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Economie

Emerging Market Forum
Les atouts africains du Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:2753 Le 10/04/2008 | Partager

. Des zones d’émergence sur le continent. La BMCE Bank fortement remarquée. Le coût du commerce bien trop élevé«Depuis l’an 2000, on voit en Afrique une mutation sans précédent pour le mieux», a dit SM le Roi dans son message aux participants de la rencontre d’Emerging Market Forum. La rencontre s’est tenue les 7, 8 et 9 avril 2008, dans la capitale à l’instigation d’Omar Kabbaj, conseiller du Souverain. Signe de l’importance de cette rencontre, le Roi a donné son Haut patronage (cf. www.leconomiste.com) du lundi 7 avril 2008. Une soixantaine d’experts y ont participé(1): on comptait des gouverneurs de banques centrales africaines, la BAD (Banque africaine de développement), des fonds américains, des investisseurs asiatiques, de grandes entreprises, y compris marocaines…. L’Afrique va mieuxOui, l’Afrique va un peu mieux, ou plus exactement, il y a des pays et des domaines en émergence. Le Maroc peut légitimement, avec l’Afrique du Sud, à l’autre bout du continent, espérer se placer comme un hub financier. A ce titre, l’ambition de la BMCE Bank a été fort bien accueillie, de même que l’idée de la BAD de lancer des obligations dans les pays africains, en monnaies locales. Ces placements permettraient d’utiliser les réserves des pays africains, sans avoir à les placer en Europe et surtout aux Etats-Unis où les placements sont devenus risqués.Toujours à propos de ces réserves, fortes dans de nombreux pays, dont le Maroc, les experts se sont montrés inquiets : ne vont-elles pas être utilisées par les gouvernements africains pour retarder au maximum des réformes structurelles à faire devant le changement complet de la conjoncture internationale. Evidemment, les Marocains se sont sentis visés. Malheureusement ils ne sont pas les seuls dans cette situation de gonfler au-delà du raisonnable les subventions à la consommation. Rappelons que si rien n’est fait d’ici à la fin de l’année 2008 et que les prix du pétrole restent au-dessus de 100 dollars le baril, pour un dollar à 7-7,50 DH, c’est 37 milliards de DH qui seront engloutis dans les subventions, essentiellement sur le gaz; ce qui fait un peu plus de 100 millions de DH chaque jour! Le Maroc n’est pas le seul, mais c’est lui qui bat les records africains… alors que ce type de dépenses ruine ses ambitions de croissance.. Le Maroc bien placéPartager les savoir-faire comme la BMCE ou encore Attijariwafa bank, c’est essentiel, mais ce n’est pas suffisant. Nombreux sont les Africains qui rêvent de zones régionales de libre-échange. Elles sont très nombreuses en Afrique est ne servent pas plus que ne sert l’Union du Maghreb. Un participant s’en est moqué en parlant des «spaghettis africains», ce plat où tout est mélangé. En fait ces zones, qui se recoupent, sont devenues des obstacles au libre-échange, ne serait-ce que parce que la règle d’origine varie d’un pays à l’autre, d’une zone à l’autre. «Et puis, dit une dirigeante d’entreprise, allez expliquer aux douanes, qui sont souvent corrompues, que votre dossier est correct: chaque pays à ses propres papiers, zone ou pas zone»… Elle critique aussi sévèrement le manque d’imagination des financiers africains face aux besoin des entreprises. Mais, répondent les banquiers présents, «le financement des PME, et même des grandes entreprises, se heurte au manque de transparence». Transparence des entreprises et même transparence des Etats et des gouvernements. Pour beaucoup de participants, «manque de transparence» veut dire «corruption». En tout cas, c’est un des motifs qui font que les investisseurs se méfient. «Les fonds de placement ont des critères bien précis, que les intermédiaires africains doivent apprendre à respecter et à servir, s’ils veulent capter ces investissements». Sur ce point, le système financier marocain est bien placé pour être un intermédiaire: il est fiable et compétent.Tous les participants sont d’accords pour souligner qu’en Afrique, les coûts des échanges sont beaucoup trop élevés, plus chers que dans n’importe quelle zone développée! Alors que les producteurs et les commerçants sont souvent à la limite de la pauvreté. Le manque d’infrastructures y est pour beaucoup, mais aussi la mauvaise organisation, la faible productivité…C’est le grand paradoxe du continent et pour tout dire, le paradoxe du sous-développement.


Deux actions très visibles

Dans son message, le Souverain a rappelé l’engagement fort du Maroc en Afrique: l’effacement des dettes des pays les plus pauvres envers le Maroc et la création de la fondation alaouite, sous sa présidence, pour diffuser en Afrique les éléments du «développement humain durable». S’y ajoutent les prises en charge du redressement de diverses entreprises: banques, navigation, transport aérien, agriculture…


Energie: Le gros loupé marocain

Emerging Market Forum a mis à son menu un chapitre spécial sur les énergies renouvelables. Elle a évité le sujet du pétrole, dont le continent est pourtant riche: il est déjà mis en coupe réglé par les grandes compagnies pétrolières fortement appuyées par leurs Etats respectifs, qui tiennent dans leurs mains les gouvernements correspondants… Rien à faire dans ce domaine, même les populations de ces pays n’en profitent pas.En revanche, l’énergie renouvelable est libre: elle a de fortes potentialités en Afrique (vent, soleil, eau, bio-masse et agriculture) qui peuvent se décliner en investissements industriels locaux, avec des financements rentables.Autant sur le plan financier, le Maroc est à la hauteur des besoins africains, autant sur le plan énergétique, il est au-dessous de tout. Il ne sait même pas s’il aura assez d’électricité l’été prochain ou encore, il est incapable de prendre une décision claire sur le changement d’heure! Sans visibilité dans son propre pays, comment le Royaume aurait-il quelque chose à proposer à l’échelle du continent?N. S.---------------------------------------------------(1) L’Economiste faisait partie des invités, en tant que participant. Nous avons cependant obtenu l’autorisation de parler des travaux à nos lecteurs sous réserve que le nom de l’intervenant ne soit associé ni à une idée, ni à une citation. C’est ainsi que fonctionnent le plus souvent les think tank. Emerging Market Forum est l’émanation d’un groupe de consulting, Centennial, qui accompagne les pays émergeants dans leurs réformes et conseille les investisseurs.

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