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Avis d’expert
Il faut aller au-delà de la centralisation des achats

Par L'Economiste | Edition N°:1930 Le 03/01/2005 | Partager

Philippe Pillaud dirige Logis Truck, une PME spécialisée dans l’intégration des solutions logistiques. Dans cet entretien, il estime que les entreprises sont contraintes à l’optimisation de leurs achats si elles veulent résister à l’ouverture des marchés et à la compétition qui s’en suivra. Au bout, il y a des économies à prendre. - L’Economiste: Quelle est votre appréciation du management des achats dans les firmes marocaines?- Philippe Pillaud: La centralisation des achats et des approvisionnements est encore au stade de balbutiement pour diverses raisons: culture d’entreprise, croissance externe, manque de savoir-faire et de visibilité, résistance aux changements, crainte de la transparence, etc. Nous en sommes encore à un modèle où chaque entreprise gère ses propres achats sans se préoccuper de synergies et d’optimisation que ce soit au niveau des fournisseurs, des assortiments, des volumes, des modes d’approvisionnement et du cahier des charges. Pourtant, les gains peuvent être importants sur les produits, les ressources et les services, etc. Dans les organisations les plus développées, la centralisation des achats est connectée à celle des approvisionnements pour maîtriser la chaîne logistique. Cela permet une réduction des coûts logistique transport, de stockage et des stocks-outils. Par ailleurs, les PME ont la possibilité de se regrouper par famille de produits pour mieux acheter ou passer par des groupements d’intérêt économique. L’entreprise a le choix entre une intégration des approvisionnements ou l’externalisation.- Quelles sont concrètement les sources d’économie auxquelles vous faites allusion?- Elles sont perceptibles dans de nombreux domaines. Tout dépend de la manière dont l’entreprise va s’y prendre à travers son organisation. La modification de la structure organisationnelle Achats implique en général pour certains salariés un accroissement des pouvoirs et, pour d’autres, une diminution. Par conséquent, la direction doit se montrer vigilante pour gérer des tensions inévitables inhérentes à cette redistribution des pouvoirs. Ce changement signifie qu’on centralise la stratégie d’achat et le pouvoir de négociation sur quelques individus.Les principales opérations concernées sont: les commandes et la facturation, la restructuration du service achat, la refonte des systèmes d’information et de pilotage des flux. Il en résulte fatalement une diminution des ressources, des stocks et, in fine, du coût des achats…L’hypothèse du groupage des approvisionnements en un seul lieu permet d’obtenir de meilleures conditions d’achat de fournisseurs, de réduire le nombre de références et de limiter le risque de rupture de charge. Au niveau des stocks, en réduisant les aléas sur les besoins et en massifiant en amont les flux fournisseur. Une professionnalisation de la gestion des flux entraînerait moins de rupture par l’action sur le service livraison en plus de l’accès à un assortiment plus large du fait des volumes mis en commun. Cette solution est sans conteste une source de profitabilité. Une partie des coûts logistiques supplémentaires est compensée par les remises des fournisseurs. Par ailleurs, la baisse des effectifs et la diminution des opérations (facturation, etc.) dans les points de réception réduisent les coûts administratifs.

En amont de l’organisation logistique

La centralisation des achats devrait intégrer l’organisation logistique des fournisseurs. Cette évolution implique qu’il y ait avant le lancement de l’appel d’offres une présélection logistique des fournisseurs. Dans ce scénario, les fournisseurs assurent la logistique amont et aval. Les gains devraient être moins importants cependant. C’est à l’entreprise de veiller à ce que l’organisation logistique préconisée soit une variable importante d’arbitrage. Le fait d’être plus sélectif au niveau des fournisseurs, de prendre plus de référence et d’exiger de séparer le prix départ produit et le transport se traduira par une baisse des ruptures de charge du fait de l’augmentation du nombre du volume transporté. Cela permet de mesurer si le coût de transport du fournisseur est réellement compétitif par rapport aux standards sectoriels.


Centrale Laitière s’essaie aux places de marché

Depuis un an, le leader des produits laitiers au Maroc a innové en s’abonnant à une place de marché en ligne, le CPG market. Il s’agit d’une société créée par des groupes européens et basée en Suisse. C’est un outil extraordinaire qui permet un gain de temps considérable, explique, enthousiaste, Abderrahmane Tarabi, DGA Business Unit Lait et directeur des Achats et de la Production laitière. La procédure est la suivante: des fournisseurs sont sélectionnés à l’avance, sur la base de critères fixés par l’entreprise. Après le premier tri, un groupe de fournisseurs est invité à participer en ligne en temps réel, à “une enchère”. Les invités reçoivent un mot de passe pour pouvoir y accéder. Un cahier des charges qui peut être lu et compris de tous les fournisseurs est réalisé et diffusé sur le site. Et c’est le même pour tout le monde d’où la complète transparence de l’opération. L’enchère dure une demi-heure. Chaque fournisseur donne son prix de départ puis est en mesure de visualiser sa position dans le classement des prix (sans pouvoir connaître les offres des concurrents). Au fur et à mesure de la demi-heure, les participants baissent leurs prix pour être les premiers au classement et prétendre à la sélection finale. “C’est une méthode qui incite tout le marché à se structurer très sérieusement car les règles du jeu sont très claires et transparentes”, fait remarquer Abderrahmane Tarabi. Très satisfait de cette méthode de tri en ligne, le management de la Centrale Laitière a mis en place des objectifs chiffrés destinés à la direction des Achats, visant à augmenter la part des approvisionnements effectués par le biais du CPG Market. Il est vrai qu’aujourd’hui, elle reste encore très faible. Mais la méthode a permis de réaliser quelques économies dans la maison. Sa montée en charge sera un des axes majeurs de la direction des Achats. Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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