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Politique

En amont de la cohésion sociale,la bonne gouvernance
Par Ilham Tahiri Joutei, Rachid Belkahia & Ahmed Rahhou

Par L'Economiste | Edition N°:1669 Le 24/12/2003 | Partager

DANS les instances du patronat que dans celles du gouvernement, le principe de faire de la bonne gouvernance un levier du développement de l'économie et de la prospérité de l'entreprise est acquis. Cependant, il reste à accélérer le rythme des réformes de dispositifs législatifs et réglementaires. Quatre grandes réformes majeures nous paraissent prioritaires. Le premier paquet concerne les mesures visant directement la performance de l'entreprise, notamment la clarification des responsabilités, la protection des intérêts minoritaires, la formation et le renouvellement des administrateurs, le soutien aux associations professionnelles. L'objectif est d'améliorer la performance des marchés de capitaux par la diffusion en temps opportun de l'information exacte sur tous les éléments pertinents de l'activité des entreprises -informations patrimoniale et actionnariale, financière, les risques encourus, la création de sociétés de rating ou la diffusion d'informations sectorielles-.Les actions visant l'efficacité des dispositifs de régulation complètent le tableau et incluent la mise à niveau des organismes de régulation, conseil de la concurrence en priorité, leur soumission à l'obligation de rendre compte, la mise en cohérence des sanctions et des degrés d'infraction nécessaires à leur crédibilité.En second lieu, l'axe pédagogique consistera à promouvoir l'éthique des affaires par la pratique. Par le comportement équitable de l'entreprise à l'égard de l'administration et vice versa. L'entreprise devrait assurer aussi le relais des principes de bonne gouvernance auprès de ses salariés, de ses clients, de ses fournisseurs et de la communauté de même que la suggestion de projets utiles et rentables pour la communauté. En troisième lieu, l'axe politique. Celui-ci privilégiera les valeurs de transparence, d'équité, de responsabilité et d'ouverture, indispensables pour restaurer la confiance et la coresponsabilité de tous les acteurs dans la bataille pour le développement. La dénonciation des faits de corruption, la discrimination positive à l'égard des entreprises qui se seraient distinguées par leur comportement éthique, les actions de communication concertées entre l'entreprise et le Fisc pour inclure dans la sphère de la bonne gouvernance l'ensemble de I'économie pourront y contribuer.Enfin, la coopération soutenue entre le patronat, les organismes de surveillance, le Fisc et en dernier ressort l'appareil judiciaire complètera l'arsenal indispensable au respect des normes comptables, sociales et environnementales.Le premier modèle d'entreprises marocaines est corrélé à leur histoire. Héritées du Protectorat, ces entreprises ont été “récupérées” par de grandes familles. L'objectif principal du propriétaire a alors consisté à sauvegarder et pérenniser le patrimoine acquis. Le contexte peu concurrentiel maintenu au service de cet objectif a renforcé les situations de monopole ou d'oligopole, génératrices des rentes. La rigueur de la gestion s'est diluée dans le contournement de l'impôt, perçu comme une simple contrainte. Dans ce contexte, les ressources humaines qui ont remplacé les cadres étrangers ont souvent été sélectionnées dans la famille du propriétaire, complétant un modèle basé sur la trilogie obéissance/condescendance/économie de rente.Favorisé par le renouvellement de génération des actionnaires, le second modèle est inscrit dans la mondialisation. La prospérité des entreprises dépend de leur capacité à entrer en compétition dans une économie globalisée. Pour préserver leurs chances, elles s'alignent sur la productivité et les standards internationaux. Dans l'incapacité de soutenir la concurrence sur les coûts asiatiques, elles font preuve de créativité et d'innovation. Contraintes à partager un marché encore étriqué, elles trouvent des moyens pour l'élargir. Ces entreprises, tributaires de la compétence et de l'initiative de leurs employés, imposent la trilogie compétence/responsabilité/création de valeur comme levier de mise à niveau.Mais la coexistence de ces modèles introduit des distorsions. A la confluence des intérêts de l'entreprise et de l'Etat, la bonne gouvernance réconcilie l'entrepreneur avec l'Etat et favorise la transition. Modèle d'inclusion associant tous les acteurs sociaux aux bénéfices de la richesse créée par l'entreprise, il ouvre des perspectives en mesure de renforcer leur cohésion et légitime un programme d'actions concertées en faveur du développement économique, humain, social et sociétal.La santé de l'entreprise alimente la santé de l'économie, de même que le développement de l'entreprise est corrélé au développement de l'économie. D'autre part, sur le plan social, la bonne gouvernance renforce les liens et les interactions entre les acteurs, gouvernement, pouvoirs publics, entreprises, salariés, syndicats, société civile, etc.En oeuvrant pour la convergence des intérêts de ses différentes composantes, elle oeuvre également dans le sens de la cohésion de la société, en général. Le gouvernement d'entreprise rationalise la décision et l'oriente dans le sens de l'intérêt convergent des “stakeholders” ou “parties prenantes”. En rupture avec un capitalisme familial ciblant souvent un intérêt à court terme de son actionnaire principal, critique par rapport à un capitalisme managérial assujetti à la toute-puissance des dirigeants, il conduit l'entreprise à créer de la valeur pour toutes ses parties prenantes, actionnaires, dirigeants, employés, clients, fournisseurs, communauté, autorités locales ou gouvernementales. Séparant le contrôle de la propriété, renforçant les mécanismes de contrôle interne et externe, il prône des principes fondamentaux au service de la valeur ajoutée: transparence, équité, obligation de rendre compte, responsabilité et ouverture.


Entreprise citoyenne vs entreprise opportuniste

DANS le nouvel équilibre des forces entre l'entreprise, le gouvernement et la communauté, le monde des affaires se positionne comme un acteur majeur du développement à travers sa contribution à la création de richesses et au dialogue entre les composantes de la société. Sur le plan économique, la transparence et la codification des informations économiques favorisent les arbitrages et orientent efficacement les ressources financières vers les secteurs les plus contributifs à la croissance. La facilité de recours à l'épargne ainsi canalisée participe à l'accroissement des sociétés faisant appel public à l'épargne. La démultiplication et la dispersion des acteurs contribuent à rétablir la liquidité et l'efficience du marché financier qui devient plus attractif pour les investisseurs étrangers. Les ressources mobilisables pour l'investissement public et privé en sont donc augmentées.Par ailleurs, la création de valeur pour le salarié contribue à la croissance du marché des biens et services et se répercute en aval sur le développement de l'entreprise. Tout comme le dialogue entreprise/gouvernement, en rapprochant les textes des pratiques, favorise la collecte des impôts et des charges sociales, et constitue un outil de lutte contre le secteur informel. Il réduit de facto la marge de concurrence déloyale entre l'entreprise citoyenne et l'”entreprise opportuniste”.

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