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Sapeurs-pompiers: Débordés et sans moyens

Par L'Economiste | Edition N°:1935 Le 10/01/2005 | Partager

. Au Maroc, 1 agent pour 7.000 habitants. Une intervention toutes les deux minutesSix cent soixante. C’est le nombre moyen d’interventions réalisées chaque jour par les agents de la Protection civile connus sous le nom de sapeurs-pompiers par le côté spectaculaire de leur action, la lutte contre les incendies. En réalité, les agents de la Protection civile font de la sécurité et beaucoup de prévention. Entre les opérations de sauvetage (540), les opérations diverses (86) et les incendies (34), ils interviennent toutes les 2 minutes. Dans une ville comme Casablanca, ce sont 102 interventions qui sont effectuées quotidiennement et un départ d’ambulance toutes les 12 minutes. Jolie performance! serait-on tenté de dire. Mais rapporté au nombre de sinistres en recrudescence dans un pays où l’urbanisme et le développement industriel sont en pleine expansion, et celui des victimes, ce ratio est plutôt faible. Une comparaison avec ce qui se fait sous d’autres cieux suffit pour s’en convaincre. Ainsi, en France, par exemple, les pompiers interviennent toutes les 8 secondes. Avec moins de 5.000 agents (4.194 en 2003 auxquels il faut ajouter près de 400 intégrés lors des deux dernières promotions), le Maroc n’en est qu’à un agent pour 7.000 habitants. La norme internationale, elle, est de 1 agent pour 700 habitants. En France, c’est un agent pour 600 habitants. Les Américains font encore mieux, avec 1 agent pour 200 habitants! Malgré sa mission, la Protection civile est le parent pauvre dans les priorités publiques. Côté moyens matériels, avec 1 engin de secours pour 34.000 habitants (ou 1.100 km), le tableau n’est pas plus reluisant. Sans parler des conditions dans lesquelles exercent les agents. La faible couverture des villes leur impose souvent de traverser la ville, du nord au sud, pour répondre à un appel. «Des minutes précieuses sont ainsi perdues notamment quand cela coïncide avec des moments de trafic dense», déplore le commandant régional de Casablanca, Abderrahim Kabbaj. C’est aussi le cas, ajoute-t-il, quand il s’agit de trouver une bouche d’incendie opérationnelle en cas de départ de feu sur un site. «Faute d’entretien -qui est du ressort des communes- nous sommes obligés de parcourir plusieurs ruelles avant de trouver une bonne bouche d’incendie», explique le commandant. Quête qui est souvent source de remarques désobligeantes. Peu de gens comprennent que la citerne a une autonomie limitée en eau (sa capacité est de 3 à 11 tonnes, soit environ 15 minutes d’autonomie). Tout cela n’entame pas le zèle de ces professionnels du risque qui ont décidé une fois pour toutes de sacrifier leur vie pour sauver celle d’autrui. En témoigne l’évolution positive constatée depuis quelques années tant en termes de vies sauvées que de risques prévenus. La recette des agents de la Protection civile tient en un seul mot, explique le commandant régional de Casablanca: le dévouement. Un dévouement sans faille à un métier auquel ils sont tous venus par passion. «C’est un choix, une vocation et une philosophie de vie», indique Abderrahim Kabbaj. Selon lui, «les agents de la Protection civile sont prêts à s’investir jour et nuit, pour porter secours aux autres. Dans cette activité dévorante de temps, où la mobilisation 24 h/24 est de rigueur, les techniciens du risque ont tôt fait de comprendre que le travail passe avant tout. Famille, enfants et tout aspect de vie personnelle viennent après. «Cela nous arrive souvent, explique Kabbaj, de laisser famille et enfants parfois gravement malades pour répondre à un appel d’urgence». Le rythme de travail dans la Protection civile intègre d’ailleurs cette dimension puisque l’horaire adopté est de travailler 24 heures d’affilé pour se reposer ensuite 24 heures. Depuis cinq ans, les femmes ont fait leur entrée dans le corps de la Protection civile. Elles sont aujourd’hui 74 (9 officiers, 30 sous-officiers, 21 caporaux, 33 assistantes sociales et un médecin) à partager la «passion de l’urgence». Elles ont désormais leur place dans les différentes activités et actions opérationnelles. Elles suivent des stages paramilitaires dans les mêmes conditions que leurs homologues masculins. Mais, pour l’heure, elles sont prioritairement orientées vers des missions administratives et l’assistanat social.


8 usines sur 10 à Casablanca sans issues de secours

Et si les Casablancais étaient assis sur une bombe à retardement? Le diagnostic réalisé par la Protection civile dans une étude effectuée en 2002 sur le risque industriel fait froid au dos: la moitié des unités industrielles sont sans dispositifs de protection. Un quart des institutions recevant du public ne sont pas équipées en extincteurs. Bonjour les dégâts en cas d’incendie! Et même dans les entreprises qui en sont équipées, l’extincteur ne fait pas l’objet d’entretien. En plus, il fait de la figuration car non opérationnel en cas d’incendie. L’étude montre en outre que la quasi-totalité des usines (90%) ne disposent pas de plan opérationnel interne et sont sans issues de secours (84%). 40% d’entre elles n’ont pas de bouches d’incendie. Et que près de 4/5 (78%) des usines à Casablanca ne disposent ni de services de sécurité interne ni de médecine du travail (75). Khadija EL HASSANI

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