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Politique

Emeutes de 81: Des tombes communes identifiées

Par L'Economiste | Edition N°:2169 Le 12/12/2005 | Partager

. Le site est mitoyen à la caserne de la protection civile de Hay Mohammadi. Les corps ont été exhumés puis enterrés individuellement dans la discrétion Après avoir jeté la lumière sur les violations des droits de l’homme des années 70, l’Instance Equité et Réconciliation (IER) tente de lever le voile sur le sort des 77 victimes des événements de Casablanca de 1981. Selon des sources de ladite instance, une tombe où les victimes du soulèvement du 20 juin 1981 ont été inhumées a été localisée. Il s’agit d’un terrain attenant à la caserne de la Protection civile proche du cimetière des «Chouhadas» à Hay Mohammadi. Ce que certains témoignages avaient appuyé. Ainsi, un des membres de la caserne de la Protection civile concernée, qui était à l’époque chauffeur d’ambulance, avait déjà témoigné avoir transporté plus de 20 corps enterrés dans une tombe commune sur un terrain utilisé actuellement pour l’entraînement des stagiaires de la Protection civile. Ces mêmes sources indiquent que le président de l’IER, Driss Benzekri, a visité les lieux, vendredi 9 décembre, en présence des représentants des autorités locales, du parquet ainsi que du service de la médecine légale. Cette initiative vient suite à la décision de l’IER de former un comité, où siègent un de ses représentants, le procureur général du Roi près de la Cour d’appel, des représentants du ministère de l’Intérieur, des Habous et Affaires Islamiques, du service de la médecine légale ainsi que la direction de la police judiciaire, chargée de déterminer avec précision l’emplacement de la tombe. Tout laisse à penser que les travaux d’exhumation des dépouilles ont déjà commencé. Des témoins du voisinage ont certifié avoir constaté à partir de la nuit du jeudi 8 décembre, une activité anormale dans la zone contiguë à la caserne de la Protection civile. Des tentes ont été dressées et des ouvriers s’affairaient pour arracher les arbres plantés dans la zone avant de commencer les travaux de prospection. L’instance en collaboration avec les autorités locales vise, d’après certaines de ses sources, la réalisation de trois objectifs. D’abord, vérifier si les corps des victimes ont été enterrés individuellement ou collectivement. Ensuite, si l’enterrement s’est fait en conformité avec les principes de la religion musulmane et enfin déterminer les identités. Mais on est en droit de s’interroger sur le fondement de l’action de l’IER alors que sa mission a pris fin le 30 novembre dernier. A l’heure où nous mettions sous presse, aucune information n’a filtré sur l’identité des victimes, mais les corps, enterrés collectivement, ont été effectivement exhumés. Les autorités ont procédé, samedi dernier, à l’enterrement individuel des dépouilles dans la même zone. Est-on en présence d’une tentative pour effacer les traces? Tout porte à le croire, sinon comment expliquer la précipitation des autorités à transférer les corps à des tombes individuelles et leur acharnement à empêcher les médias d’accomplir leur travail. Cette attitude n’est peut-être que la réaction au dernier rapport de l’ONG américaine Human Rights Watch qui tout en félicitant l’IER pour son travail, a demandé à ce que les coupables des violations soient jugés. Rappelons que les événements de Casablanca avaient éclaté suite à l’appel à la grève lancé par les centrales syndicales. Aux actes d’incivisme, les forces de l’ordre ont répondu par une répression cinglante qui a fait plusieurs victimes parmi les manifestants ou des simples passants. Les autorités ont procédé par la suite à leur inhumation dans la plus totale discrétion.Par ailleurs, les investigations de l’IER suite aux événements de Fès de 1990 lui ont permis de découvrir 106 corps dont 99 ont été enterrés dans les cimetières Bab El Guissa et Abou Bakr Ben El Arbi. Leurs identités n’ont pu, toutefois, être déterminées. Selon des sources de l’IER, cette dernière a également récupéré le centre de détention de Derb Moulay Cherif à Casablanca suite au départ des forces de l’ordre qui l’occupaient. Ce centre, qui était au départ un commissariat avant de se convertir au début des années 60 aux activités d’exaction et de détention secrète, a été visité par l’instance au mois de janvier dernier. Idem pour le centre de détention de Tazmamart dont les locaux ont été vidés, la semaine dernière, suite à l’identification des trente victimes qui y étaient enterrées. Morad EL KHEZZARI

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