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    Le textile doit refonder toute sa GRH
    Entretien avec Jean-Marc Lamouliatte, expert Meda 2 FP

    Par L'Economiste | Edition N°:2649 Le 12/11/2007 | Partager

    Expert en ressources humaines du secteur textile habillement dans le cadre du projet Meda 2 FP, Jean-Marc Lamouliatte fait partie du réseau d’experts qui accompagnent les entreprises marocaines dans la mise en œuvre de la GRH. Même si le secteur textile se porte bien, il subsiste des problématiques qui risquent de s’amplifier sur le long terme si les fonctionnements internes des entreprises n’évoluent pas. Ces carences concernent surtout l’information, la communication, la gestion des ressources humaines et les besoins en compétences.- L’Economiste : Quel est le gros problème de ressources humaines aujourd’hui dans le textile ?- Jean-Marc Lamouliatte : Je vais être très clair. Nous avons au Maroc la meilleure main-d’œuvre du monde, elle est sans comparaison avec la main-d’œuvre asiatique. Les compétences techniques de la main-d’œuvre marocaine ne sont pas à mettre en cause. Nous avons dans le textile habillement une autre problématique de fond, celle de l’analphabétisme. Une grande majorité de personnes liées à la production ne sait ni lire, ni écrire, ni compter. Nous avons surtout besoin d’un management de proximité d’excellence pour répondre aux besoins du marché, gérer et encadrer ces professionnels de la technique que sont les opératrices. Le déficit en management de proximité est crucial.Le revers de la médaille est que ces opérationnels sont gérés par un management de proximité, qui est lui-même issu de la « machine » par promotion interne. Ils n’ont pas reçu de formation managériale. Auparavant on ne le constatait pas avec autant d’acuité car le gap était très faible entre les exigences de la clientèle et les mises en œuvre des entreprises industrielles marocaines. Actuellement, le gap a augmenté, car la clientèle européenne est de plus en plus exigeante, elle ne désire plus produire vite et pas cher, elle veut de la qualité, de la réactivité, de la flexibilité, de l’adaptabilité, une prestation de service (accompagnement dans son développement) qu’elle vient chercher au Maroc par nature et aussi par la proximité. - Pensez-vous que les entreprises n’ont pas assez anticipé ce changement ?- C’est exactement cela. Avant, on demandait de produire vite, pas cher et beaucoup. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas. Pourquoi voulez-vous que les clients viennent au Maroc fabriquer un vêtement qui coûte 2 euros à façon, alors qu’ils peuvent l’avoir en Chine pour beaucoup moins que ça, et avec des grandes quantités en produit fini ? Les clients européens viennent chercher autre chose au Maroc. La proximité nous sauve certes, mais hormis la bonne technicité que nous avons, nous devons leur apporter maintenant une qualité globale, des prestations de service des ressources humaines qui s’impliquent, se mobilisent, se motivent pour répondre aux besoins immédiats des clients, et les rassurer sur les engagements pris. Précédemment, un chef d’entreprise développait son commercial, sa relation clientèle et exigeait un maximum de production pour livrer les commandes. On ne se préoccupait pas ou « très » peu de la gestion des ressources humaines (GRH). Aujourd’hui, il n’y a pas que le produit client à développer, il y a aussi les ressources internes à prendre en compte et à développer et à entretenir. Le positionnement sur des « niches » avec des petites quantités demande une approche nouvelle des compétences, de l’organisation de production et de la GRH. C’est le cas des jeunes entreprises, qui développent le management des personnes, les besoins en compétences, en même temps que leur développement commercial et la bonne entente avec les clients.- Cela implique donc un changement radical dans l’approche de recrutement…- C’est exact. Recruter est un acte de gestion fort et complexe, parfois difficile, il faut donc le préparer avec précision pour ne pas décevoir le recruteur et le recruté. Aujourd’hui, les employeurs qui recrutent recherchent des personnes ayant des compétences. Précédemment les entreprises recrutaient en nombre plus qu’en qualité, et sans le souci des compétences. L’évolution des besoins sectoriels et les demandes sont de plus en plus précises. Il devient de plus en plus difficile de trouver du personnel compétent et disponible, ce qui va obligatoirement amener les employeurs à développer beaucoup plus les compétences techniques de leurs salariés existants et développer les formations managériales, et comportementales de leur maîtrise au plus vite.Il va aussi être nécessaire de mieux communiquer sur le secteur du textile habillement et de le rendre attractif afin que les chercheurs d’emplois aient envie de venir travailler dans ce secteur (si souvent malmené, et notamment par la presse), et que ceux qui y travaillent, aient envie d’y rester. Par ailleurs, il faut redynamiser ce secteur en apportant des nouveaux programmes de formation plus ciblés par rapport aux besoins des entreprises, développer l’apprentissage en entreprise, et permettre aux jeunes qui sortent des centres de formation d’avoir une employabilité immédiate et par là, une réalisation technique, sociale et économique. Propos recueillis par Vanessa PELLEGRIN

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