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Emploi & Carrière
Vendeuse: le métier se professionnalise

Par L'Economiste | Edition N°:2601 Le 03/09/2007 | Partager

. Les grandes enseignes hissent les standards. Profil requis: études supérieures et maîtrise des langues . Conditions de travail pas toujours facilesSI, pendant longtemps, pour être vendeuse, il suffisait d’être présentable, aujourd’hui, le marché a tendance à devenir plus exigeant. Avec l’arrivée en force des grandes enseignes étrangères, être coquette et aimable ne suffit apparement plus. Il faut être d’un certain niveau d’instruction. Ainsi, les offres d’emploi affichées sur les vitrines, se rejoignent toutes pour exiger une «qualification» plus 2 ans d’expérience. La demande doit être accompagnée d’un CV détaillé. Mieux encore, certaines grandes enseignes exigent plus que le bac, et une maîtrise des langues. «J’ai un bac + 2, je parle couramment français et mon anglais est moyen. Ça m’a permis d’intégrer l’équipe», affirme une employée d’une grande enseigne de vêtements. Elle a eu droit à une formation de 15 jours comme pour toutes les nouvelles recrues. «Il faut connaître les produits et certaines techniques de vente», explique la vendeuse. Cette formation se renouvelle à chaque arrivage de nouveaux articles. La maîtrise des langues s’impose du fait que ces grands magasins sont majoritairement des enseignes européennes. En plus, les étrangers sont de plus en plus nombreux à solliciter ces marques qu’ils reconnaissent. Dans ces enseignes, les patrons sont généralement plus généreux, les salaires commencent à 3.000 DH et la carrière est évolutive. Il peuvent même atteindre 6.000 DH en moyenne pour les gérantes confirmées. Quant à la couverture sociale (CNSS), elle est généralement assurée vue la forme juridique de ces sociétés dont certaines se trouvent dans le cadre d’un groupe. «Je suis là depuis cinq mois, je ne me plains pas. C’est vrai le travail est difficile, mais les conditions sont meilleures qu’ailleurs», lance une autre vendeuse. Ce n’est pas la joie partout. Les conditions de travail ne sont pas les mêmes d’un commerce à l’autre. Pour Fatima, 32 ans, c’est par accident qu’elle est arrivée dans ce métier. «Avant, dit-elle, j’étais secrétaire (bac+2). Mais quand j’ai perdu mon travail, je suis restée au chômage pendant quatre mois, c’est beaucoup.» C’est en cherchant du boulot qu’elle est tombée sur une boutique qui affichait sur ses vitrines «Cherchons vendeuse». «Après une longue hésitation, j’y suis entrée. Cela fait deux ans aujourd’hui.» Un hasard qui se répète très souvent. Nadia 24 ans, raconte que c’est aussi par accident qu’elle est aujourd’hui dans le métier: «J’ai postulé partout, mais en vain, jusqu’au jour ou une amie m’a parlé d’un magasin qui cherchait une vendeuse. Cependant, je suis toujours à la recherche d’un travail stable et évolutif», confie-t-elle sans s’attarder sur sa formation. Insatisfaction et frustration peuvent ainsi constituer le quotidien de ces dames. D’autant plus lorsqu’on est titulaire d’un diplôme. Les raisons sont multiples. D’abord le salaire. Celui-ci varie selon la taille du magasin et son emplacement ainsi que sa rentabilité. Il commence à 1.200 DH et ne dépasse guère les 2.000 DH pour les plus chanceuses. «C’est normal, contrairement aux grands magasins, nos ventes ne cartonnent pas. A cela, s’ajoutent l’emplacement et la clientèle. Pour cette dernière, elle nous achète à crédit et ne paie qu’après plusieurs tentatives de recouvrement», se défend une propriétaire. Quant à l’affiliation à la CNSS, il ne faut pas rêver. Fatima qui rappelle ironiquement qu’elle a deux ans de «carrière», se rappelle très bien les consignes de sa patronne: «S’il y a une inspection, tu dis que tu es une proche qui vient aider.» «Quand je tombe malade, je me soigne à mes frais, ni remboursement ni rien! Avec 500DH par semaine, je dois également aider ma famille et payer mon transport.» Des horaires de travail, n’en parlons pas! La journée commence généralement à 9 heures du matin et se termine à 20h30 (avec une pause entre 13 et 15 heures). «Lorsqu’on part, il est déjà 21 heures, donc plus de bus, il ne reste plus que le taxi. De quoi faire un grand trou dans ma petite bourse», se plaint Nadia dans l’attente de jours meilleurs.


Autres contraintes

LES heures supplémentaires ne sont pas comptabilisées. Et lors de l’arrivage de nouvelles collections qu’il faut trier et exposer, la mobilisation dure jusqu’à une heure tardive. «Il m’est arrivé de travailler jusqu’à 2 heures du matin. Et comme gratification, j’ai eu droit à un dîner «fait maison» offert par ma patronne. Et elle a eu la gentillesse de me déposer chez moi», raconte Fatima. «Pour une fille, rentrer très tard le soir, c’est mal vu. Même pire lorsqu’on est vendeuse.» «Les gens ne nous accordent aucun respect. Une fois, un «Khaliji» (ressortissant des pays du Golfe) m’a demandé de lui choisir la meilleure lingerie. En réglant sa facture, il m’a annoncé que c’était pour moi! Et puis, il m’a invité à le rejoindre au café en bas. Le comble», raconte une vendeuse au Twin Center de Casablanca. «Le coin est infesté par ce genre d’individus», souffle–t-elle à l’arrivée d’une cliente.Jalal BAAZI

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