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Electricité: l'industrie veut éviter les coupures

Par L'Economiste | Edition N°:53 Le 12/11/1992 | Partager

Une circulaire été diffusée ces jours-ci par l'ONE à l'ensemble des abonnés industriels. Elle appelle à l'auto-organisation, pour éviter le déficit entre 18 et 20 heures. Sinon, ce sera des coupures sans préavis. Sécheresse et retard dans les équipements ont aboutit au déficit du potentiel.

Les entreprises industrielles on reçu, ces derniers jours, une circulaire de l'ONE, les appelant à réduire leur consommation aux heures de pointe Celles-ci se situent entre 18 et 20 heures, plage horaire où la consommation industrielle, se juxtapose à la consommation domestique et à l'éclairage public. Des coupures seront appliquées si les industries ne "s'effacent" pas aux périodes de pointe. L'ONE demande donc explicitement à ses abonnés "de prendre des mesures permettant de réduire la puissance appelée aux heures de pointe, pour l'adapter aux possibilités des productions, le besoin en dehors de ces heures étant totalement satisfait".

Il ne s'agit pas d'économies d'énergie, encore moins de diminution de l'offre d'électricité. L'ONE calcule au contraire qu'elle en fournira 8% de plus qu'en 1991. Ce n'est donc pas la demande globale qui pose problème, mais sa répartition. C'est une réorganisation de l'appel d'électricité, vers la journée ou vers la nuit.

De 22 heures à 7 heures, la tarification inférieure de 20% à la normale compenserait les surcoûts éventuels (primes de nuits, heures supplémentaires) de la réorganisation.

Les dirigeants de l'ONE expliquent qu'ils doivent, quotidiennement, gérer un déficit de 100 Mégawatts, entre l'offre existant sur le réseau inter-connecté et la demande.

En matière d'électricité, l'adéquation du marché est instantanée, en temps réel. L'électricité ne se stocke pas. D'où, précise la circulaire, "la nécessité impérative de sauvegarder la sécurité de fonctionnement du réseau national". Des initiatives particulières sont attendues "librement consenties et respectées par les abonnées". Il ne s'agit plus de compter sur le voisin. En l'absence d'auto-discipline, de "civisme", selon l'expression des dirigeants de l'ONE, l'office "se verra contraint à des coupures totales de leurs installations sans préavis préalable". L'ONE, constatant son déficit à 18h, demandera aux régies, de désigner un des postes haute tension, une "ligne de départ" pour la coupure. Les régies choisiront probablement, et en priorité les zones industrielles fortement consommatrice ou ne comportant pas d'établissements à risque (hôpital, clinique...).

L'Office ne pourra intervenir que par régies interposées, celles-ci absorbant 52% de la production (400 Mégawatts pour Casablanca) et distribuant elles-mêmes le courant, sur plusieurs consommateurs, industriels ou domestiques, à partir de ces "lignes de départ". La circulaire évoque les raisons de ces coupures éventuelles, afin que les usagers n'aient pas le sentiment d'arbitraire. Elle rappelle les effets de la sécheresse et les retards de livraison des équipements de production électriques.

Trois phénomènes se sont conjugués pour aboutir à cette situation. D'abord, et c'est la cause la plus connue, la sécheresse a empêché la reconstitution de stock d'eau dans les barrages. En matière hydraulique, la saison 91/92 est la pire que le Maroc ait jamais connue depuis les années 40: en-deçà des années 80, en matière d'apport hydraulique. Depuis une décennie, les 4 grands barrages, Bin Elouidane, Idriss 1er, El Massira et Ouad El Makhazine n'ont jamais été remplis à plus de 70%. La puissance installée, qui dépend de la "hauteur de chute", est de 680 Mégawatts pour l'ensemble des barrages, quand ils sont pleins. En ce début Novembre, cette puissance potentielle n'est que de 430 Mégawatts. Il manque donc 250 Mégawatts, près de 40% du potentiel théorique. De plus, ce potentiel de 430 Mégawatts est utilisé, non en fonction des besoins électriques, mais de ceux de l'agriculture, de l'irrigation. L'économie d'eau prévaut désormais dans la gestion des barrages. Il faut prévoir le pire, une saison sèche 92/93. Paradoxe, s'il pleut, il y aura moins de production électrique, car il y aura moins d'appel d'eau pour l'irrigation. L'électricité hydraulique est tributaire des besoins de l'agriculture. C'est pourquoi certains nouveaux aménagements sont conçus pour réduire cette dépendance. La centrale sur la galerie de Matmata, dans la région de Fès, devait produire du courant en amont du barrage pour les heures de pointe dés 92. Elle sera livrée avec 2 ans de retard, pour des raisons de mise en place de financement. Son potentiel aurait été de 240 Mégawatts, alors que le déficit actuel est de 250 Mégawatts. Les centrales "turbines à gaz" (qui fonctionnent en fait au fuel) de Mohammadia (2x100 Mégawatts) et Tan-Tan (100 Mégawatts) ont connu des retards de 18 mois. Les autres programmes d'équipements thermiques sont accélérés pour résoudre les problèmes à terme, assure l'ONE. Car l'électricité thermique restera la base, et l'hydraulique l'appoint. La centrale de Tétouan (100 Mégawatts) qui devait être livrée en 1995 est l'objet d'une procédure accélérée pour une mise en service en Janvier 94. Une négociation a lieu pour une centrale de 100 Mégawatts à Tit Mellil, à livrer en 13 mois, début 94. Les possibilités de connexions avec l'Algérie devraient être portées à plus de 100 Mégawatts, grâce à la construction d'une 2ème ligne Oujda-Tlemcen. La connexion avec l'Espagne est également activée. Les appels d'offres sont lancés, l'entreprise qui posera les câbles sera choisie dés Janvier. L'interconnexion est prévue pour Octobre 1993. Quant à l'énergie atomique, il faudra attendre l'an 2000 pour son lancement, et l'an 2010, au plus tôt, pour sa mise en service.

K.B.

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