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    Chômage des diplômés: Il n’y a pas de recette miracle
    Entretien avec Jamal Rhmani, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle

    Par L'Economiste | Edition N°:2669 Le 10/12/2007 | Partager

    La croissance et l’adéquation entre la formation et le marché du travail…Ce sont là les deux facteurs sur lesquels il faut agir pour garantir l’emploi. Des dispositifs d’aide à l’insertion des diplômés sont mis en place et seront réajustés en fonction des réalités du marché mais le chantier le plus important est une formation qui ne soit pas déconnectée de la réalité du marché du travail. - L’Economiste:. Quelle est votre stratégie pour lutter contre le chômage des diplômés qui est aujourd’hui un problème structurel?- Jamal Rhmani: Le problème du chômage est d’abord un problème économique, il faut absolument agir sur la croissance. N’empêche, l’adéquation entre la formation et le marché du travail reste la clé de toute politique d’emploi. Avec la dynamique que connaissent certains secteurs, il existe une forte demande pour des profils que l’on ne retrouve pas sur le marché. Il faut chercher comment répondre à cette dynamique. Nous avons besoin d’une véritable stratégie dans le domaine des ressources humaines. Avec la charte pour l’éducation et la formation beaucoup de choses ont été réalisées, mais il reste un nombre important de diplômés qui ne trouvent pas de place sur le marché de l’emploi. Pour ceux-là nous essayerons de mettre en place des formations appropriées. Actuellement, il existe trois dispositifs qui sont mis à la disposition des jeunes diplômés pour les aider à s’adapter aux exigences du marché du travail. Il s’agit, de Idmaj, Taehil et Moukawalati. Un quatrième dispositif vient de s’ajouter aux trois précédents, c’est la formation au sein de grandes écoles de 500 à 1000 jeunes diplômés chômeurs. Pour ce dernier programme, l’Etat a consacré un budget de 160 millions de dirhams. Des actions pour améliorer les résultats de Moukawalati sont également en projet. Le conseil d’administration de l’Anapec qui se tiendra le 25 décembre en débattra. - Le programme Moukawalati semble s’essouffler. Comment le dynamiser? - D’après les chiffres dont nous disposons, seules 600 entreprises ont été créées par les jeunes alors qu’il y avait une forte demande pour la création de micro-entreprises. A part le financement, le local pose également problème. Nous allons associer les conseils des régions et les autorités locales pour une meilleure contribution à la réussite de ce programme. Nous allons également renforcer les actions d’accompagnement par la formation des jeunes porteurs de projets, pour assurer la pérennisation des entreprises créées. - La formation professionnelle joue-t-elle réellement le jeu au niveau de l’insertion des jeunes ? - Elle s’est adaptée avec le marché de l’emploi et au nouvel essor de l’économie marocaine. Elle a réussi à répondre à la commande gouvernementale et aux besoins exprimés par les opérateurs économiques en augmentant le nombre de jeunes formés. Ils sont actuellement plus de 400.000. Aujourd’hui, elle arrive à insérer plus de 71% des jeunes diplômés dans le marché du travail. Cela signifie que les lauréats de la formation professionnelle arrivent à s’insérer plus facilement. Nous assistons aussi à l’émergence d’un nouveau phénomène puisque 4.000 licenciés d’université y sont inscrits. C’est un vrai gâchis. - Les performances de la formation professionnelle sont ternies par les scandales de détournements. L’Enquête ira-t-elle jusqu’au bout ? - Les dossiers devant la justice suivront le cours normal et seront tranchés. La formation professionnelle est dans une dynamique d’accompagnement des grands chantiers mis en place par l’Etat. Pour moi, c’est le résultat qui compte. Il faut atteindre les objectifs assignés à ce département et relever les défis fixés pour le système de la formation professionnelle. Dans ce cadre, je note que l’appui du Fonds Hassan II pour le développement économique et social qui a débloqué une enveloppe de 10 millions de dirhams pour des études pointues dans le domaine de la formation professionnelle. - La CGEM s’apprête à publier un Livre blanc dans lequel elle met l’accent sur les difficultés d’application du code du travail. Que comptez-vous faire? - Ma première initiative était d’aller à la rencontre des partenaires sociaux. Lors de cette rencontre, la CGEM a présenté ses propositions d’amendement du code du travail, des contrats spéciaux de formation et le dossier CIMR. Après l’entrée en vigueur du code du travail, des difficultés ont été relevées. Elles ont été également signalées par les inspecteurs du travail. Des réunions se sont tenues avec la Justice sur certains points. L’engagement du gouvernement est d’arriver à un consensus avec les partenaires. Un projet d’amendement, déposé par un groupe parlementaire, est à la Chambre des conseillers. Par rapport aux contrats spéciaux de formation, la CGEM demande la refonte du mode de gestion jugé rigide depuis les dysfonctionnements qui avaient été relevés. Les propositions de la CGEM sont concrètes, mais nous devons négocier avec les partenaires sociaux. - Que devient cette loi sur la grève qui n’arrive toujours pas?- Ce dossier est au programme du gouvernement. Une mouture de texte est déjà élaborée. Elle doit faire l’objet de concertation entre les partenaires sociaux et économiques. La constitution a garanti le droit de grève tout en renvoyant à une loi organique qui devrait en réglementer l’exercice. Le code du travail a mis en place des mécanismes de règlement des conflits. L’arbitrage en tant que mode alternatif de règlement des conflits collectifs du travail est en phase d’être mise en place. Dans ces conditions il devient opportun de reprendre le projet de réglementation en droit de grève, un vœu exprimé par la CGEM et également par certains partenaires sociaux.Son contenu reprendra largement les pratiques actuelles en matière d’exercice du droit de grève telle que le préavis et la garantie d’un service minimum pour les activités ne pouvant souffrir d’un arrêt brutal et général. Les sensibilités politiques partagent de plus en plus cette approche et cette analyse.


    Elections contestées à la Mutuelle générale

    C’est un chantier délicat, mais le département de l’Emploi tient à y mettre de l’ordre. Les mutuelles des administrations et établissements publics ont eu droit à un plan d’action et ont été invitées à organiser des élections démocratiques. La mutuelle générale n’a pas failli à la règle et s’est donc pliée aux exigences. Sauf que les élections organisées n’ont pas eu la faveur de tous les adhérents. Une grande partie conteste le mode de scrutin validé par son conseil d’administration. Avant, tous les adhérents avaient le droit de vote mais le CA a décidé que pour participer, l’adhérent doit être inscrit sur les listes électorales. Il existe une loi et il faut la respecter. Nous sommes en train d’étudier le dossier dans sa globalité et également le fonctionnement de la mutuelle», révèle le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle.


    La formation-insertion sera retouchée

    . Les exonérations fiscales du programme Idmaj étendues aux bacheliersC’est l’engouement pour idmaj, programme formation-insertion. Les chiffres de l’Anapec relèvent que les objectifs fixés ont été largement dépassés. En 2006, 32.880 insertions ont été réalisées, soit 10% d’augmentation. Et à fin 2007, l’Agence table sur 73.000 insertions. Ce qui représente 12% de hausse comparativement à l’objectif fixé pour cette période. Pour l’année prochaine, le programme Idmaj se veut toujours aussi ambitieux et prévoit l’insertion de 44.000 chercheurs d’emploi. Pour cela, les incitations fiscales seront élargies aux bacheliers et la condition d’inscription pendant 6 mois à l’Anapec sera supprimée. La ventilation des insertions par diplôme place les lauréats de la formation professionnelle en tête avec 34%. Viennent ensuite les diplômés de l’enseignement supérieur (25%) et les bacheliers (22%). Ces jeunes sont surtout intégrés dans les services (49%) et l’industrie (30%). L’agriculture et l’enseignement comptent respectivement 6% d’insertions. En revanche, l’hôtellerie et la restauration ainsi que le bâtiment et les travaux publics ne sont pas trop «friands» de ce genre de contrats. Ils sont respectivement à 4% et 5% d’insertions. Ce qui rend ce programme attractif c’est les différentes incitations offertes aux entreprises: une exonération de l’IR sur les salaires avec un plafond de 6.000 dirhams et une exemption des cotisations sociales plafonnées à 4.500 dirhams. Pour sa part, Taahil, programme de formation contractuelle et qualifiante, semble sur la bonne voie. Un an après sa mise en œuvre effective, il a permis le recensement d’environ 12.000 opportunités de formation en vue d’une insertion. Elles se répartissent entre la formation contractualisée pour l’emploi et la formation qualifiante ou de reconversion. La première bénéficie à 400 entreprises appartenant à différents secteurs d’activités et offre des opportunités de formations en vue de l’insertion de plus de 9.300 bénéficiaires. La deuxième a permis l’identification de 2.700 opportunités de formation essentiellement dans l’offshoring et le tourisme. Taahil vise à améliorer l’employabilité des demandeurs d’emploi. Il s’est fixé comme l’objectif d’en faire bénéficier 50.000 personnes à l’horizon 2008. En fonction des besoins des entreprises, l’Anapec finance les formations d’une durée maximum de 6 mois et pour un montant qui ne dépasse pas 18.000 dirhams. Une exception est faite pour l’offshoring dont la formation pourrait atteindre 50.000 DH. Après 24 mois de stage, l’employeur fait passer une évaluation aux personnes choisies pour retenir à la fin celles qu’il veut. Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

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