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Des profs reprennent goût à l’enseignement du français

Par L'Economiste | Edition N°:1774 Le 24/05/2004 | Partager

. Ils ont adressé une lettre ouverte à l’Education nationale. La réforme des programmes ne fait pas l’unanimité. Le niveau des élèves est jugé trop faibleUne dizaine de professeurs de français de l’enseignement secondaire (tronc commun, première et deuxième années du baccalauréat) se disent satisfaits de la réforme des programmes de français, entrée en vigueur en 2002-2003. Ils l’ont fait savoir dans une lettre ouverte qu’ils ont adressée au directeur des programmes du ministère de l’Education nationale (MEN) et transmise à la presse. Ils sont enchantés de la réintroduction des oeuvres littéraires “comme élément principal du projet pédagogique”. Auparavant, les programmes de français étaient basés sur un manuel scolaire constitué d’une liste de “textes isolés et peu motivants”. Pour ce groupe de professeurs, cette réforme est positive à plus d’un titre: d’abord, pour les élèves, elle offre “la possibilité d’une véritable pratique de la langue, avec tous les avantages de la lecture et de l’imprégnation linguistique”. Elle favorise aussi l’ouverture culturelle et intellectuelle, nourrit la réflexion et contribue à l’épanouissement de la personnalité. Ensuite, pour les enseignants, “le résultat est gratifiant”, même si la tâche est jugée lourde. Beaucoup disent qu’ils ont l’impression de changer complètement, en retrouvant les plaisirs d’un véritable enseignement de la langue, après des années de marasme. Pour la classe de français, la réforme semble tout aussi positive. Comme l’indique le groupe de professeurs, “jamais elle n’a été aussi vivante ni l’échange aussi intéressant”. Pour le système éducatif enfin, “cette réforme, qui va dans le sens de la charte, met en évidence l’histoire des idées, encourage la tolérance et favorise le développement d’une bonne culture générale”.Au début, les enseignants affirment avoir été un peu inquiets, voire déstabilisés parce que obligés de changer de programme dans les trois niveaux en même temps. “Maintenant, nous sommes rassurés, indique un des professeurs signataires. Toutefois, nous appelons le ministère à faire quelques aménagements”. Les enseignants souhaitent que le collège et le primaire puissent bénéficier de la même réforme, de manière à ce que les élèves soient initiés à la littérature le plus tôt possible et qu’ils prennent l’habitude de lire des oeuvres plus jeunes.Ils demandent aussi que certaines oeuvres soient remplacées par d’autres plus accessibles pour les élèves et que le programme soit allégé, pour tenir compte du niveau. Des professeurs, que nous sommes allés rencontrer dans un lycée de Casablanca, sont désemparés. Beaucoup d’élèves n’arrivent pas à suivre en classe. “Comment voulez-vous qu’un lycéen qui ne sait même pas composer une phrase correcte en français, puisse lire et comprendre toute une oeuvre de littérature?”, s’interroge l’un d’eux. Et d’ajouter que la grande majorité des élèves ne lisent même pas les ouvrages parce qu’ils ne les comprennent pas, leur niveau étant trop faible. “C’est la catastrophe”, s’indigne une enseignante interrogée dans le même lycée, réputé être parmi les meilleurs de la métropole. En général, les enseignants voudraient que le ministère revoie à la hausse le nombre d’heures hebdomadaires de français. Pour eux, ce peut être une manière de relever le niveau. Actuellement, les lycées dispensent quatre heures au lieu de six, comme c’était le cas il y a quelques années.


En quoi consiste la réforme et ce qu’en pensent les élèves

Les professeurs de français ont maintenant au programme des oeuvres littéraires complètes (Voltaire, Maupassant, Balzac, Stendhal...). Trois oeuvres sont au programme pour l’année “tronc commun (ex-cinquième année)” et autant pour la première année du bac. Les élèves de la deuxième année en ont quatre. En plus, les professeurs doivent préparer “un projet pédagogique” de leur choix en début d’année (préparer une pièce de théâtre avec leurs élèves et la jouer, organiser une campagne de sensibilisation sur un thème donné...). “En fait, ce nouveau programme nécessite énormément de travail et de recherches et un gros effort de la part des professeurs et élèves. La tâche est donc lourde mais les résultats jugés gratifiants. Si cette réforme est positivemlent appréciée par les enseignants, elle ne l’est pas autant par les élèves. De nombreux lycéens que nous avons interrogés se disent démotivés. Pour eux, les oeuvres littéraires sont difficiles et ne présentent aucun intérêt. De plus, comme les enseignants, ils estiment que le programme est trop chargé. «Les enseignants souhaitent que le collège et le primaire puissent bénéficier de la même réforme, de manière à ce que les élèves soient initiés à la littérature le plus tôt possible et qu’ils prennent l’habitude de lire des oeuvres plus jeunes«N.B.

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