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Emploi & carrière
Où sont ces «héritiers» d’Eiffel au Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:1774 Le 24/05/2004 | Partager

. Les lauréats de l’Ecole Centrale occupent des responsabilités, surtout dans le privé . 175 ans après sa création, le rayonnement de cette institution reste intact François Michelin, Schlumberger, Peugeot, Gustave Eiffel, Bouygues, etc. Les centraliens ont des prestigieux aînés qui ont marqué l’histoire du développement industriel et l’industrie moderne. Tout ce beau monde a fréquenté l’Ecole centrale de Paris. Au Maroc, 200 lauréats de l’une des plus prestigieuses institutions du réseau des grandes écoles françaises occupent diverses fonctions -de la banque au conseil en passant par l’assurance-. Ils affichent leur fierté d’appartenir à une institution qui a produit des grands capitaines d’industrie et des savants de grande renommée.Au Maroc, les «héritiers» de Gustave Eiffel sont massivement représentés dans les états-majors des grandes entreprises: Khalid Oudghiri, PDG du groupe Attijariwafa Bank, né de la fusion BCM-Wafabank, Safaa El Gharbi, directeur général de Wafa Cash, Abdelkrim Raghni, DG du CIH, Saad Bendidi, PDG de RMA-Wataniya. Mais depuis peu, les centraliens sont aussi présents dans la haute fonction publique (Saïd Ibrahimi à la Trésorerie Générale du Royaume). Les cabinets ministériels ont aussi été l’une des destinations de prédilection des centraliens. Les plus anciens sont Bouchaïb Benhamida, l’emblématique président de la Fédération nationale du BTP. Il dirige aussi une PME dans le secteur.Comparés aux «Ponts & Chaussées» qui forment un vrai réseau du fait de leur présence historique à l’Equipement, les centraliens forment une petite communauté. En France, une rivalité historique oppose les deux camps. Impossible de parler de Centrale sans faire allusion à Ponts & Chaussée. Les ingénieurs Ponts & Chaussée font la pluie et le beau temps dans les ministères techniques alors que les centraliens trustent les directions des groupes industriels et la finance. Cette rivalité n’existe pas au Maroc, tient à préciser le président de l’Association des centraliens du Maroc, Saïd Ibrahimi. Le concept de l’Ecole Centrale a été une telle réussite qu’il a été dupliqué avec succès à l’étranger: l’Ecole Polytechnique de Lausanne et la Faculté polytechnique de Mons en Belgique en sont les deux produits d’essaimage les plus réputés. Son rayonnement mondial et sa réputation d’excellence, l’Ecole Centrale le doit à la qualité de sa formation et à une sélection draconienne. Le tri à l’entrée ne concerne pas que les élèves mais aussi, le corps enseignant. Avec Polytechnique, Centrale est sans doute l’établissement qui attire l’élite des professeurs dans l’Hexagone, qui occupent souvent des responsabilités dans les grands groupes et participent au développement des projets d’envergure: TGV, Airbus, Ariane, etc. Un de mes profs en mathématiques nous enseignait sa propre courbe en classe, lance admiratif Abdelkrim Raghni, directeur général du CIH. Dès le départ, les élèves de Centrale sont plongés dans l’environnement de l’entreprise. Dans l’esprit de son fondateur (voir aussi encadré), l’établissement devrait former des ingénieurs capables de prendre en charge au sein des entreprises, le développement des applications industrielles nées des découvertes scientifiques. Par vocation, l’Ecole Centrale est donc l’Ecole des entreprises, explique Hamid Benalfadel, DG d’une PME de conseil et de formation (Polycompétences), porte-parole de l’association des centraliens du Maroc. C’est cela qui explique la propension des centraliens à aller dans l’entreprise au contraire de leurs homologues Ponts & Chaussées qui font plutôt carrière dans l’Administration, notamment à l’Equipement où ils forment l’essentiel de l’encadrement. L’avantage compétitif de l’Ecole Centrale et sa richesse, tiennent au choix initial de l’ouverture et la diversité de sa formation, explique Abdelkrim Raghni, directeur général du CIH. A leur sortie, les centraliens ne sont pas que des ingénieurs «purs techniciens». L’Ecole forme aux attitudes plutôt qu’aux aptitudes, fait remarquer le DG du CIH en insistant aussi sur l’autonomie des élèves. Le plus important, ce n’est pas de maîtriser une technique, mais de l’expliquer et de la transmettre aux tiers. En général, les centraliens ont une vision large, assure Ibrahimi. Parmi eux, on trouve des spécialistes de microéconomie, de génie chimique, d’informatique ou de management des projets, etc.Les centraliens figurent parmi les profils les plus demandés du marché à cause de leur polyvalence et de leur capacité d’adaptation, complète Saïd Ibrahimi, président de l’Association des centraliens du Maroc. Beaucoup de groupes marocains font régulièrement recruter dans les «forums des grandes écoles» organisés en France. La polyvalence des centraliens est assurée par la couverture de la connaissance des sciences de l’ingénieur et par l’adaptation de l’Ecole et de son projet éducatif aux exigences des entreprises.Les centraliens marocains se défendent de former un réseau au sens classique du terme. «Il n’existe pas de profil-type ni d’esprit centralien ou de clanisme, mais un sentiment de fierté de faire partie d’une grande famille», précise Bouchaïb Benhamida, l’un des premiers Marocains lauréat de cette école. Il appartient à la promotion 1966.


Comment accède-t-on à l’Ecole Centrale

L’admission se fait par voie d’un concours d’entrée national très sélectif, après le passage dans les classes préparatoires Math sup/Math spé. En général, les meilleurs au concours de grandes écoles au Maroc, choisissent Centrale et Polytechnique. La communauté marocaine est de loin, la plus nombreuse des étudiants étrangers à Centrale. Il y en aurait par promotion entre dix et vingt.


Une mixité sociale obligatoire

L’Ecole Centrale de Paris a été créée en 1829 par Alphonse Lavallée. Cet homme d’affaires nantais avait mis toute sa fortune personnelle dans la création de cet établissement. Son ambition était de former des «médecins des usines et des fabriques». Afin d’assurer la pérennité de l’établissement, son fondateur en fera don à l’Etat français en 1857. L’établissement célèbre ses 175 ans d’existence, un anniversaire qui sera marqué par des manifestations un peu partout dans le monde, même en Russie où l’institution compte une centaine de lauréats. Au Maroc, l’Association des centraliens a prévu quelques événements pour marquer cet anniversaire. Cet esprit de corps est sans doute l’une des forces de Centrale, une des rares à échapper au grief d’élitisme que l’on reproche aux grandes écoles françaises. Sur le campus de l’établissement, les élèves viennent de toutes les classes sociales. Le gouvernement français tient à cette mixité sociale dans ce qu’il présente comme une réussite du modèle républicain.Abashi SHAMAMBA

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