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    Economie

    En attendant la zone de libre-échange : La Maroc consolide ses acquis communautaires

    Par L'Economiste | Edition N°:204 Le 16/11/1995 | Partager

    Les accords d'association et de pêche sont enfin conclus. Ils ne constituent que la base d'une nouvelle forme de relation entre le Maroc et l'UE. D'ici l'an 2000, le paysage économique marocain doit changer pour s'adapter à la nouvelle donne.


    Un point final est mis à vingt mois de négociations plutôt laborieuses. Le Maroc et l'Union Européenne viennent d'achever les négociations sur l'accord d'association très tard dans la nuit de vendredi à samedi à Bruxelles. Conséquence: l'accord de pêche a pu être paraphé le lundi suivant. La jonction des deux dossiers "était nécessaire pour tenir compte des intérêts globaux du pays", affirme M. Mostapha Sahel, ministre des Pêches et de la Marine Marchande. Globalement, les autorités marocaines affichent ouvertement leur satisfaction, bien que les négociations aient été jusqu'à la dernière minute fragilisées par des ergoteries européens sur quelques tonnes de fleurs coupées, de tomates et de sardines(1). A moins de 15 jours de la Conférence euro-méditerranéene de Barcelone, la décision est importante. Cependant, l'enthousiasme doit rester mesuré, la tâche ne fait que commencer. Ces accords constituent la base d'une nouvelle forme de relation qui doit unir la zone méditerranéenne à l'Europe. Elle va irrémédiablement vers l'établissement progressif d'une zone de libre-échange. Les Marocains devront s'y préparer et ne compter que sur "eux-mêmes", selon M. Hassan Abouyoub, ministre de l'Agriculture. Sur le fonds de restructuration, il ajoute que "nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes".

    Avec ces accords, le Maroc dispose d'un ballon d'oxygène. A lui de profiter de cette période transitoire pour restructurer son agriculture et son industrie. Sur le volet agricole, M. Abouyoub rappelle que la rareté de l'eau doit inéluctablement pousser la réflexion vers une agriculture de priorité.
    Côté financier, l'UE s'engage pour une enveloppe de 9 milliards de DH en dons et prêts de la Banque Européenne d'Investissement. Une clause fixe un rendez-vous en l'an 2000.
    L'accord d'association doit démarrer en 1997. Non seulement il consolide les acquis, mais il est même plus avantageux, selon M. Abouyoub qui se targue de ses résultats.
    Pour ce qui concerne la pêche, le véritable tournant des négociations a eu lieu après l'audience accordée par Sa Majesté le Roi Hassan II à Mme Emma Bonino. "Cette rencontre a débloqué la situation et relancé le processus de négociations dans une vision globale de nos relations avec l'UE", explique M. Sahel.

    "L'allégement significatif de l'effort de pêche, combiné avec toute une série de mesures d'aménagement telles que le repos biologique, le zonage, le maillage et le contrôle, permettra une meilleure gestion de nos ressources, l'amélioration certaine du rendement des unités de pêche nationales et contribuera à accroître l'exportation de nos produits halieutiques", ajoute le ministre des Pêches.
    Sur le plan financier, l'accord de pêche apportera plus de 6 milliards de DH au Maroc sous forme de contributions et de redevances européennes durant ces 4 années. Côté emplois, il est prévu la création de 300 postes supplémentaires.
    Durant cette période, l'Europe comme le Maroc devront effectuer les efforts nécessaires à la restructuration et à la modernisation du secteur. "A l'issue de cet accord, nous mettons fin à une nature particulière des relations qui nous lient à l'Europe", souligne M. Sahel.
    Il va de soi que cet effort global a pour objectif d'accroître la "contribution du secteur les pêches à la sécurité alimentaire", d'offrir de nouvelles opportunités d'emplois et d'augmenter les exportations des produits de la mer, notamment la conserve de sardine qui aura un accès libre aux marchés européens à partir de 1999.

    Fatima MOSSADEQ

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