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    Ecoles hôtelières
    Cinq ans de blocage

    Par L'Economiste | Edition N°:2560 Le 02/07/2007 | Partager

    . Le syndicat refuse toujours le transfert vers l’OFPPT. Les étudiants redoutent une année blancheQuinze rencontres entre le ministère du Tourisme et le Syndicat national du tourisme depuis 2002 n’auront pas suffi. Le dossier relatif au transfert des écoles hôtelières du ministère du Tourisme à l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) reste bloqué. A l’origine, l’idée du gouvernement était de concentrer tous les secteurs professionnels chez un seul opérateur, un seul outil de référence, en l’occurrence l’OFPPT. Certains secteurs, notamment l’artisanat, la pêche maritime, ont refusé. Sans conséquences. Le syndicat national du tourisme refuse alors le principe de «deux poids, deux mesures».A noter que malgré les négociations entre la Primature, le ministère du Tourisme et l’OFPPT, la situation est bloquée depuis 5 ans. Passer les écoles hôtelières sous le statut d’établissement public, c’est transférer des batiments, mais aussi près de 700 personnes (staff enseignant, personnel de support à la femme de ménage) et les avantages garantis par le ministère du Tourisme ne satisfont pas les syndicats. Pas plus que la promesse de 30% d’augmentation de salaire sous «régime OFPPT». S’en suivent grèves, pétitions et imbroglio social à répétition.Cette année, ce sont les examens prévus courant juin qui n’ont pas eu lieu. D’un côté, un ministère du Tourisme dans l’embarras qui multiplie les rencontres. De l’autre, des formateurs et syndicats excédés. Au centre, les élèves, inquiets d’essuyer une année blanche. Le projet de loi relatif au transfert concerne 14 écoles hôtelières et de tourisme. Le transfert n’est pas effectif, le texte de loi tant décrié étant toujours en examen à la Première chambre. Si le texte est adopté, l’OFPPT en deviendra gestionnaire à partir du 1er septembre 2007. Là où le bât blesse, c’est que les élèves sont déboussolés par le manque de visibilité quant à l’issue de ce bras de fer. Déjà les examens au cours de l’année n’ont pas eu lieu à cause des grèves à répétition depuis mars. A Casablanca, Lahsen Terhzaz, directeur de l’école hôtelière, explique que les élèves de première année n’ont pas encore leurs résultats, faute de délibérations et que les stagiaires de deuxième année n’ont même pas été interrogés sur le deuxième semestre. Seuls les examens de fin de cycle ont été retenus, mais là aussi, les syndicalistes n’en démordent pas. A l’école hôtelière d’Agadir, la date des soutenances était fixée au 11 juin et les examens de fin de cycle prévus les 26, 27 et 28 juin. Tout a été reporté ultérieurement. «On nous a dit de rentrer chez nous sans précisions», témoigne Sanaa Erregragui, élève en deuxième année de marketing touristique dans cette école. Le hic, c’est que pour s’inscrire dans une école supérieure marocaine ou étrangère et postuler pour un emploi, les notes et le diplôme sont exigés. Sanaa confie qu’il est déjà trop tard pour s’inscrire en licence dans les universités d’Agadir, de Marrakech ou de Rabat. Seul l’ISIT de Tanger(1) accepte de faire concourir les stagiaires à l’admission d’entrée le 6 juillet. Cependant, Sanaa déplore les dépenses supplémentaires que coûte cette querelle institutionelle: «J’habite à Rabat et mon école se trouve à Agadir. Comme moi, de nombreux élèves se retrouvent pris en otage». Moralement, tout ceci épuise les étudiants, c’est pourquoi ils ont décidé de se rassembler devant le ministère du Tourisme, le mercredi 4 juillet, afin de manifester contre cette situation de blocage. Côté formation, les acteurs du dossier affirment de concert l’achèvement du programme scolaire. Les journées de grève ont fait l’objet de séances de rattrapage. A l’école hôtelière de Marrakech, les cours s’achèveront ainsi le 30 juin. Il semble toutefois que les élèves ne connaîtront pas une année blanche pour autant. Pour l’heure, les examens sont fixés en juillet.. La mayonnaise ne prend pasLe 26 juin dernier, Hind Shkili, directrice de la formation et de la coopération du département du Tourisme, au ministère, a réuni les proviseurs de toutes les écoles hôtelières pour définir un calendrier d’examens. Chaque directeur a été chargé des évaluations de fin de formation, début juillet. La tenue du concours d’entrée est reportée à la deuxième quinzaine de septembre. «L’idéal pour avoir une idée claire de sa scolarité l’année prochaine», ironise Sanaa.Face à toute cette agitation, Hind Shkili veut rassurer sur le bien-fondé de ce transfert: «Dans le public, nous avons une faible marge de manœuvre, et la qualité de la formation est lente à développer». En revanche, l’Office de la formation professionnelle bénéficie d’expérience dans ce domaine. Le projet Meda 2, financé en grande partie par l’Union européenne, a été entamé depuis 3 ans. Il accompagne cette refonte des filières pour l’amélioration des programmes indispensables à une plus grande performance. L’OFPPT programmerait même l’ouverture de 7 nouvelles écoles professionnelles. Selon Hind Shkili, le rôle d’un ministère est de répertorier les lacunes d’une filière, d’identifier les disparités régionales et d’anticiper les besoins. Face aux craintes d’une dévaluation des diplômes, elle défend l’idée que «ceux-ci sont régis par le secrétariat d’Etat à l’Enseignement professionnel qui se charge du volet pédagogique de tous les départements. Ils ont ainsi les mêmes valeurs». Elle confie par ailleurs que c’est plûtot le caractère exceptionnel que revêt cette situation qui pousse à l’exagération et à la démesure des demandes syndicales. Une “analyse erronée” pour Mustapha Jdiri et Lhoussine Hadare, tous deux membres de la SNT et professeurs à l’Ecole hôtelière et touristique de Casablanca. Mises à part les renvendications concernant le staff pédagogique, le diplôme qui sera octroyé aux étudiants n’aura pas la même consistance. Ils en veulent pour preuve l’expérience et les connexions avec le monde entrepreneurial que détient le ministère du Tourisme (la plupart des cadres du milieu touristique sont diplômés de ces écoles). Au-delà des similitudes administratives défendues par le ministère, les syndicalistes opposent la durée de la formation qui sera réduite de moitié à l’Office professionnel. Après le transfert, elle passera à 12 mois au lieu de 24. Côté syndicat, on annonce une nouvelle rencontre avec Hind Shkili, pour cette semaine. L’OFPPT, quant à lui, préfère ne pas se prononcer, renvoyant toutes les questions au ministère. Selon Hind Shkili, “les examens auront bel et bien lieu”. Ce que les syndicalistes ne prennent pas pour argent comptant jouant le pourrissement et refusant d’assurer les examens. Ils sont toujours en attente du verdict de la Commission des secteurs sociaux, désormais seul arbitre de ce litige. Alors à quels saints se vouer? La messe n’est pas encore dite!


    Que revendique le syndicat national du tourisme?

    - Respect de l’article 48 du statut de la Fonction publique sur le détachement des fonctionnaires- Promotion dans le grade (hors quotas) de tous les fonctionnaires et cadres de l’ONMT(2) remplissant les conditions générales avant le transfert.- Octroi par l’OFPPT aux fonctionnaires transférés d’une bonification en termes d’échelles.- Reconstitution de carrières par l’OFPPT sur la base du diplôme et de l’ancienneté.- Intégration immédiate des diplômés dans les échelles correspondantes à leurs diplômes.- Intégration de 71 contrôleurs (formateurs techniques) conformément au décret du 25 mai 1990 .D. D. C.------------------------------------------------------------------------------(1) L’Institut supérieure internationale de Tanger n’entre pas dans le programme de transfert tout comme l’école Touareg de Rabat.(2) 17 décembre 1957, l’Office marocain du tourisme prend la dénomination de l’Office national marocain du tourisme (ONMT)

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