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Emploi & Carrière
Insertion des chômeurs: Les promesses risquées de Aghmani

Par L'Economiste | Edition N°:2691 Le 14/01/2008 | Partager

. 5.000 entreprises Moukawalati et 46.000 contrats Insertion en 2008. Le ministre de l’emploi table sur une meilleure efficacité des dispositifs actuels250.000 emplois créés en 2008. Tel est l’objectif qu’affiche le gouvernement. Entouré d’une escadrille de responsables d’établissements sous sa tutelle, Jamal Aghmani, ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, a déroulé la semaine dernière le détail de la stratégie gouvernementale pour atteindre ce chiffre. Aucune surprise, plutôt, aucune nouvelle. Le département de l’emploi d’aujourd’hui s’inscrit dans la «stricte» continuité du précédent. Ce sont les trois mousquetaires du dispositif Initiative Emploi (Idmaj, Taâhil et Moukawalati) qui sont chargés de la mission (impossible?) de faire tomber le fort du chômage.Prudent, le ministre n’affiche aucun objectif en termes de taux de chômage même si le Premier ministre s’engageait récemment à faire tomber le taux de chômage à 7% au bout de son mandat. «Le recul du chômage dépend du taux de croissance qui lui même dépend de la bonne tenue de l’économie», souligne Aghmani. Il ajoute: «Les programmes gouvernementaux (Emergence, Envol, etc.) visent justement à créer de la croissance. De plus, nous avons, cette année, la chance d’avoir eu des précipitations qui nous ont évité de faire face aux conséquence d’une nouvelle sécheresse».En évitant d’annoncer un taux de chômage cible, le ministre de l’emploi (qui rappelle que son ministre n’a pas la responsabilité de créer des emplois) se prive des retombées positives que l’effet d’annonce est susceptible d’entraîner. Mais, c’est aussi un signe de prudence quant au retour de bâton que peut provoquer la non-tenue de la promesse. Le déluge médiatique critiquant le flop Moukawalati (qui affichait un objectif de 30.000 entreprises créées) étant encore très présent dans les esprits. D’ailleurs, les responsables ont révisé leurs ambitions à la baisse. Aujourd’hui, on ne parle plus que de 5.000 entreprises créées pour 2008. Cela revient tout de même à multiplier par 5 le chiffre actuel.Plus de création d’emplois et d’entreprises aussi. Comment y arriver alors que les dispositifs de l’Initiative Emploi n’ont connu aucun changement majeur? La mesure supprimant la condition d’inscription minimale de 6 mois sur les listes de l’Anapec pour pouvoir bénéficier du programme Insertion a été abandonnée. Pourtant, le ministre Aghmani en avait fait l’annonce ferme, en décembre dernier, à l’occasion de la troisième convention des cadres de l’Anapec. «Cette mesure passera par amendement de la loi des Finances courant cette année», promet-il. Il explique par ailleurs que «le ministre des Finances, Salah Eddine Mezouar était d’accord sur cet allégement du programme. Mais, après concertation avec la commission parlementaire des Finances, il a fait marche arrière». Etait-il d’accord ou pas d’accord? Pourquoi passer par un amendement au lieu d’inscrire la mesure d’emblée dans la loi des Finances?Cela en fait beaucoup de questions. De plus, le veto du département des finances était difficilement explicable surtout que Salah Eddine Mezouar est à l’origine du plan Emergence qui vise essentiellement la création d’emplois pour les jeunes à travers de nouveaux métiers. Aurait-il changé de logique en changeant de portefeuille?Sur l’insertion toujours, son élargissement aux non-bacheliers s’est heurté, lui aussi, au veto des Finances. L’argument était que le Trésor aurait à supporter un coût supplémentaire en matière d’exonérations fiscales. Le raisonnement s’en tient strictement aux coûts financiers en occultant l’impact économique. Précisons que les recettes du Trésor ne seront pas amoindries si des personnes de cette large frange des chômeurs décrochent des emplois. Le fait des les intégrer dans le marché du travail, fait d’eux une source supplémentaire d’impôt une fois terminé le passage (tremplin) du contrat Insertion. Les chômeurs d’aujourd’hui sont les contribuables de demain. Donc, le manque à gagner pour le Trésor est probablement plus important en maintenant les non-diplômés hors dispositif Taâhil qu’en les y incluant.L’objectif annoncé par le ministre de l’Emploi de contrats Insertions pour 2008 est de 46.000, soit un bond de 32% par rapport à 2007 ce qui représente 11.000 jeunes insérés de plus. Pour rappel, le crû 2007 était de 35.000 contrats.Moukawalati n’a pas été en reste. Il a, à son tour, eu son lot des «pas en arrière». Le programme devait être élargi aux non-diplômés mais le «non» a, encore une fois, pris le dessus.Pour atteindre les 5.000 créations d’entreprises Moukawalati en 2008, et en l’absence de mesures concrètes, c’est sur la com que le ministre de l’Emploi compte: «Des campagnes de communication plus ciblées avec plus de proximité régionale pour expliquer le dispositif et (nouveauté) mettre sous les projecteurs des cas réussis». Les banques ont elles aussi été priées de se montrer plus souples surtout que la garantie de la CCG est là.A moins de 10% (exactement 9,9%), le taux de chômage n’a jamais été aussi bas même si les estimations ne font pas l’unanimité. Performance. Mais celui des jeunes des villes, notamment diplômés, continue à afficher des niveaux très élevés. C’est pour le moins curieux, dans un Maroc en pleine effervescence, où certains secteurs déplorent un manque cruel de main-d’œuvre qualifiée, allant même jusqu’à demander d’«importer» de la force de travail étrangère. Serait-ce la faute au «verbe dans la phrase russe»? Le ministre Aghmani a cité l’exemple de l’un de ses employés qui réclamait une promotion qui soit conforme à son statut de docteur en linguistique. Le sujet de sa thèse était «le verbe dans la phrase russe». C’est la démonstration même de l’inadéquation entre la formation et le marché de l’emploi. Mais ce docteur a à son actif 6 ans d’expérience dans le département Aghmani. Il a donc, a priori, la connaissance technique du praticien et la profondeur d’analyse du chercheur. N’est-ce pas un bon profil?


Insertion: La campagne fait mieux que la ville!

15,9%, pratiquement six points de plus que le taux national: c’est le taux de chômage dans les villes. Elevé, le mot est faible. C’est un chiffre qui doit être alarmant. Selon une étude de conjoncture effectuée par le ministère des Finances, ce taux a baissé de 0,1 point entre le deuxième et le troisième trimestre 2007. Et dans le monde rural? le taux de chômage est de 3,5% et a reculé de 0,4 point. L’essentiel des efforts du gouvernement en matière de relance économique a concerné les secteurs «urbains»: l’industrie et les services. L’agriculture ne s’est jamais portée aussi mal que pendant l’année 2007. D’ailleurs, la note du ministère des Finances l’affirme, on ne peut plus clairement: «En terme de création nette d’emplois, les secteurs hors agriculture ont généré 132.000 emplois entre les deux périodes considérées. Le secteur des services est le premier pourvoyeur d’emplois avec 49,2% du total des jobs créés, suivi de l’industrie (31,1%) et du BTP (19,7%). Quant au secteur agricole, il a enregistré une perte de 20.000 emplois, en relation avec les mauvaises performances de la campagne agricole 2006-2007», peut-on y lire. Et pourtant, l’insertion des actifs est plus efficace dans le milieu rural que dans les villes. Mieux, le taux de chômage y est divisé par 4! Voilà qui donne des problèmes à méditer aux économistes.Nabil TAOUFIK

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