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    Elle ne sera pas transformée en salle de billards : La librairie Omar Khayyam change de main

    Par L'Economiste | Edition N°:156 Le 01/12/1994 | Partager

    Un peu salon littéraire, un peu papeterie, la célèbre librairie qui fait face au Lycée Lyautey de Casablanca étouffait sous les traites. Elle a été sauvée d'une reconversion en brasserie ou en salle de jeux.

    Même si le vin était familier au poète-philosophe, il était difficile qu'une librairie qui porte son nom se transforme en brasserie ou en salle de billards. Latefa Amor, propriétaire de la célèbre librairie de Casablanca, avait refusé des offres alléchantes afin que puisse perdurer ce foyer du livre auquel elle s'était attelée à donner une âme.

    Libraire dan l'âme, ayant effectué de nombreux stages de formation et justifiant d'une longue expérience à la Librairie de France, elle a voulu faire aussi de sa librairie un espace de rencontres

    littéraires et artistiques. Ce lieu enchanteur grouillait toujours d'un petit monde devenu fidèle, réuni autour d'une table ronde, savourant un récital de poésies, découvrant un jeune talent...

    Désirant vendre sa librairie à des professionnels, qui prendraient soin de "son bébé", Mme Amor n'aurait pu mieux qu'un duo, M. Jawad Bounouar, qui a le métier dans la peau, et M. Mohammed Bennani, versé dans la publicité et la gestion. M. Bounouar, commissaire au SIEL, rêvait de revenir au métier de la librairie qu'il avait quitté depuis 1987. Après une expérience de vendeur de livres en gros chez Sochepress, il avait dirigé la librairie Céré (Kalila wa Dimna) puis la librairie Agdal à Rabat, avant de créer la maison d'édition Al Kalam, aujourd'hui "en veilleuse" à cause de problèmes financiers.

    La librairie Omar Khayyam a été vendue pour 2,35 millions de DH: 1,5 million de DH pour le fonds de commerce (d'une superficie de 210 m), et 850.000 DH pour les stocks. "Cet investissement aurait été plus vite rentabilisé dans un fast-food ou une téléboutique, mais nous avons opté pour une affaire culturo-commerciale parce que nous y croyons, dit M. Bounouar. Et comme cette librairie n'a jamais perdu de son image de marque, le prix n'est pas si cher payé". M. Bounouar a obtenu une promesse de soutien de la part du Bureau du Livre de l'Ambassade de France. Celui-ci lui verserait une subvention d'une valeur de 300.000 FF, mais M. Bounouar ignore quelle est la part de ce montant qui sera allouée en nature, c'est-à-dire en ouvrages ou en matériel.

    Les rayonnages de la librairie contiennent, dans une fourchette de prix allant de 20 à 900 DH, le livre de littérature, le livre scolaire, parascolaire, le livre de jeunesse, le beau livre, sans oublier la papeterie. Le point fort de l'entreprise reste la pochothèque, mais le livre en langue arabe est peu présent. Par ailleurs, M. Bounouar compte diversifier les créneaux, autant que l'animation. Tout d'abord, il s'agit d'exploiter de manière optimale la position stratégique de la librairie, située juste en face du Lycée Lyautey. "Nous devrons répondre aux besoins des étudiants par le livre scolaire et parascolaire, ainsi que par l'animation de la jeunesse". La clientèle potentielle est constituée également d'enseignants et parents d'élèves.

    Concernant l'animation, l'imagination de M. Bounouar foisonne d'idées: ateliers de contes, expositions de peinture, de photo, de sculpture ou de design, signatures d'auteurs, tables rondes. "Nous voulons assurer la continuité de foyer artistique institué par Mme Amor tout en apportant nos touches personnelles". De même il compte enrichir les rayons et en créer de nouveaux, de manière à offrir au client un choix varié de produits de la culture tous azimuts. Désireux d'intensifier le rayon de la littérature en accordant notamment une place privilégiée au livre marocain, d'introduire celui de sciences humaines, d'économie et de management, et progressivement le livre arabe, il veut aussi créer un rayon musique et un rayon vidéo, "Nous vendrons des cassettes et des compact-disques de musique classique, de musique contemporaine et de musique marocaine de grande qualité", projette M. Bounouar.

    Tout en conservant les fournisseurs traditionnels de la librairie Omar Khayyam, les nouveaux propriétaires comptent ouvrir des comptes chez de nouveaux éditeurs français pour des exclusivités, des éditeurs belges. Ils démarcheront probablement avec des éditeurs du Canada, s'ils arrivent à trouver une solution pour le prix du transport des ouvrages en provenant de ce pays. "L'avantage pour le libraire marocain est que l'importation du livre n'est pas soumise à des droits de douane et les procédures d'importation sont simples et fluides, surtout en ce qui concerne l'axe Casablanca-Rabat", M. Bounouar estime que la librairie devra atteindre un rythme d'équilibre d'ici une année et il rêve de fonder une chaîne de librairies à travers le Royaume.

    B.L.

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