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Code vestimentaire au bureau
Dis-moi ce que tu portes, je te dirais qui tu es!

Par L'Economiste | Edition N°:2131 Le 17/10/2005 | Partager

. A défaut de réglementation, c’est la coutume qui définit la tenue . Dans les deux cas, l’employeur est habilité à sanctionner tout manquement La première impression est la meilleure. Cet adage traduit parfaitement l’obsession du savoir-être qui caractérise la société d’aujourd’hui. De plus en plus de gens sont, en effet, convaincus que l’opinion que l’on se fait d’eux dépend essentiellement de l’image qu’ils projettent. Dans le milieu professionnel, le soin de la présentation devient presque une obsession. En effet, les relations professionnelles, qui reposent essentiellement sur la communication, sont très sensibles au facteur image. Généralement, la communication verbale ne vient qu’appuyer le message véhiculé par le look vestimentaire et la gestuelle. D’où l’importance qu’occupe aujourd’hui l’image dans la stratégie de l’entreprise moderne. “L’aspect vestimentaire est une composante importante du savoir-être qui se situe au même niveau d’exigence que le savoir-faire. Il fait partie de l’acte de vente”, souligne Abdelmalek Bendriss, directeur des Ressources Humaines de BMCI, groupe BNP Paribas. Vendre, c’est séduire un client et l’amener à s’inscrire dans le sillage de ses objectifs. Souvent, c’est la première impression qui détermine la suite. Donc, pour les entreprises, l’enjeu aujourd’hui n’est plus de recruter uniquement des compétences mais aussi et surtout des gens qui prennent bien soin de leur apparence. Cela pourrait parfois atteindre des extrêmes car il est possible de nos jours de trouver un DRH qui privilégie l’apparence par rapport aux compétences. “En matière d’évaluation professionnelle, dans un cas de recrutement ou d’évolution de carrière, le savoir-être est placé aujourd’hui au même niveau, sinon au-dessus des compétences”, précise le DRH de BMCI. L’apparence est un choix que chaque personne détermine en fonction de sa personnalité, de son éducation et sa situation socioéconomique. Mais qu’est-ce qui pousse, par exemple, les cadres dans certaines activités professionnelles à se plier à une uniformisation de la tenue vestimentaire? S’agit-il d’une obligation professionnelle? Hormis les cas où le règlement intérieur impose une tenue spécifique pour des raisons de sécurité ou d’efficacité, l’employé dispose d’une marge de manœuvre qui ne trouve ses limites que dans le respect des coutumes ou la préservation de l’intérêt de l’entreprise.Ainsi, les agents de bureau ne sont généralement soumis à aucune réglementation, mais dépendent souvent d’une entente sur un code vestimentaire à respecter. A la douane, par exemple, “la tenue vestimentaire des cadres est régie par une convention non écrite, dont les termes sont parfois rappelés verbalement, si nécessaire, par les responsables hiérarchiques”. En revanche, pour les agents déployés aux frontières et dans les opérations de contrôle et d’inspection, l’uniforme est obligatoire. Les collaborateurs qui ont un contact direct avec la clientèle (employés de banque, d’assurance, commerciaux…) sont les plus rappelés à l’ordre en cas de non-respect du code vestimentaire. Reste que le concerné sait pas à quoi s’attendre en l’absence de sanction bien précise en cas de non-conformité au standards de la maison. Les pratiques diffèrent, en effet, d’une entreprise à une autre et peuvent aller du simple blâme à l’annulation d’une prime ou d’une promotion, voire même le licenciement.


Fini les tenues “cool” dans les entreprises américaines

Aux Etats-Unis, les employeurs deviennent de plus en plus exigeants sur la tenue vestimentaire de leurs collaborateurs. Cette attitude vient ébranler un état d’esprit qui tolérait les tenues décontractées, surtout dans le secteur de la Net économie. Selon une enquête menée par le cabinet américain spécialisé dans l’emploi, Jackson Lewis, rapportée par le Journal du Management, le costume cravate fait progressivement son retour dans les entreprises américaines. De nombreuses entreprises ont jugé, selon l’étude, que les nouvelles règles vestimentaires ont des répercussions de plus en plus néfastes sur la discipline des employés. Près de la moitié des sociétés sondées ont remarqué une hausse systématique des retards, voire de l’absentéisme. 30% des cadres interviewés ont même signalé une augmentation des flirts dans l’entreprise à cause de certaines tenues considérées comme aguichantes. Ce retour au formalisme incite les entreprises du pays de l’Oncle Sam à adopter des “chartes d’éthique” et des codes déontologiques afin de préserver une certaine image de leurs entreprises.


La tenue vestimentaire véhicule notre crédibilité

Saïd El Baghdadi, directeur général de Somepi Carburants- L’Economiste: En quoi l’aspect vestimentaire joue-t-il un rôle dans la relation de votre entreprise avec la clientèle?- Saïd El Baghdadi: La question de l’aspect vestimentaire est une composante de la culture d’entreprise, autrement dit l’ensemble des valeurs qui constituent un fondement de l’identité de cette dernière et qui retracent un peu son histoire. En référence à ce qui précède, je peux dire qu’aujourd’hui, l’aspect vestimentaire au sein de notre entreprise se veut un vecteur qui véhicule, vis-à-vis de notre clientèle, une valeur fondamentale à nos yeux, à savoir la crédibilité, la confiance et le respect du client en tant que partenaire. Néanmoins, la question devient épineuse lorsqu’elle soulève des interrogations d’ordre déontologique.- L’image d’un collaborateur participe-t-elle à celle de l’entreprise?- Les codes et coutumes, vécus dans une entreprise, sont considérés comme des “repères identitaires”. Celui qui déroge à la règle est confronté à un rejet, sinon, il subit, “en douce”, un certain harcèlement moral à travers des sous-entendus, des remarques émises nonchalamment par-ci par-là.- Votre règlement intérieur contient-il une disposition sur l’aspect vestimentaire ou bien s’agit-il simplement d’une convention non écrite?- Le règlement intérieur ne prévoit pas de disposition précise à cet égard. C’est plutôt une convention non écrite comme vous l’appelez.


L’habit ne fait pas le moine dans l’entreprise Abdelmalek Bendriss, DRH de BMCI

- L’Economiste: Votre règlement intérieur contient-il une disposition sur l’aspect vestimentaire ou bien s’agit-il d’une convention non écrite? - Abdelmalek Bendriss: Ce n’est ni une convention et encore moins une obligation légale. C’est d’abord des modes de comportement en pleine évolution par rapport à un marché où la compétition est de mise au quotidien. Ces évolutions font que l’on admet que le respect du client impose une manière d’être pour bien l’accueillr. A partir de là, il est reconnu que l’aspect vestimentaire valorise considérablement la qualité du verbe.- L’image d’un collaborateur participe-t-elle à celle de l’entreprise?- Mieux que ça, c’est l’image du collaborateur qui façonne celle de l’entreprise. Les produits peuvent se ressembler et les enseignes se multiplier mais la qualité de service est liée automatiquement à celle des hommes qui, eux seuls, peuvent créer la différence.- L’habit fait-il le moine pour le recrutement ou de manière générale, dans l’entreprise? - Je crois que ce dicton ne peut trouver sa place en entreprise. Le sens de l’objectivité et de la transparence appliquée dans l’entreprise ne laissera point de place au “moine”.


La sanction est souvent mal vue

La tenue vestimentaire n’est évoquée dans le code du travail que lorsqu’elle sert l’hygiène et la sécurité de l’employé. Selon l’article 289 du code, l’employeur a le droit de sanctionner tout manquement après avoir informé préalablement le salarié. D’ailleurs, pour que la sanction soit justifiée, l’information doit parvenir au personnel via le règlement intérieur ou une note de service. En l’absence de toute réglementation écrite, l’employeur doit assortir sa sanction d’un reproche de comportement. “Sanctionner sur la base du non-respect de la tenue vestimentaire n’est acceptable que s’il est prévu par un texte. Dans le cas contraire, il faut chercher un autre reproche (comportement par exemple) pour que la sanction soit solidement fondée”, précise Ghizlaine Khachane, juriste au cabinet Artémis Conseil. Et d’ajouter que “la sanction doit, toutefois, être proportionnelle à la gravité de l’acte et de sa récurrence”. La jurisprudence en la matière est tout simplement inexistante, car les employés rechignent souvent à saisir les tribunaux pour un différend sur la tenue vestimentaire. Les employeurs sanctionnent rarement le non-respect du code vestimentaire. “Au Maroc, il est mal vu de sanctionner pour le simple non-respect de la tenue”, conclut Khachane. Morad EL KHEZZARI

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