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Regard sur un métierDu médecin généraliste, il ne reste que la blouse

Par L'Economiste | Edition N°:2106 Le 12/09/2005 | Partager

. Selon une enquête menée à Casablanca, un praticien gagne entre 4.000 et 5.000 dirhamsLe vent a tourné pour les médecins généralistes. Après avoir été le pivot du système de santé, ils ont perdu de leur aura. L’apparition de la médecine spécialisée a réduit leur champ d’action. Si le métier de toubib reste toujours valorisant dans la société, il est aujourd’hui en perte de vitesse. En plus, les conditions matérielles se sont considérablement dépréciées. Le public préfère s’orienter directement vers un spécialiste. Le généraliste étant celui à qui l’on confie les petits bobos uniquement. C’est en quelque sorte un acteur de soins de seconde catégorie… une sorte de médecin «inachevé». Face à cette marginalisation, certains praticiens se sont lancés dans des formations diplomantes mais sans réussir pour autant à renverser la tendance. La Faculté de médecine organise des formations postdoctorales dans des domaines pointus. Mais ce titre ne confère aucune spécialité. Ce qu’il faut c’est une «meilleure organisation de cette spécialité», estime Abdelouahed Ambari, président du Conseil régional de l’Ordre des médecins de Casablanca du Centre. En Europe, la plupart des pays ont fait de la médecine générale une spécialité à part entière. «La crise que connaît la profession est à l’origine du développement de pratiques peu orthodoxes», soutient Mohamed Naciri Bennani, président du Syndicat national des médecins du secteur libéral. Certains généralistes se transforment en «commissionnaires» pour le compte des spécialistes. Moyennant une commission de 15 à 25% sur les tarifs, ils dirigent des patients vers certains spécialistes ou vers des laboratoires d’analyses médicales. D’autres arrondissent leur fin de mois en proposant des actes relevant de la médecine traditionnelle ou «parallèle». C’est le cas du traitement par «ventouses» ou des soins par «les piqûres d’abeilles». «C’est du charlatanisme», accuse Bennani. Les professionnels sont également gênés par l’exercice «illégal» de la médecine. C’est le cas de l’automédication ou encore des «cabinets de guérisseurs herboristes». «Certains délivrent des préparations conçues dans leurs cabinets. Les risques sont énormes et nous essayons de rattraper les erreurs», soutient Mohammed Abbour, secrétaire général du Syndicat national des médecins du secteur libéral. Le cas des polycliniques de la CNSS est cité à plusieurs reprises. «Elles bénéficient d’une subvention et ne paient pas d’impôts». En revanche, les médecins du secteur libéral ne bénéficient d’aucun traitement de faveur. L’âge d’or des généralistes est révolu. Des dizaines de cabinets ont mis la clé sous le paillasson ces dernières années dans les grandes villes, la demande solvable étant limitée. Une enquête menée à Casablanca montre qu’un médecin généraliste gagne entre 4.000 et 5.000 dirhams par mois. Et «l’exercice illégal» de la médecine causerait un manque à gagner de 25.000 à 30.000 dirhams de chiffre d’affaires aux cabinets, poursuit Abbour. La profession a été l’un des tout premiers bénéficiaires de la fameuse formule du crédit jeunes promoteurs dans les années 90. Beaucoup de ces jeunes médecins se sont avérés de très mauvais gestionnaires. Nombre d’entre eux sont aujourd’hui «menacés de prison» pour insolvabilité. Face au marasme que connaît la profession, on assiste de plus en plus à l’émigration des médecins généralistes. «Entre 2004 et 2005, plus d’un millier de médecins ont quitté le Maroc pour le Canada». Les médecins découvrent également le chômage malgré une inégale répartition de la population médicale dans le pays. Près de 1.200 médecins sont sans emploi. Ambari parle de «désaffection dangereuse de cette spécialité: un tiers des effectifs contre deux tiers auparavant». En fait, la profession tablait sur la couverture médicale généralisée pour reconquérir «sa place». Mais en optant pour la prise en charge des grandes pathologies, les médecins généralistes ont été mis hors-jeu. Ils mettent d’ailleurs en garde contre le risque de dérapage financier de l’assurance-maladie obligatoire. «Les pays européens encouragent la médecine préventive et ambulatoire pour une meilleure politique de l’économie de la santé».


Neuf ans d’études

Il faut sept ans d’études pour devenir médecin généraliste. Mais la moyenne enregistrée est de 9 ans avant d’obtenir le doctorat de médecine. Pour pouvoir suivre des études en médecine, il faut être titulaire d’un baccalauréat en sciences expérimentales ou en sciences mathématiques. Il faut aussi compter une bonne moyenne générale au baccalauréat. La sélection étant serrée. Par ailleurs, pour exercer, un médecin doit remplir un certain nombre de conditions: être inscrit au conseil de l’Ordre des médecins, être de nationalité marocaine et ne pas avoir d’antécédents judiciaires. Erratum:Médecin généraliste: Une malheureuse associationL’illustration de notre article sur les médecins généralistes pouvait malencontreusement associer les personnes figurant sur la photo à certaines pratiques peu déontologiques rapportées dans la légende. Le commentaire n’a absolument rien à voir avec Amal Rakkaa et Nadia Sabir, les deux médecins que l’on pouvait distinguer sur la photo. Ces jeunes femmes sont de brillantes spécialistes qui exercent avec abnégation leur métier dans le service public. Toutes nos excuses aux intéressées et à tous nos lecteurs.Khadija MASMOUDI

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