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Pourquoi les inspecteurs du travail en ont ras-le-bol

Par L'Economiste | Edition N°:1760 Le 04/05/2004 | Partager

. Ils réclament plus de moyens pour être en phase avec le code du travail . Pour eux, nouvelles missions équivaut à nouveaux profils. Un problème de sous-effectifs jugé graveAprès des années de silence, les inspecteurs du travail expriment ouvertement leur ras-le-bol. Dans la profession, la tension est montée d’un cran avec la nouvelle législation du travail. Pour faire entendre leur voix, les inspecteurs du travail ont programmé un mouvement de protestation qu’ils ont fait coïncider avec le jour symbolique du 1er mai(1). «Et ce n’est qu’un début», disent-ils. «Si les pouvoirs publics continuent d’ignorer nos doléances, nous comptons aller plus loin», avertissent des inspecteurs du travail(2). La nouvelle menace qu’ils brandissent, c’est de recourir au BIT pour lui adresser leurs réclamations. «Celles-ci seront cosignées par toutes les centrales syndicales», prévient Mohamed Mân, délégué régional de l’Emploi Casa-El Fida et par ailleurs président de l’AMIT (Association marocaine des inspecteurs du travail). «Ce sera notre ultime recours pour nous faire entendre des pouvoirs publics », ajoute-t-il. Mais «nous espérons ne pas en arriver là, car c’est très mauvais pour l’image du Maroc », souligne le président de l’AMIT. Mais de quoi se plaignent les gendarmes de la législation sociale? «Nous réclamons de meilleures conditions de travail et des moyens pour exercer convenablement notre métier», tonne le président de l’AMIT. L’Inspection du travail a vu ses attributions renforcées et élargies par la nouvelle législation. «Désormais, l’inspecteur du travail a plusieurs casquettes. Il est à la fois inspecteur-enquêteur, conciliateur, agent juridique et conseiller des syndicats et délégués de personnel», souligne un cadre à la direction du Travail qui a requis l’anonymat. En effet, à ses missions classiques de contrôle et de conciliation, missions renforcées et institutionnalisées, se sont ajoutées de nouvelles axées sur la médiation et le constat. Sans oublier, la participation à la mise en place des nouvelles institutions prévues par le code du travail, à savoir le comité d’entreprise, le comité d’hygiène et de sécurité et l’installation des représentants syndicaux au sein de l’entreprise. Pour toutes ces fonctions, les inspecteurs du travail se disent peu outillés et surtout en sous-effectif. «Le personnel de notre département n’a pas été renforcé pour faire face à l’augmentation considérable de la charge de travail», déplore le président de l’AMIT. Et d’ajouter, «les accords du 30 avril 2002, qui prévoient un renforcement des effectifs parallèle à l’augmentation des tâches d’inspection, n’ont pas été respectés». Aujourd’hui, le corps inspectoral compte, selon l’administration centrale, 456 agents dont 275 opérationnels dans le monde du travail. Parmi eux, 245 sont chargés de contrôler les unités commerciales, industrielles et professions libérales (près de 80.000 entreprises assujetties et environ 130.000 unités à la limite de l’informel). Le reste, soit 30 personnes, est affecté aux exploitations agricoles (80.270 exploitations agricoles et forêts). Résultat: seul un quart des établissements industriels et commerciaux structurés reçoit la visite de l’Inspection du travail (chiffres de 2000). Ce taux est de 1,5 % pour les exploitations agricoles.Normalement, les inspecteurs du travail sont tenus d’effectuer chacun entre 10 et 15 visites de contrôle par jour. A côté, ils doivent intervenir dans le règlement des conflits sociaux qui tendent à baisser avec l’intervention aussi des syndicats. «Nous sommes obligés de parcourir des kilomètres pour visiter les entreprises qui sont souvent situées en zone industrielle à la périphérie de la ville», souligne un délégué régional sous couvert de l’anonymat. Et pour cela, ils ont droit à une indemnité forfaitaire de 500 DH/mois. «Ce qui est dérisoire», selon des inspecteurs du travail. Ces missions exigent aussi un minimum de moyens logistiques (secrétariat, téléphones, équipement informatique…), de l’avis du président de l’AMIT. La profession réclame, en outre, une formation idoine pour pouvoir suivre l’application du code du travail ainsi que les mutations que vit l’entreprise en relation avec l’ouverture de l’économie marocaine. Hormis des actions ponctuelles qui sont jugées insuffisantes, «les agents du corps inspectoral n’ont bénéficié d’aucune formation aux nouvelles dispositions du code du travail», indique Mân. Dans une de ses diverses rencontres avec le monde des affaires, le ministre de l’Emploi avait souligné que la profession aura droit à des jeux de rôle et mises en situation pratiques pour s’imprégner des dispositions du code. Une opération montée avec le BIT (www.leconomiste.com). Outre le renforcement des effectifs et leur mise à niveau, les gendarmes de la législation sociale ressortent leur éternelle revendication. Ils veulent un statut, pour eux et pour l’Institut national du travail. Ils s’accrochent même si un premier projet a été rejeté.


Un problème de relève

. Il faut 5 à 6 ans pour devenir un bon inspecteur du travailL’inspecteur du travail, une espèce en voie d’extinction? «Depuis 1997, 15 à 20 de ces fonctionnaires partent chaque année à la retraite sans être remplacés», déplore le délégué régional de l’Emploi de Casa-El Fida, Mohamed Mân. A l’horizon 2010, la moitié du corps inspectoral sera à la retraite, et l’autre moitié dans la tranche d’âge 45-55 ans. Selon Mân, mise à part, une promesse du gouvernement de créer une centaine de postes (40 en 2004 et 50 en 2005) et la reconversion d’une soixantaine d’administratifs en inspecteurs de travail, aucune action n’a été entreprise jusqu’à présent pour assurer la relève. Grave, estime le président de l’AMIT sachant que pour être opérationnels, les agents recrutés auront à effectuer une formation d’au moins 6 mois suivie de stages et d’accompagnement. A ce stade, seules de petites tâches leur seront confiées, affirme un cadre du ministère de l’Emploi. Selon lui, il faut au moins 5 à 6 ans pour devenir un bon inspecteur du travail.Khadija EL HASSANI-------------------------------------------------------(1) A l’heure où nous mettions sous presse, la profession maintenait encore sa menace de grève(2 ) Jusqu’à vendredi dernier, l’Inspection du travail parlait encore d’une autre manifestation à Rabat le 14 mai

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