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    Economie

    En attendant des gestes de Rabat

    Par L'Economiste | Edition N°:327 Le 23/04/1998 | Partager

    De notre correspondante à Madrid, Pascale BOURGAUX

    La visite du Premier ministre espagnol suscite beaucoup d'intérêt,
    surtout dans les milieux d'affaire, qui attendent des gestes de Rabat.


    "Une visite historique". Tous les responsables politiques et économiques interrogés sont unanimes sur ce point: l'imminente visite du Premier ministre espagnol José Maria Aznar à Rabat va marquer un pas important dans les relations hispano-marocaines.
    Inscrite dans la normalité des sommets bilatéraux, cette huitième édition n'en est pas moins spéciale. Car de part et d'autre du Détroit de Gibraltar, on multiplie les gestes symboliques: les Espagnols ont eu en effet la primeur d'être la première délégation étrangère à être reçue par le nouveau Premier ministre M. Abderrahman Youssoufi, depuis sa récente nomination. La rencontre et le souper prévus dimanche 26 avril, seront suivis, lundi, par une visite au Palais Royal et un déjeuner avec S.M. le Roi Hassan II.

    A l'occasion de cette première visite en qualité de Premier ministre -la précédente, il était toujours chef de l'opposition-, José Maria Aznar a de son côté tenu à rendre hommage aux marques d'estime de ses voisins du Sud, en emmenant avec lui six ministres. Du jamais vu! Sauf changement de dernière minute, les titulaires de l'Economie, l'Extérieur, l'Industrie, la Justice, les Travaux Publics et l'Agriculture devraient donc se réunir avec leurs homologues marocains lundi. Le ministre des Affaires Extérieures, M. Abdellatif Filali, a par ailleurs demandé au Comité Averroès -une espèce de Conseil de "sages" formé d'intellectuels, diplomates et hommes d'affaires espagnols et marocains- de se réunir lundi en marge du Sommet. Ceux-ci ont été invités mardi 21, par Aznar en qualité de "spécialistes du Maroc" pour échanger leurs points de vue.

    "Ces éléments prouvent l'importance politique et écono-mique que revêt ce Sommet, tant dans l'esprit des Espagnols que des Marocains", explique Aldo Alcese, directeur de la société de consulting Fincorp, récemment invité à entrer dans le Comité Averroès. Pour ce représentant de plusieurs grandes compagnies espagnoles intéressées par le Maroc, le thème-clé de la rencontre est la privatisation: "Nous attendons notamment du gouvernement marocain qu'il précise quand et comment il compte octroyer les licences de téléphonie et GSM. Et quand il compte privatiser la Régie des Tabacs".
    José Miguel Zaldo, président du Comité hispano-marocain de l'organisation patronale espagnole CEOE et membre-fondateur du Club Averroès, est tout aussi optimiste quant à la bonne disposition des deux partenaires: "Il y a déjà un certain nombre de mécanismes tels que les investissements, la reconversion de la dette, les lignes de crédit, etc qui nourrissent les relations bilatérales, qui sont positives pour tous: pour le Maroc, l'Espagne et ses entreprises qui y trouvent leur compte! Dans ce cadre, les relations personnelles restent fondamentales. Et plus particulièrement à un moment où il faut approfondir ces liens...", précise M. Zaldo tout en lançant un appel aux autorités marocaines:
    "Car si aujourd'hui les relations hispano-marocaines ne sont pas plus intenses, c'est la faute de Rabat! Le gouvernement marocain doit une fois pour toutes marquer des priorités et suivre des directives claires. Ce ne sont pas les projets et les possibilités qui manquent et ce, dans tous les domaines, de la pêche, du tourisme, de l'industrie, des bâtiments... Pour ce qui est du Nord, par exemple, il y a de nombreuses propositions dans l'étude du Paidar-Med. Le gouvernement doit assumer certains choix et définir les politiques à suivre". Pour le spécialiste espagnol, le tourisme, tout particulièrement dans le Nord, constitue un excellent point de départ. "Actuellement c'est le serpent qui se mord la queue: il n'y a pas d'opérateurs qui investissent parce qu'il n'y a pas de touristes et il n'y a pas de touristes parce qu'il n'y a pas d'opérateurs...».

    Curieusement, l'événement n'a pas encore éveillé l'intérêt de la presse. Il faudra sans doute attendre lundi et les résultats concrets.
    Le dernier Sommet avait eu lieu à Madrid en 1996 et avait été monopolisé par les problèmes de la pêche. Cette fois, les représentants paraissent décidés à éviter l'écueil. Le programme de cette VIIIème édition est d'ailleurs particulièrement chargé. Outre les réunions susmentionnées, M. Aznar rendra visite aux présidents des Chambres... Une marque aussi du changement des temps: "l'Espagne souhaite appuyer le processus démocratique entrepris par le Maroc", insiste M. José Maria Robles, représentant du Parti Populaire à la Commission des Affaires Extérieures du Parlement. "De toute la région, c'est le pays le plus avancé dans cette transition et le plus stable".


    Les ambitions de Telefonica


    L'Espagnol Telefonica est parmi les premiers opérateurs à avoir affiché ses ambitions au gouvernement marocain: prendre part au processus de libéralisation en cours du secteur des télécoms et notamment participer au capital d'Itissalat Al-Maghrib (IAM). Il est aussi candidat à l'exploitation du deuxième réseau de téléphonie mobile. L'état-major de Telefonica a choisi le Maroc comme plate-forme stratégique pour pénétrer le reste du marché nord-africain et du Moyen-Orient. Concrètement, si Telefonica est retenue comme partenaire stratégique d'IAM, la société demeurera une entreprise à capital à majorité marocain. Dans son schéma, Telefonica s'accorde une part minoritaire de 25%, le reste devrait être détenu par des actionnaires maro-
    cains (Etat, institutionnels et petits épargnants).
    Le groupe espagnol Telefonica sera présent au
    Salon International de l'Informatique, des Télécommunications et de la Bureautique (Siteb) organisé par Itissalat Al-Magrhib du 23 au 26 avril prochains.

    Badra BERRISSOULE





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