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Emploi & Carrière
Super épreuves pour super «instit’»

Par L'Economiste | Edition N°:2601 Le 03/09/2007 | Partager

. Un nouveau système de formation mis en place. Pas moins d’un bac+2 pour devenir instituteur. 34.000 candidats pour 1.500 postes disponibles«IL a failli être un prophète». C’est ainsi que la poésie arabe qualifiait l’instituteur. Une perception on ne peut plus sacralisante. Elle l’était aussi dans l’imaginaire des citoyens. Après l’indépendance, face à l’importance des besoins et au déficit non moins important en ressources humaines qualifiées, les instituteurs étaient recrutés à tour de bras. A l’époque, il suffisait d’avoir le niveau du CM2 (cinquième année du primaire) ou le brevet (quatrième année du collège) pour enseigner.Aujourd’hui, les besoins et le déficit sont toujours aussi énormes. Mais, le défi, lui, est gigantesque.Dans ce contexte, la formation des instituteurs est donc amenée à évoluer. Les nouveautés ne manquent pas. D’abord, pour prétendre devenir instit’, le baccalauréat ne suffit plus. La dernière promotion ayant été recrutée à partir de ce niveau sort cette année de l’école. Cela au bout d’une année de cohabitation entre ancien et nouveau systèmes. Les candidats doivent désormais avoir le Certificat d’études universitaires générales (ex-Deug) ou équivalent. Et ce n’est que la première barrière à l’entrée. Le candidat doit aussi réussir une présélection sur dossier, une épreuve écrite et un filtrage oral. Quant à la durée de formation, elle a été réduite à un an au lieu de deux ans auparavant.Une commission nationale est constituée au niveau du ministère de tutelle pour la gestion des concours d’entrée. «Elle est composée d’un président et d’au moins trois autres membres», indique la circulaire du ministère de l’Education nationale. Dans le détail, le travail de la commission nationale consiste à arrêter la liste des candidats présélectionnés pour passer les épreuves écrites, et en concevoir les sujets. Elle arrête aussi la liste des admis pour passer l’oral et choisit les membres du jury.Le ministère traite chaque année quelque 34.000 dossiers en moyenne. Cette année, il y a 1.500 postes à pourvoir. La concurrence s’annonce donc rude.Les étudiants qui auront survécu à la présélection passeront trois épreuves écrites de deux heures chacune: mathématiques, arabe et français. Les dates fixées à cet effet sont les 20 et 21 septembre. Le ministère compte retenir 6.000 dossiers en présélection, soit quatre fois l’effectif final désiré. La note des épreuves écrites compte pour 60% dans la moyenne générale, tandis que l’épreuve orale pèse pour 40%. L’oral, on le passe quand on a eu au moins 40% de la note de référence (soit 24 sur 60). Pour pouvoir décrocher l’un des 1.500 postes budgétaires planifiés pour cette rentrée scolaire, «il faut à tout prix éviter la note éliminatoire de 0 (zéro)», indique un responsable au ministère.Les 1.500 enseignants-élèves seront répartis sur les 34 centres de formation que compte le Maroc.Une fois retenu, l’«heureux» élu, dont l’âge ne doit pas dépasser 24 ans au premier septembre, s’engage par écrit à accepter son lieu d’affectation. Les besoins étant généralement situés dans des zones reculées, l’Etat veut en quelque sorte s’assurer que les recrutements iront combler ce déficit. Du côté des instituteurs, avoir à travailler dans des conditions aussi difficiles que l’absence d’éclairage, d’hôpitaux et de lieux de divertissements relève de la punition. Pis, ces derniers doivent s’engager à travailler 8 ans, année de formation non comprise, pour le compte de l’Etat.Pas facile, le métier d’instituteur.


Instituteur à vie

Quand on est instit’, est-ce qu’on l’est à vie? Peut-on faire autre chose? En réalité, les perspectives d’évolution de carrière sont limitées. L’institeur peut ambitionner d’enseigner au lycée. Il devra, pour ce faire, poursuivre ses études jusqu’à obtention de la licence. L’affectation au lycée n’est, cependant, pas automatique. Aussi, la carrière de l’enseignant reste gérée par le statut des instituteurs en termes d’échelle et de promotion. Il a en revanche moins d’heures de travail: 24 contre 31 heures auparavant. Quand il a un doctorat, l’instituteur peut viser le statut de professeur d’université. Il pourra aussi, s’il préfère l’ancienneté au diplôme, prendre la tête d’un établissement scolaire. Il devra alors faire preuve de beaucoup de patience: un minimum de 20 ans d’ancienneté est requis.


Concours:Comment filtrer les candidats

. Epreuves écrite et orale pour détecter les bons élémentsPour l’élaboration des examens d’accès aux établissements de la formation des instituteurs, les directives du ministère de l’Education nationale sont claires: les candidats doivent être à même de réfléchir librement et de transmettre clairement et correctement, à l’écrit comme à l’oral, la teneur de leur pensée. Théoriquement, ce sont ces facultés-là que l’on va chercher à mesurer chez les candidats à travers le concours.L’épreuve écrite vise à vérifier la maîtrise de quatre aptitudes jugées fondamentales. D’abord, le candidat doit être capable de comprendre le texte, d’en dégager les informations pertinentes, de déduire et de reformuler le sens global du texte et de définir les intentions de l’auteur ainsi que ses stratégies de communication. Ensuite, il doit être en mesure de réagir aux différents aspects du texte présenté (informationnel, idéologique/culturel, esthétique...). Il est demandé au candidat de s’afficher et d’assumer ce qu’il pense. Ainsi, doit-il faire appel à ses centres d’intérêt, ses connaissances, ses lectures et ses expériences pour aborder l’épreuve écrite. Le talent rédactionnel vient enfin couronner le tout. Les candidats sont en effet aussi jugés sur leur faculté à exprimer clairement leurs idées, à les regrouper adéquatement et à les organiser en paragraphes. L’usage de phrases variées, bien structurées, ponctuées et reliées entre elles est hautement apprécié. Le respect de la grammaire et des règles d’orthographe est évidemment obligatoire. Lorsque la copie est rédigée dans un style au vocabulaire varié, juste et précis, dans une écriture lisible et soignée, elle a tout pour séduire.Après l’écrit, le futur instituteur passe à l’oral où il est appelé à participer activement aux échanges d’idées et aux discussions portant sur les différentes facettes du sujet de l’entretien. Là aussi il est vivement invité à s’affirmer. Surtout ne pas se taire. Les habiletés, dont le jury cherche à mesurer la consistance, sont la compréhension du message de l’interlocuteur, l’expression orale claire et ordonnée, la prononciation correcte et audible. Il faut également que le candidat soit en mesure de reformuler, d’expliquer ou de préciser ses idées quitte à ajuster ses propos, son registre de langue, ou tout simplement le volume de sa voix, débit et rythme. Il doit adopter une attitude de patience, d’écoute et d’ouverture à l’égard des membres du jury.Aussi est-il tenu d’utiliser des stratégies de communication verbales et non verbales ( attitude corporelle, regard, gestuelle, mimique, ton, intonation, techniques conversationnelles…) efficaces.L’accent est donc nettement mis sur l’aptitude du candidat à s’imposer en salle de cours, à capter l’attention de ses élèves et à leur transmettre clairement son message.Le schéma théorique a l’air séduisant, reste à espérer que la tentation de corruption ne le vide pas de son essence.Nabil TAOUFIK

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