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    La complexité maîtrisée, mais dans la simplicité

    Par L'Economiste | Edition N°:2649 Le 12/11/2007 | Partager

    . Le manager dispose de moins de 20% des informations nécessaires pour prendre une décision rationnelle. Comme les samouraïs, ils doivent développer une certitude intérieure «LA meilleure réponse à la complexité, c’est la simplicité». Marc Halévy Van Keymeulen, fondateur de Maran Group(1), conseille aux managers d’assumer la complexité dans laquelle évolue l’entreprise et non la combattre. Dans un monde de plus en plus complexe, il est quasiment impossible de tout maîtriser. Par exemple, le nombre d’événements à traiter par jour par le manager de 2000 est 22 fois plus grand que celui de 1900. «Notre cerveau n’est pas préparé à gérer la complexité. Or, celle-ci est irréversible et on ne peut pas la comprendre si on la casse». Il faut donc évoluer avec et apprendre à la gérer… Ce physicien propose plusieurs pistes aux managers. La plus importante est l’évolution par la finalité. Celle-ci est fondamentale et elle est au cœur de la théorie de la complexité. Le management étant un projet d’entreprise défini dont le manager est le porte-drapeau. Un projet d’entreprise bien précisé facilite la tâche. Il permet au manager de hiérarchiser les priorités et donc de gérer le temps, lequel est une dictature selon cet expert. «Le temps est précieux et irréversible. Le talent du manager est sa capacité à le gérer. Or, les managers gaspillent 60% de leur temps à gérer des choses qu’ils ne doivent pas», affirme Van Keymeulen. Les priorités doivent donc être déterminées à titre individuel et collectif pour pouvoir travailler en équipe. Ce qui nécessite la mise en place de critères collectifs basés sur les finalités de l’entreprise. Parmi les pistes proposées, l’intuition figure en bonne place. Partant du constat que dans 80% des cas, le manager dispose de moins de 20% des informations nécessaires pour prendre une décision rationnelle, Marc Halévy Van Keymeulen propose de réapprendre à injecter de la passion et de la folie dans le management. Dans le monde des affaires, les grandes réussites et les grands dirigeants étaient intuitifs et habités par une passion, voire des aventuriers. La transformation et l’enrichissement sont également importants. L’homme a tendance à fonctionner en binaire: noir ou blanc. Dans l’entreprise, «nous devons prendre acte que les systèmes de blanc et noir ne fonctionnent plus. Il faut inventer la couleur qui n’est autre que la diversité», affirme ce polytechnicien. Il est aussi pour une organisation par projet. Celle-ci assure une certaine transversalité, les opérations dans une structure par projet sont plus efficaces que par fonction. Aux managers, il recommande de travailler l’innovation permanente, car le cycle de vie des produits se raccourcit. Ce qui nécessite de nombreuses idées. Il cite l’exemple d’une entreprise fonctionnant par projet et qui, pour le succès d’un produit, lance trois produits en même temps. Ce qui nécessite 10 produits en recherche-développement et une centaine d’idées en amont. Pour gérer la complexité, le manager doit avoir de la certitude face à l’incertitude. C’est connu, l’être humain est peureux et déteste l’incertain. L’incertitude c’est la peur et le danger, mais c’est aussi un espace de créativité et de liberté. Mais qui l’assume? En Europe, ce sont les décideurs (3%). Mais le constat général est que de moins en moins de gens assument cette incertitude. Ainsi, 60% des informations indispensables au fonctionnement de l’entreprise passent par des circuits informels et 70% des savoir-faire sont en situation d’hyper-fragilité, car ils sont dans la tête des gens. Le manager n’a pas le choix. Il doit réagir par rapport à cette incertitude. Sa mission n’est pas de contrôler l’information, il doit former les gens et changer ses méthodes de management. Il doit également construire une certitude intérieure, un peu à l’image des samouraïs. Cette certitude intérieure se base sur trois piliers. Le premier est d’admettre que rien n’est certain et que tout est imprévisible. Le deuxième est d’avoir une idée précise sur sa mission. Si elle n’est pas claire, l’entreprise doit la définir. Le troisième pilier n’est autre que la maîtrise du métier: il faut donc être excellent dans le métier de manière à savoir faire face. «La certitude, c’est le métier que je maîtrise. Dans 80% des cas, les cadres de l’entreprise ne connaissent pas le métier de l’entreprise, c’est-à-dire le savoir stratégique». La passion du métier nourrit l’évolution de l’entreprise. Aujourd’hui, on assiste aussi à un divorce entre le pouvoir et l’autorité. Il faut apprendre à fonctionner au sein d’une équipe et à s’appuyer sur des gens qui ont du pouvoir chacun dans son domaine. L’entreprise devrait également s’entourer de talents surtout que l’on s’achemine de plus en plus vers leur pénurie. Elle doit passer de la gestion des compétences à la gestion des talents. Car, si la compétence est l’habilité à utilisé des outils connus pour résoudre des problèmes connus, le talent n’est autre que l’habilité à créer de nouveaux outils pour faire face à l’inconnu.


    Marc Halévy Van Keymeulen

    APRÈS Polytechnique, Marc Halévy Van Keymeulen s’est spécialisé en sciences de la complexité auprès du prix Nobel 1977, Ilya Prigogine. En parallèle, il mène un parcours doctoral en philosophie et histoire des religions. C’est en 1981 qu’il fonde la première entreprise du groupe Maran pour des interventions managériales de terrain auprès d’entreprises en situations complexes et, depuis le milieu des années 1990, il se consacre à la Prospective. Marc Halévy Van Keymeulen enseigne dans plusieurs universités et grandes écoles et assure un vaste programme de séminaires et conférences. Il a publié une douzaine de livres dont «Introduction aux sciences de la complexité», Editions Marane, 2007 et «Sciences et Sens. Qu’est-ce que la Vie? Qu’est-ce que la Matière? Qu’est-ce que l’Esprit», Editions Marane, 2007.Khadija MASMOUDI--------------------------------------------------------------------------(1) Il a animé une conférence jeudi 8 novembre à RAM Academy sur ´la complexité, les nouveaux défis.

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