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Emploi et Carrière
Association: Le virage de la professionnalisation

Par L'Economiste | Edition N°:3386 Le 19/10/2010 | Partager

. Du savoir-faire mais peu de diplômés. Les dons des entreprises se raréfientLa professionnalisation du travail associatif est aujourd’hui plus qu’une obligation mais une nécessité face au contexte actuel: la ressource se rarifie alors que les causes à défendre sont de plus en plus nombreuses. L’associatif occupe de plus en plus de place puisqu’il prend en charge des phénomènes de société, et fait prendre conscience la population de ses maux. Qui a commencé à pointer du doigt le phénomène de violence contre la femme, le mariage des petites filles, la violence contre les petites bonnes… Sans les ONG, ces maux n’auront jamais été mis en lumière. Mais ces associations, pour être crédibles et pour que leur action soit pérenne, doivent s’organiser comme une entreprise. Ce qui est n’est pas gagné. Elles ont également besoin d’un leader qui, par son image et son relationnel, va drainer les capitaux et les partenariats nécessaires à son action. Aïcha Ech-Channa pour les mères célibataires, le professeur et ancien ministre Abderrahim Harouchi, pour l’Association Afak, Rachid Lazrak pour les enfants malades du cancer et bien d’autres encore. Leila Chérif, pharmacienne de formation, a quitté l’industrie pharmaceutique, pour se consacrer pleinement à la cause caritative. Elle s’installe aux commandes de l’Heure Joyeuse en 2000. Créée en 1954, l’Heure Joyeuse est d’abord un grand centre dédié à l’enfant et la famille. L’action s’est ensuite enrichie par la mise en place de formations professionnelles ciblant les jeunes de moins de 25 ans. Depuis 1992, l’association décide la création d’une section consacrée au développement du monde rural, et d’une autre consacrée à l’intégration des enfants en situation précaire. Sa force: la qualité de l’accueil et l’écoute: «aucun jugement n’est porté sur les personnes qui frappent à notre porte», souligne Leila Chérif, la présidente. L’Heure Joyeuse compte aujourd’hui 47 salariés. «Nous avons beaucoup de savoir-faire mais peu de diplômés. La professionnalisation est un challenge. Mais pour être attractif, il faut bien rémunérer les gens», indique Chérif. La présidente parle d’une absence de référence dans le domaine. Seul un audit des grandes associations sur la gestion de leurs ressources humaines permettra de définir un cadre de référence. Les travailleurs sociaux ne sont pas encore reconnus. Les ONG se sont rendues compte que ces travailleurs venaient souvent du même quartier que les gens qu’ils sont censés aider. «Comment donner du réconfort à des personnes pour des problèmes que l’on vit soi-même», s’indigne Chérif. L’Heure Joyeuse a su s’entourer de leaders d’opinion pour faire passer son message. Jamel Debbouze par exemple et ses fonds provenant de la vente de chaussures de sport. Son image a apporté un rayonnement international à l’association. Mais les aides sont de plus en plus faibles. 70% des frais de l’association sont financés par des ONG et des partenaires internationaux (Fondation d’Auteuil, Nike, Fondation de France, Union Européenne…). Au Maroc, les partenaires (banques et grandes entreprises) soutiennent d’autres grandes causes sociales, donc il en reste moins pour nous. Il faut que ces dons aient un retour en terme d’image aux donateurs», explique Leila Chérif. Alors qu’avant il fallait une entreprise pour un projet, aujourd’hui il en faut 10 pour le même projet. L’association Agir, créée dans les années 80 par le Pr Benchemsi, chef de service d’hématologie, a été reprise par un groupe de personnes qui avait besoin d’un cadre de travail. Ils ont d’abord commencé par confier à une agence de com’ le soin de relancer l’association, en positivant la dénomination de l’association. C’est de là que vient le choix du nom Agir. Le choix est d’aider les malades à travers un service public. En soutenant le service d’hématologie et d’oncologie pédiatrique de l’hôpital du 20 août. C’est une façon de soutenir le malade. L’association a d’abord procédé à la réfection du service pour environ 6 millions de dirhams, ensuite à l’approvisionnements en médicaments en sollicitant d’autres associations nationales et étrangères en particulier, américaines. Enfin, une action a consisté en la création d’une unité de greffe de moelle osseuse. Cela a coûté 7 millions de DH. Ce sont 50 opérations d’autogreffe réalisées depuis le démarrage il y a 4 ans environ avec un début de tentatives d’allogreffes en faisant appel à des donneurs. Mais l’association qui continue à remplir sa mission cherche un second souffle. L’appel est lancé à chaque assemblée par son président, Rachid Lazrak. Pour ce qui est de la professionnalisation, le manque de moyens revient comme un leitmotiv. Par ailleurs, les personnes qui se sont présentées pour des fonctions au sein de l’association n’ont pas donné satisfaction. Et pour cause. Il faut beaucoup d’abnégation, selon le comité. Et quand on s’investit dans ce genre d’action, c’est qu’on a des raisons.


Partenaires terrain

Najat Limet a fondé Enfance Maghreb Avenir (EMA). L’association participe depuis 2006 à la scolarisation des jeunes défavorisés des quartiers de Casablanca et ce, en réaménageant les infrastructures et en proposant des activités extrascolaires aux écoliers. Quand on lui pose la question de sa motivation, elle répond: «simplement j’aime le Maroc». La cause d’Enfance Maghreb Avenir est juste, comment peut on imaginer une école sans sanitaires, et sans eau?, ajoute-t-elle. Actuellement trois établissements sont pris en charge par EMA (construction de sanitaires, de fosses septiques, de fontaines, peintures des classes, accompagnement et organisation des ateliers de lectures avec distribution des livres, aménagement de salles multimédia…). Elle est arrivée à mettre de son côté de grands groupes (Fondation Air Liquide, AstraZeneca….). «Avant toute intervention, je demande à mes partenaires de se déplacer sur les lieux», signale Limet. Ces derniers ne sont pas que des donateurs, ce sont des partenaires terrain. Mais le secteur privé ne s’investit pas assez dans l’associatif, contrairement à son homologue en Europe et surtout aux Etats-Unis. L’association a une antenne en France avec une vingtaine de bénévoles actifs. Au Maroc, elle n’a qu’un seul salarié. Mais pour se professionnaliser, il faut d’abord former les gens qui doivent croire à la cause et porter le message.J. K.

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