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    Electricité: Le privé gagne du terrain dans la production et la distribution

    Par L'Economiste | Edition N°:468 Le 22/03/1999 | Partager

    · Un an et demi après le coup d'envoi de la concession de Jorf Lasfar, c'est la grande satisfaction
    · Un incident pittoresque: Un banc de poissons vient déranger l'exploitation
    · Les tranches III et IV en avance par rapport au planning


    LE Maroc reste un cas unique au Maghreb où l'expérience des concessions dans le secteur électrique est aussi avancée. En amont, une brèche a été ouverte dans le monopole de production de l'ONE et en aval une autre dans le monopole de la distribution des régies. Un an et demi après le démarrage des concessions dans le secteur, le bilan est plutôt positif. L'expérience de Jorf Lasfar en amont pour la production d'électricité est citée d'ailleurs comme un cas d'école. Les tranches I et II fonctionnent comme prévu. "Les termes du contrat et les objectifs assignés par la société Jorf Lasfar Energy Company (JLEC) dans le cadre du projet pour cette période ont été atteints", précise M. Fouad Amor, directeur administratif et financier de JLEC. Ces tranches sont jugées performantes. Les difficultés rencontrées par l'entreprise sont classiques."Il s'agit d'exploiter deux unités de production d'électricité qui nécessitent des entretiens permanents et une maintenance continue des équipements d'une technologie avancée". Le concessionnaire sait qu'il n'a pas droit à l'erreur. Pourtant, un incident assez pittoresque est survenu. Un banc de poisson est venu déranger le circuit de refroidissement. Plus de peur que de mal, l'exploitation des unités n'ayant pas été compromise. Les unités I et II contribuent aujourd'hui pour 4.938 gW/h, soit 49,7% de la production thermique et 42% de la production totale de l'ONE. La part du privé est de plus en plus grande et elle est appelée à s'accroître après la construction des tranches III et IV d'une capacité de 330 mW chacune, et les concessions à venir (Tahaddart, Koudia Al Baïda...). La responsabilité de JLEC devient ainsi de plus en plus lourde. "C'est pourquoi nous avons élaboré des plans de travail consistant à investir aussi bien dans les ressources humaines par la mise en place de programmes de formation continue et d'échanges d'expérience avec ABB et CM (les deux sociétés membres du consortium adjudicataire du projet), que dans la planification précise de l'entretien de la centrale et la maintenance de son matériel, afin de garantir une production d'électricité contractuelle permanente et régulière". Le groupe doit faire face à une triple exigence, respecter les engagements envers l'ONE, satisfaire les bailleurs de fonds et respecter l'environnement.
    Le planning de réalisation des tranches III et IV se déroule comme prévu. "A ce jour, nous sommes arrivés à la moitié du programme de construction et de mise en service", précise M. Amor. Il est même probable que ces tranches soient livrées quelques mois avant la date prévue, à savoir juin 2000 pour la tranche III et décembre pour la IV. Le projet reste le plus gros. La construction des deux tranches représente 620 millions de Dollars.


    · La gestion déléguée de Casablanca, près de deux ans après
    · 9 milliards de DH à investir dans l'électricité

    Avec l'octroi de la gestion déléguée des services d'eau, d'électricité et d'assainissement à un groupe privé, l'Etat a ouvert une autre brèche dans le monopole de la distribution d'électricité. Actuellement, près du tiers de l'électricité distribuée est privé. Cette part est appelée à croître avec les concessions qui sont dans le pipe (Tanger, Marrakech). L'extension de ce mode de gestion démontre que les pouvoirs publics y croient. Près de deux ans après l'octroi de la première concession au Maroc, quel est le bilan côté électrique? Le privé, à savoir le groupe Lyonnaise des Eaux qui est le premier gestionnaire délégué, se dit plutôt "satisfait de l'expérience". Bien que l'électricité n'ait pas été le cheval de bataille pour obtenir cette gestion déléguée, c'est la branche d'activité qui a été la plus sujette à polémique, tant au moment des négociations qu'après la conclusion de l'accord. Les investissements dans ce domaine pour toute la durée du contrat (30 ans) sont de 9 milliards de DH, soit un tiers de l'enveloppe globale dont le gros volet va à l'assainissement.
    Des actions spectaculaires, à l'instar du volet assainissement au moment des inondations, il n'y en a pas..., sauf peut-être l'alimentation en électricité en février 1998 de 30.000 foyers dans le bidonville de Ben M'Sik. Néanmoins, ce secteur n'est pas négligé et depuis son arrivée, la Lydec a investi 320 millions de DH. Elle ne l'a pas fait sur des projets visibles, mais stratégiques comme la sécurité notamment. Celle-ci a été au coeur de ses préoccupations dès le démarrage de la concession.
    Pour le consommateur, ces investissements ne sont pas visibles, à part le creusement de quelques tranchées un peu partout dans le ville et une facture un peu plus salée. En fait, durant les premières années de la gestion, la priorité va à l'organisation. C'est ainsi que la Lydec prépare un schéma directeur de l'électricité de la ville qui doit lui servir à la fois "à alimenter dans le temps l'agglomération de Casablanca et à maximiser le rendement des investissements et la fiabilité du réseau", précise M. Guy Canavy, directeur général de la Lydec. Celui-ci est en cours d'élaboration avec EDF et doit permettre aux autres intervenants dans les infrastructures (comme Itissalat Al-Maghrib) de ne pas toucher aux câbles électriques durant leurs opérations. Le nouveau groupe privé a prévu également un plan de crise dans le cas où un poste de transformation devait être défaillant.
    Le gestionnaire délégué est arrivé donc avec des objectifs bien arrêtés: améliorer le taux de desserte de la ville. Le but est de parvenir à 95% en 2002 contre un peu moins de 92% actuellement.
    Il prévoit aussi une uniformisation des tensions pour les clients basse tension en généralisant le 220 volts. A son arrivée, 55% des compteurs installés étaient en 110 volts. Près de 80.000 compteurs ont été changés jusqu'à maintenant. Le but à fin 2000 est de mettre 280.000 compteurs aux 220 volts.
    A court terme, il s'agit donc d'abord de fiabiliser le réseau et la facturation avec comme nerf de la guerre, le changement de mentalité. Réussir à faire des "abonnés" de véritables "clients", la Lydec y tient.

    Fatima MOSSADEQ

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