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Emploi et Carrière
«Nous sommes face à une bulle financière»
Entretien avec Essaïd Bellal, directeur général de Diorh

Par L'Economiste | Edition N°:2889 Le 27/10/2008 | Partager

. L’Egypte et la Jordanie sont beaucoup moins chères. Seule une élite bénéficie de ces conditionsPour Essaid Bellal, directeur général du cabinet Diorh, le Maroc connaît une inflation des salaires qui ressemble à une bulle financière. Notre compétitivité serait en danger, met en garde l’expert. Tant mieux pour ceux qui en profitent. - L’Economiste: Un salaire de 114.000 dirhams pour un jeune diplômé issu de l’université marocaine, n’est-ce pas un peu décalé de la réalité?- Essaid Bellal: Non. L’échantillon qui a fait l’objet de notre enquête ne représente pas l’ensemble des entreprises marocaines. Il représente surtout les meilleures entreprises opérant sur le marché. Pour cette classe, le recrutement respecte les règles de base, à savoir un salaire correct, un cadre qui répond aux attentes des collaborateurs, etc. C’est vrai que les lauréats des universités marocaines ne sont pas les plus recherchés par les entreprises, mais ceux qui arrivent à être recrutés, et qui sont forcément les meilleurs, obtiennent de meilleures rémunérations. - Estimez-vous que l’on assiste à une inflation de salaires?- Oui. L’euphorie que connaît l’économie nationale a fini par créer une tension sur le marché. On assiste à une activité très dense, beaucoup de grands projets ont été lancés, des entreprises se sont installées, et l’Etat, à son tour, investit dans les grands chantiers, etc. Cela, bien entendu, a fini par créer une pénurie de compétences. Les entreprises sont devenues très exigeantes en matière de compétences, et la forte demande entraîne une pression de salaires à la hausse pour les bons profils, car l’offre n’a pas suivi la demande. Notre système de formation ne prépare pas suffisamment de personnes qualifiées répondant aux besoins du marché. - Ne pensez-vous pas qu’il s’agisse d’une réponse logique à l’augmentation générale du niveau de vie?- Pas du tout. Cela ressemble à une bulle financière. Nous ne sommes pas un pays riche, et nous n’avons pas de matières premières. Les investissements étrangers sont notre seule chance pour nous développer. Que les cadres voient leurs salaires augmenter est une très bonne chose, mais atteindre les standards des pays développés, surtout pour les jeunes diplômés, risque de nuire à l’économie. Nous n’avons ni leurs infrastructures, ni leurs moyens. Nous risquons d’être taxés de «pays cher», et cela poussera les investisseurs à réfléchir à deux fois avant de venir s’implanter au Maroc. Il ne faut pas oublier que des pays comme l’Egypte ou la Turquie ont les mêmes avantages que nous, tout en restant des pays à bas coûts. Votre raisonnement peut tenir si seulement les augmentations de salaires concernaient tout le monde. Chez nous, elles touchent uniquement une élite qui est payée au-dessus de la moyenne, le reste continue de vivre dans la misère. - Et qu’en est-il d’autres catégories?- Aujourd’hui, le problème se pose à tous les niveaux. Les gens qui sont confrontés au problème le savent très bien, un maçon est deux fois, voire trois fois, plus cher qu’il y a 3 ans. Dès qu’il s’agit de gens qui maîtrisent leur métier à tous les niveaux, il y a pénurie. Et qui dit pénurie, dit automatiquement inflation. Un débat national doit être ouvert dans ce sens, le problème est déjà plus grave qu’on ne le croit. Le gouvernement et les entreprises sont dans l’obligation de trouver une solution, urgente à court terme, et réfléchie pour le long terme. Ça ne peut plus attendre. - Comment expliquez-vous l’écart qui se creuse de plus en plus entre le Smig et les autres salaires?- C’est partout pareil. Dans le monde entier, les écarts entre cadres et dirigeants et les smigards sont très élevés. Au Maroc, les écarts sont plus accentués parce que le Smig est beaucoup trop faible. Je suis pour une approche régionale pour fixer le salaire minimum. 2.000 dirhams ne représentent pas la même chose partout au Maroc. Ouarzazate n’est pas Casablanca et Khénifra ne ressemble pas à Rabat. Il faut trouver un moyen d’indexation avec le niveau de vie de la ville où on se trouve. Propos recueillis par Aziz El YAAKOUBI

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