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Emploi et Carrière
Médecin du travail: Soldé et, en plus, méprisé!

Par L'Economiste | Edition N°:2889 Le 27/10/2008 | Partager

. La spécialité n’est pas considérée par les entreprises. 800 praticiens pour 5.000 entreprises cibles. Seulement 25% auraient recours à un médecin du travailIncompréhension et méfiance. C’est le quotidien des médecins du travail au Maroc. «La profession reste le parent pauvre de la santé en général et de l’entreprise en particulier», constate Chakib Laraqui, président de la Société nationale de médecine du travail et d’ergonomie.«La profession devrait être considérée comme un investissement, mais malheureusement dans l’entreprise, elle est réduite à une obligation légale», déplore-t-il. L’engagement d’un médecin du travail est souvent dicté par la crainte de la répression des organismes de contrôle, par la quête d’un prix ou d’une certification. «La réalité du terrain est différente de celle stipulée par les textes ou rapportée dans les discours, même pour les grandes entreprises certifiées», dénonce l’expert.L’entreprise marocaine n’a pas compris que le médecin du travail peut être une source de gain puisqu’il peut contribuer à l’amélioration des conditions du travail en diminuant le risque et ses conséquences.Les missions du médecin du travail sont très larges. Mais en pratique son intervention reste limitée. «Il évolue dans un contexte d’incompréhension du chef d’entreprise et de méfiance de la part des salariés», note le praticien. Il est considéré comme un contestataire qui voudrait changer l’ordre des choses.Le comité d’entreprise, ne s’occupant pas de la problématique de la santé au travail, n’a même pas un droit de regard sur le sujet. Ce qui fait que le médecin du travail reste dans une situation où règne la méfiance des salariés puisque c’est le chef d’entreprise qui l’engage. «Aussi bien les syndicats que l’administration ne se préoccupent que des conflits sociaux. La prise de conscience en la matière n’est qu’événementielle. On attend jusqu’à ce qu’un accident grave se produise pour dénoncer la situation», affirme le président.Le médecin du travail a un rôle préventif qui consiste à procéder sur les salariés aux examens médicaux, notamment celui d’aptitude lors du recrutement. Il doit en outre veiller à ce qu’aucune altération de la santé des salariés du fait de leur travail ne se produise. Pour ce faire, il a l’obligation de surveiller les conditions d’hygiène dans les lieux de travail, les risques de contagion et l’état de santé des employés. «Or, en pratique, on ne lui donne pas tous les moyens pour exercer correctement son métier. C’est un parapluie qu’on utilise uniquement lorsque l’on a besoin, se plaint Laraqui. La rémunération reste un moyen dissuasif pour les praticiens voulant s’aventurer dans la spécialité. «Il y a des médecins du travail qui signent des conventions à 1.000 ou 2.000 dirhams par mois dont la moitié est versée au fisc parce qu’ils sont déclarés à la source», raconte le président. Si un praticien travaille à plein-temps, il peut gagner jusqu’à 15.000 dirhams. Actuellement, il y a de moins en moins de médecins intéressés par la spécialité. «Ceux qui s’ y aventurent, le font parce qu’ils trouvent des difficultés à faire une autre spécialité», révèle Laraqui. Pire encore, un médecin du travail ne peut exercer d’autres spécialités. Ce fut la chance des générations anciennes. La disposition du code du travail qui instaure l’obligation d’avoir un médecin du travail en permanence pour les entreprises de plus de 50 salariés n’est pas respectée. «En plus elle est difficilement envisageable en pratique. Si on prend l’exemple d’une entreprise de 51 salariés qui travaille avec des équipes de 17 personnes, il faut un médecin pour chaque équipe donc 3 et un autre qui se repose pour prendre le relais», explique le professeur Laraqui.Les petites entreprises qui ont souvent un effectif inférieur à 50 salariés échappent au contrôle médical alors qu’elles représentent près de 90% des sociétés et emploient plus de 80% de la population active. «La loi ne s’applique qu’au secteur privé, et de ce fait la fonction publique en est malheureusement exclue», précise Laraqui.Actuellement, au Maroc, il existe près de 1.300 services médicaux du travail agréés par le ministère de l’Emploi pour 5.000 entreprises assujetties. Or seulement 25% engageraient un praticien. «Un grand nombre de ces professionnels n’ont pas eu une formation en médecine du travail. C’est le relationnel et le recommandé qui marche», affirme le professeur. Les salariés protégés par ces services sont près de 400.000 pour une population active de 11 millions. Une adéquation qui reste sans commentaire.


Formation

Médecin, hygiéniste, conseiller et juriste. C’est ce que l’on exige des médecins du travail. Ainsi leur formation est divisée en quatre grandes parties: la pathologie, la législation, l’ergonomie et la physiologie. Des cours de communication sont également dispensés. Cela leur permet d’être d’abord des médecins qui n’ont rien à envier à leurs confrères, d’assimiler les textes et obligations légale notamment en matière de droit de travail. La spécialité se fait sur trois à quatre ans après les sept à huit ans du doctorat en médecine. Soit en total, une douzaine d’années d’études après le baccalauréat.


Inapplicable, ce code de travail!
La CGEM avait participé à l’élaboration du code de travail comme du reste d’autres partenaires sociaux. Mais à peine le code entré en vigueur, le patronat a demandé l’amendement de plusieurs dispositions dont celle relative à la médecine du travail. Parmi ses propositions d’amendement on trouve celles relatives à la médecine du travail. Ainsi, pour les entreprises assujetties à l’obligation d’avoir un médecin du travail, la confédération propose d’augmenter le nombre à 200 salariés au lieu de 50 tout en prévoyant l’adhésion à un service médical interentreprises selon les besoins de l’entreprise. Elle propose également de supprimer l’obligation pour les entreprises de disposer d’un médecin du travail en permanence (durant toutes les heures du travail). Ceci dans la mesure où le rôle de ce praticien est préventif, et que cette tâche n’exige pas une présence permanente. La norme internationale prévoit dans ce sillage, une heure de présence par mois pour 10 salariés et 5 pour 50. Pour la relation de subordination issue du contrat de travail entre le chef d’entreprise et le praticien, facteur d’obstacle à l’accomplissement correct par le spécialiste de sa mission, la CGEM suggère de le remplacer (contrat) par une convention de «collaboration ou prestation de services». Sauf que cette convention peut être résiliée par le chef d’entreprise. Il aurait été judicieux de faire participer le comité d’entreprise pour la nomination ou la récusation du médecin du travail.Jalal BAAZI
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