes, on passe à 60% des foyers qui en ont. Cela augure d’un changement de pratiques...prémisses de l’urbanisation d’un espace rural? Standardisation des modes de vie? Changement dans les types de construction?A propos de standardisation, les ruraux sont beaucoup plus connectés au monde qui les entoure qu’auparavant. Plus d’une maison sur deux a une télévision (57,6%) mais seulement un foyer sur dix a une parabole (14%). Autrement dit, 2M et la RTM doivent sûrement avoir la cote dans ces coins du pays. L’éveil au monde est fait via ces deux chaînes nationales, celles-là même qui ne passent plus les campagnes de sensibilisation qui existaient, il y a une décennie, sur comment traiter son eau, comment allaiter son enfant…Mais, autre “surprise”, la moitié des ménages sont dotés de moyen de communication: 42,3% ont un téléphone portable, et 2,1% seulement ont un fixe. Dans le rural, le portable est arrivé en concurrent. Il a devancé le fixe avant même d’engager ladite bataille: le portable est apparu au Maroc au début des années 90. Comme une mauvaise farce, l’eau qui reste le plus grand problème des campagnes: que ce soit pour se laver, ou pour irriguer ses champs.Vraiment choquant: la campagne, où il n’y a pas beaucoup d’eau disponible, plus d’une famille sur quatre se fabrique sa salle de bains, en ville… on préfère la télé.


Quand les chiffres choquent…

Le Maroc n’est pas le premier pays à être choqué par ses propres chiffres sur la propreté. C’est arrivé en Europe dans les années soixante, c’est-à-dire à peu près au même niveau de développement.Le magazine féminin “Elle”, dirigée à l’époque par Françoise Giroud, avait créé un grand scandale en titrant: “Les Françaises sont sales”, suite à une enquête sur la consommation de savon. Le choc avait été tel que cet événement est resté dans les annales journalistiques, mais aussi pour l’hygiène: le choc a été tel que des mesures gouvernementales fortes ont été prises pour équiper les appartements et maisons. Difficiles à croire mais dans les années 50 et début 60, les HLM, construites par l’Etat n’avaient une salle de bains qu’à l’étage, pour plusieurs appartements…Il est donc des chocs bien salutaires.M.Kd

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