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    Emergence boursière : Le déclic de la crise de l'endettement du Tiers-Monde

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager

    A quelque chose malheur est bon. La crise financière de l'endettement intervenue au début des années 80 a bouleversé le système d'intermédiation financière mondial. Tant et si bien, que de nombreux pays, notamment latino-américains, ont développé de nouveaux produits financiers, dynamisant ainsi leurs bourses.


    La définition d'un marché émergent souffre toujours d'un manque de précision. Les spécialistes internationaux ont retenu quatre critères: dynamisme du marché boursier, non appartenance aux pays développés, attrait pour les investisseurs étrangers et publication d'informations fiables. Pour M. Mohamed El Abdaimi, auteur de l'ouvrage "Maroc: pays émergent?", "les conditions de l'émergence sont liées essentiellement aux bénéfices escomptés sur un marché, de même qu'à la stabilité des politiques économiques et aux perspectives de croissance future". De plus, précise l'auteur, "l'intérêt des bourses émergentes ne réside pas seulement dans leur dynamisme interne, mais tout autant dans leurs capacités à capter les capitaux étrangers".
    L'International Finance Corporation (IFC) a retenu, conformément à cette définition, un critère quantitatif. Il s'agit du seuil minimum de capitalisation boursière qu'elle a fixée à 1,5 milliard de Dollars en 1991. Sur la base de ce critère, 20 bourses se sont avérées émergentes avec en tête le Mexique pour l'Amérique latine (59,2 milliards), la Malaisie pour l'Asie du Sud-Est (62,1), Taïwan pour l'Asie de l'Est (146,2) et la Turquie pour la zone Europe/Moyen-Orient/Afrique. La capitalisation boursière du Maroc s'élevait alors à 1,42 milliard de Dollars (1$Us=8,8DH en 1991).

    Désintermédiation financière


    "Le phénomène des bourses émergentes ne trouve pas ses explications dans une quelconque histoire de dynamisme boursier antérieur", à en croire M. El Abdaimi. Pour appréhender l'avènement de l'émergence boursière, il faut examiner, selon lui, la transformation de la politique financière intervenue au début de la décennie 80 aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays du Tiers-Monde. C'est en effet à travers l'abandon de la suprématie du financement intermédié pour le financement désintermédié qu'il est possible de comprendre l'émergence boursière.
    Cette émergence s'est effectuée en trois temps, explique l'auteur de l'ouvrage. Il distingue ainsi la période allant grosso modo de 1980 à 1985 et correspondant au démarrage de la désintermédiation. La deuxième étape va de 1985 à 1990 et est singularisée par un renforcement du phénomène de désintermédiation. La troisième phase, qui a débuté cette décennie, correspond à "une véritable éclosion de marchés dynamiques qui attirent les investisseurs étrangers en portefeuille".
    Alors que les années 70 se caractérisaient par d'importants excédents financiers des pays de l'Opep, permettant des financements bon marché compte tenu de l'inflation qui sévissait à cette époque, la décennie suivante a été marquée par un manque de liquidités. Avec l'éclatement de la crise de l'endettement du Tiers-Monde, c'est tout le système de l'intermédiation financière mondiale qui a été ébranlé.

    Nécessitant des financements ne se basant pas sur les ressources monétaires inflationnistes, c'est donc vers un financement par l'emprunt et l'appel à l'épargne que se tourneront les pays occidentaux. D'où l'importance reconnue aux marchés financiers dynamiques et aux bourses domestiques capables de mobiliser l'épargne disponible.
    Les programmes d'ajustement aidant, la crise des institutions financières s'est aggravée. Pour y faire face, des pays ont commencé à émettre des titres "d'un genre nouveau".
    En 1987, le Brésil lança des lettres financières du Trésor rémunérées au jour le jour. L'année suivante, il mettait sur le marché des Obligations du Trésor National indexées sur le taux de change du Dollar et négociables en bourse. De leur côté, les banques commerciales ont mis au point des instruments nouveaux visant à réduire la fuite devant les monnaies nationales. Parallèlement au système bancaire, les entreprises ont conçu des solutions alternatives hors-banque, d'où un fort développement des émissions de titres privés et des intermédiaires en bourse.
    La troisième étape a débuté avec le nouvel intérêt accordé par les investisseurs internationaux en portefeuille aux nouvelles places financières. "Le processus a commencé avec les programmes de conversion des dettes latino-américaines et les fortes décotes auxquelles elles ont donné lieu sur le marché secondaire des bourses internationales". Le dynamisme de ces dernières se renforcera avec le développement des innovations en matière de titres boursiers conçus pour les portefeuilles étrangers: bons du Trésor à échéances courtes libellés et indexés sur le Dollar, obligations émises par les entreprises et indexées sur le billet vert, gestion des bons confiée à des maisons de courtage étrangères...

    Hakima EL MARIKY.

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