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Qui en veut à l’école d’architecture de Casablanca ?

Par L'Economiste | Edition N°:2794 Le 09/06/2008 | Partager

. L’Ordre des architectes revient à la charge. En jeu: la reconnaissance des diplômesL’Ecole d’architecture de Casablanca (EAC) continue de faire parler d’elle. Les parents d’élèves redoutent la non-reconnaissance du diplôme qui sera délivré par l’établissement (dans 2 ans). Un communiqué de l’Ordre national des architectes vient de jeter un dernier pavé dans la mare dans lequel il est clairement annoncé que «la seule école (au Maroc) qui a le pouvoir de délivrer un enseignement de l’architecture et un diplôme d’architecture qui permet l’inscription au tableau de l’Ordre et l’exercice du métier d’architecte est l’école nationale d’architecture de Rabat (ENA)». L’école a été pourtant créée suite à une initiative de l’ex-Premier ministre Driss Jettou et le ministre de l’Habitat Taoufiq Hejira. Un appel à manifestation d’intérêt a été lancé en 2004 pour la création d’une première école privée d’architecture au Maroc et selon un cahier des charges défini. Le département ministériel a fourni les bâtiments et les adjudicataires se sont engagés pour l’administration de l’école. Immédiatement après l’adjudication du marché, l’Ordre a publié un communiqué virulent dans lequel il marquait son opposition à une «privatisation» de l’enseignement de l’architecture, tout en signalant sa réserve sur la reconnaissance des diplômes. Le danger, souligne-t-on auprès de l’Ordre, est que ce genre d’écoles privilégient la rentabilité au détriment de la qualité de la formation et les conséquences seront très graves. Il rappelle aussi le drame de l’effondrement de l’immeuble de Kénitra, où une douzaine de personnes ont été ensevelies. Cette offensive cache-t-elle des motivations inavouées, des rivalités professionnelles ou personnelles?Les parents d’élèves se sont retrouvés, alors, dans une situation délicate. Des sommes considérables ont été investies dans la formation de leurs enfants, et rien de sûr à l’horizon. «Nous sommes partis sur la base de la publicité qui a été faite pour cette école, nous payons 80.000 dirhams pour chaque étudiant et par an, mais nous ne sommes toujours pas sûrs si ça vaut la peine», s’insurge Othmane Mernissi, président de l’Association des parents d’élèves. L’Ordre des architectes pointe du doigt le statut de l’école. «Dès le départ, nous avons constaté plusieurs problèmes, l’école a été annoncée comme une société d’architectes et lors de sa création, le statut de la SARL a été adopté», annonce un membre du Conseil national des architectes. Selon lui, le problème que suscite le statut de l’école est que les parts des associés peuvent être cédées ou héritées par des particuliers qui n’ont pas forcément des rapports avec le métier. Mais le débat actuel reste concentré sur celui de l’avenir des 106 étudiants inscrit dans cette école. «Tout cela est un faux débat», réplique Abdelmoumen Benabdeljalil, directeur de l’établissement. «Nous avons répondu à l’appel du gouvernement, l’ENA supervise toutes nos activités, les trois dernières années ont été validées, pourquoi le diplôme ne sera-t-il pas reconnu?» s’interroge-t-il. Au Maroc, une commission mixte regroupant les départements ministériels concernés et les représentants des professionnels du secteur se chargent de la reconnaissance et de l’établissement de l’équivalence des diplômes, et c’est à ce niveau que le lobby des architectes pourrait peser de tout son poids. Les diplômes de l’EAC ne seront sûrs de la valeur de leurs diplômes qu’après leur obtention (6 ans dont 4 écoulés). L’Ordre des architectes a-t-il le pouvoir d’interdire la reconnaissance des diplômes qui seront délivrés par l’EAC? «Pas du tout», répond Benabdeljelil avant d’ajouter que «l’Ordre a un rôle purement consultatif, et l’Histoire est riche d’exemples». Selon le directeur de l’EAC, plusieurs diplômés des écoles étrangères ont obtenu le droit d’exercer malgré le refus de l’Ordre. «Certains ont fait moins de 6 années d’études», ajoute-t-il. . Tout est ouvertLes parents d’élèves ne sont pas pour autant rassurés. «S’il n’y a aucun problème, pourquoi aucune communication officielle de l’école ou du ministère n’a jamais vu le jour pour calmer les esprits?» tempête Mernissi, président de l’association des parents. «L’école parle de la validation des années passées, pourquoi nous n’avons jamais reçu une copie des rapports d’inspections?» ajoute-t-il. «Nous ne sommes pas obligés de communiquer avec cette association», répond le directeur de l’école casablancaise. A l’heure où nous mettions sous presse, des rumeurs selon lesquelles le département de Taoufiq Hejira compte reprendre la gestion de l’école pour mettre fin à la polémique enflaient. Il s’agit d’une annulation automatique de l’adjudication pour non-respect du cahier des charges (le statut de l’entreprise). Une solution qui semble impossible avant une nouvelle loi de Finances. Un autre scénario est envisagé, celui de l’entrée du groupe Al Omrane dans le capital de l’établissement pour le rendre semi-public. Au niveau du ministère, toutes les solutions sont bonnes pour calmer les esprits. «Nous sommes prêts à toutes les éventualités pour mettre un terme à ce débat, mais nous n’avons jamais proposé la reprise définitive de l’administration de l’école», annonce le directeur d’architecture au ministère de l’Habitat. «Nous sommes prêts à payer même si l’école tombe entre les mains de l’Etat, tout ce que nous voulons, c’est d’assurer l’avenir de nos enfants», conclut le président de l’association des parents d’élèves.


Ce qui se passe ailleurs

Les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne permettent aussi la création des écoles privées dans ce type de métiers. Mais la plupart de ces écoles sont soumises à des inspections et des contrôles réguliers. De plus la plupart de ces écoles sont créées par des fondations à but non lucratif pour préserver l’enseignement contre les spéculations capitalistiques. Les frais payés par les étudiants ne sont utilisés que pour le fonctionnement de l’école. Devant l’impossibilité d’obtenir des autorisations pour ouvrir des écoles d’architecture, certaines écoles, au Maroc, n’hésitent pas à recourir à des pratiques trompeuses. Elles proposent le premier cycle au Maroc avant d’aller compléter le cursus à l’étranger, d’autres dispensent des formations dans d’autres métiers (architecture d’intérieur par exemple) tout en laissant entendre la possibilité d’exercer le métier d’architecte. Aziz El YAAKOUBI

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