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    Recructement des cadres
    Le mythe du diplôme commence à se briser

    Par L'Economiste | Edition N°:2295 Le 12/06/2006 | Partager

    Dans cet entretien, Hubert L’Hoste, directeur général de Mercuri Urval France annonce à L’Economiste la création d’un centre de dirigeants à la rentrée en partenariat avec Idoine. Sur le marché, le diplôme, notamment de grandes écoles, reste certes un argument de vente, mais les entreprises exigent désormais du candidat des qualités bien au-delà de l’expertise technique.

    Création d’un centre de dirigeants à Casablanca

    . L’Economiste: En quoi consiste votre partenariat avec Idoine?- Hubert L’Hoste: Suite à des évolutions très récentes datant des années 2000, on rentre dans une période de pénurie des cadres. D’ailleurs, 2006 est la première année de baisse du nombre de la population active en Europe et en France, résultat du vieillissement. S’il y a un déficit des cadres, il faut les trouver ailleurs, en Asie et au Maghreb. Par sa proximité géographique et culturelle, le Maghreb est une région privilégiée. La demande sera axée sur les statisticiens, informaticiens et chercheurs. D’où l’importance de trouver un partenaire local qui nous ressemble et qui partage des valeurs d’éthique sur ce qu’il y a à mettre en place en tant que conseiller de recrutement. Notre collaboration est appelée à se développer et à gagner en intensité. Nous envisageons de créer au Maroc un centre de développement de dirigeants au mois de septembre. C’est une activité particulière qui peut donner lieu à la création d’une structure spéciale.. Le diplôme est-il toujours déterminant dans le recrutement?- En Europe, principalement en France, on a le mythe des grandes écoles: l’élitisme. On accorde une attention particulière, voire excessive, au diplôme. Mais la situation évolue. Si le diplôme reste un atout sur le marché, les compétences-métiers et génériques, celles qui permettent de changer de poste et de s’adapter à des situations professionnelles, commencent à prendre le dessus. Mais le vieillissement de la population va changer la donne. Nous allons assister à une chute vertigineuse des nombres de cadres d’ici 2020. Il n’y en aura pas assez pour tout le monde et il faudra attendre 20 ans pour inverser la tendance. D’où l’importance de se tourner vers le Maghreb et l’Asie, notamment la Chine.. Comment se décline la relation entre le cabinet-conseil et l’entreprise?- Dans ce secteur, nous avons deux grands marchés. Le premier appelé «facilities» concerne uniquement l’accompagnement dans le recrutement. L’entreprise paie un cabinet pour rechercher des CV. C’est un marché en croissance où on attend un produit à moindre coût. Le second est le conseil en recrutement. Pour ce marché, la relation va bien au-delà de la simple «fourniture de services». L’entreprise attend que le cabinet l’aide à définir ses besoins et les profils recherchés, l’accompagner dans l’intégration des candidats et anticiper ses besoins. . En cas d’erreur de casting, à qui incombe la responsabilité?- Chacun rejette l’erreur sur l’autre. En France, on recrute sur le diplôme et on licencie sur le comportement. Lors d’un recrutement, on doit prendre en compte les potentialités et qualités humaines. Une erreur de casting, suite à des besoins mal définis, peut coûter à l’entreprise 5 fois le salaire du cadre. Un de nos savoir-faire est d’amener le chef d’entreprise à prendre un peu de recul pour exprimer les choses qui ont abouti à cet échec.. Quelle est la tendance du marché des cadres en France?- Nous assistons à une reprise des recrutements des cadres. En France, un ingénieur chimiste mettait deux ans à trouver un job. Actuellement, cette crise commence à s’estomper. Les dernières statistiques relèvent une hausse de 25% par rapport à 2005, encouragée par la reprise économique. Toute cette activité ne passe pas par le cabinet. Le recrutement de 40% des cadres se fait par le réseau, 30% par les cabinets. Le reste, c’est l’entreprise qui s’en charge directement.


    L’âge, le sexe dans une annonce, 3 ans de prison et 150.000 euros d’amende

    En France, la discrimination par l’âge, le sexe ou l’origine ethnique est punie par la loi. Les consultants des cabinets encourent 3 ans de prison et une amende de 150.000 euros s’ils sont condamnés. Au Maroc, les offres d’emploi regorgent de facteurs discriminatoires sans que cela n’émeut le moins du monde. En plus de l’âge et du sexe, certains organismes vont jusqu’à préciser l’origine du diplôme. Le CDVM a fait fort il y a 15 jours dans une annonce de recrutement: il rejette d’office tous les candidats ayant des diplômes délocalisés.Le législateur français a instauré cette loi suite à une pression d’une grande partie des personnes lésées, notamment celles âgées de plus 35 ans, les Français d’origine culturelle étrangère et les femmes. La haute autorité contre la discrimination tient dans le collimateur les cabinets de recrutement. Il suffit d’une seule réclamation et le cabinet concerné est obligé d’apporter la preuve qu’il n’a pas fait de discrimination passive. Pour se conformer à la loi, le Syntec Recrutement organise, à Paris le 22 juin, un colloque où les cabinets vont s’engager à ne plus faire de la discrimination. Le syndicat organisera également des formations pour tous les consultants des cabinets et même les entreprises pour éviter les stéréotypes. Propos recueillis par Nadia DREF et Abashi SHAMAMBA

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