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Emploi & Carrière
Alphabétisation en entreprise
Des offres de plus en plus ciblées

Par L'Economiste | Edition N°:1948 Le 31/01/2005 | Partager

. Cours intra-entreprises et horaires flexibles . Des supports sur-mesure pour chaque entrepriseLes centres spécialisés dans l’alphabétisation des adultes se sont multipliés ces dernières années, le marché étant de plus en plus demandeur. L’entreprise qui se lance dans une action d’alphabétisation doit choisir le centre ou l’institut à qui elle va confier ses employés: choix qui peut s’avérer difficile. Possibilité numéro un: s’adresser à l’OFPPT (Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail). L’Office a une longue expérience en la matière et dispose de plusieurs centres spécialisés. Les apprenants sont obligés de s’y rendre ce qui peut être assez contraignant pour les personnes qui résident loin ou qui n’ont aucun moyen de transport. Et dans ces cas précis, le taux d’absentéisme peut malheureusement grimper très vite.Les centres et instituts privés ont, eux, l’avantage d’accepter de se déplacer chez l’entreprise lorsque celle-ci dispose de salles de formation équipées (matériel audiovisuel adéquat). Ces centres privés présentent également l’avantage de s’adapter aux contraintes horaires de leurs clients. Des horaires flexibles et souples sont donc institués, l’objectif numéro un étant bien sûr d’éviter l’absentéisme.Tous les centres procèdent de la même manière. Tout d’abord, ils analysent avec l’entreprise ses besoins et ses objectifs et fixent ensemble la langue à enseigner (arabe ou français). Ensuite, ils font passer à l’ensemble du personnel un test d’évaluation pour déterminer les niveaux. Il y a ceux qui ont un niveau zéro, ceux qui ont des notions mais ont tout oublié et ceux qui ont besoin d’un perfectionnement. Ensuite, des groupes de huit à quinze personnes sont constitués. «Certaines personnes ne savent ni lire ni écrire, mais comprennent et parlent le français. Ceux-là aussi sont séparés des autres», explique Nizar Zyat, responsable du centre d’alphabétisation La Résidence. (Un centre qui a alphabétisé des ouvriers chez Carnaud, Crédor, Lesieur, Odep, Primagaz, SCBG, Somepi, Sothema et beaucoup d’autres).Lorsque les groupes sont fixés, une analyse des postes est réalisée pour déterminer les compétences à développer. Ensuite, une étude documentaire de l’entreprise est réalisée, à partir de laquelle sont élaborés les manuels. Des équipes travaillent sur la réalisation de ces derniers avec production de supports, évaluations, tests.S’il s’agit d’alphabétisation fonctionnelle, «nous essayons d’élaborer un programme qui ne contient pas uniquement des leçons pratiques spécifiques au métier des apprenants mais également d’y intégrer des aspects de la vie courante. L’objectif est de ne pas les ennuyer avec un apprentissage de langue purement technique», explique Rafaa Lahlou, chargée de mission à l’Institut français de Casablanca. Chez La Résidence, il y a des manuels spécifiques adaptés aux différentes activités économiques (tourisme, agroalimentaire…). Pour Nizar Zyat, le support de la formation ne doit pas être standard, il doit être adapté à chaque entreprise et personnalisé. Les centres d’alphabétisation font appel à des enseignants permanents ou vacataires, en fonction de leurs besoins. Profil: cadres supérieurs de formation bac+4 ou 5, ayant de préférence une expérience dans l’apprentissage des langues. Il est demandé à ces enseignants d’être discrets, ouverts d’esprit, de savoir écouter sans émettre de jugements et surtout de faire preuve d’une grande rigueur. Il faut également qu’ils soient disponibles entre 12 et 2 heures ou en fin de journée, et même les week-ends en cas de besoin.


Les clés du succès

«Pour que l’alphabétisation soit réussie, il faut que l’entreprise prenne en charge les frais de la formation. Par ailleurs, il faut que les heures d’alphabétisation se déroulent pendant les heures de travail. Sinon, l’ouvrier est démotivé et n’acceptera pas facilement de rester», explique Mohamed Chajadine, consultant fondateur de Language Tower. En réalité, comme l’indique Rafaa Lahlou, «il y a encore du chemin à parcourir pour que les formations en alphabétisation aient des chances d’avoir lieu complètement sur les heures de travail. Dans le meilleur des cas, nous parvenons à un compromis: une demi-heure à une heure sur le temps de travail et le reste hors des heures travaillées». D’après elle, il faudrait que les entreprises fassent encore quelques efforts dans ce sens: cela garantirait une implication totale d’un public très demandeur et réduirait à zéro le taux d’absentéisme. Un autre problème se pose: lorsque l’entreprise a pour objectif premier de combler le déficit des compétences requises pour certains postes, elle occulte l’alphabétisation et ne tente de répondre qu’à ses propres besoins et pas à ceux de l’ouvrier. «Lors du bilan de formation, il nous est arrivé de mettre l’entreprise devant ses responsabilités, c’est-à-dire que même si le personnel est techniquement performant, il n’en reste pas moins analphabète», explique Rafaa Lahlou. Cette dernière nous donne l’exemple de la formation des serveurs et personnel d’étage des hôtels Ibis. La formation devait permettre d’améliorer les compétences liées directement au poste (décrire un menu en français, proposer une boisson, gérer linguistiquement une situation conflictuelle au sujet d’une commande ou de l’addition…). Comme elle l’indique, «les objectifs mettaient l’accent sur l’interaction orale mais très subsidiairement sur l’écrit, ce qui est dommage». Nadia BELKHAYAT

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