×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Entreprises

Elections des délégués du personnel: La défense des fiefs

Par L'Economiste | Edition N°:46 Le 24/09/1992 | Partager

C'est le facteur temps qui détermine cette année les élections des délégués du personnel, organisées dans la précipitation, avec des "campagnes" souvent bâclées, et qui n'aboutiront pas forcément à traduire le "paysage syndical" du pays.

L'arrêté du précédent Ministre du Travail (un de ses derniers), datant du 17 Juin, ne fut publié que sur le B.O. daté du 3 Août, et diffusé pendant les semaines traditionnelles des congés et fermetures d'usine.

Début Septembre, les entreprises ont appris qu'elles avaient jusqu'au 30 Août... passé, pour réviser et afficher leurs listes électorales. Les vocations de délégués devaient naître en 2 semaines, c'est-à-dire avant le 15 Septembre. Les candidatures déclarées, les chefs d'établissement devaient constituer une commission électorale, avec les représentants de chaque liste, avant le 15. Car cette commission doit annoncer le jour des élections 15 jours à l'avance. Un dépassement, et c'est la porte à tout candidat futé, qui échoue, pour contester les résultats pour vice de forme, introduire des recours pour annulation.

La concurrence, plutôt tiède avant les élections, pourrait renaître.

Car, une enquête auprès d'un certain nombre d'entreprises, de différents secteurs, révèle peu d'enthousiasme comme si un partage préalable des marchés avait eu lieu.

C'est d'abord un partage entre listes syndicales et non-syndicales.

Le Dahir de 1962 créant les délégués du personnel n'évoque jamais le terme "syndicat". Les candidats délégués peuvent être "neutres", ou bien, ils peuvent porter une "casquette" syndicale, conformément à un droit garanti par la constitution. Une liste "neutre" peut donc affronter une liste ou plusieurs listes syndicales. Cette année encore la confusion, l'ambiguïté délégués du personnel, délégués syndicaux est entretenue de part et d'autre. Par certains patrons qui veulent faire obstruction au syndicat, et escamoter ces élections, pourtant obligatoires. Par les syndicats qui veulent faire croire au personnel, qu'hormis eux, il n'y a pas de salut. Résultat, beaucoup de listes, cette année, arrivent uniques, devant le suffrage des salariés. C'est le cas dans bien des établissements bancaires, où les employés n'auront qu'une liste UMT pour tout choix. La Centrale de Mahjoub Ben Seddik semble conforter ses positions, en syndicat unique, là où elle est traditionnellement installée, sans concurrent, sans risque: banques, industrie pharmaceutique, métallurgie, grands hôtels.

Les listes UMT reviennent avec deux ou trois sortants, mais aussi des éléments plus jeunes, critiques envers leurs prédécesseurs, plus enthousiastes. Le syndicat, prudent, prend le soin de demander à l'entreprise des renseignements sur le candidat délégué. La CDT semble conquérir des fiefs de prestige, Somaca (où elle a désormais tous les sièges), Cosumar, ou certaines villes, Mohammadia, ou Fès. Les résultats de la SIOF et de SODERS ont eu droit à la première page de Ittihad Ichtiraki.

Restent les listes indépendantes. Elles sont 9 pour les ouvriers et 5 pour la maîtrise et cadres, dans une multinationale de 1.300 personnes à Ain Sebaâ. La concurrence règne alors. Les dirigeants mettent un point d'honneur à laisser libre cours à la "démocratie". Les multinationales de l'électronique ou de la chimie se targuent de précéder toute contestation, d'offrir à leurs salariés plus que la loi, des couvertures maladie, le dialogue, l'écoute permanente. En définitive, le secteur organisé n'est pas inquiété par ces élections tièdes, où les candidats manquent, les enjeux sont flous.

C'est en revanche la dualité de l'économie marocaine qui paraît à travers ces élections.

Car, à l'autre extrémité figurent les entreprises, moyennes ou petites où la gestion est familiale, personnalisée. Ces élections y sont vues comme des prémisses à l'implantation des syndicats. Les chefs d'établissement, à qui revient l'initiative des élections, exercent des pressions, ou affichent les listes en des lieux invisibles. Résultat, c'est l'absence de candidats rapportée à l'inspecteur du travail par un "PV de carence". D'ailleurs, ces entreprises ne sont pas un terrain pour les syndicats, qui ne s'investissent pas les zones PME ou d'économie informelle. Situation paradoxale pour un industriel: "ce sont ces employés qui ont le plus besoin d'être défendus".

N. B.: Le nombre de délégués à élire varie avec l'effectif: il est de 1 délégué (10 à 25 salariés). 2 (26 à 50), 3 (51 à 100) 5 ( 101 à 250) 7 (251 à 500), 9 (501 à 1.000) et un délégué supplémentaire pour une tranche supplémentaire de 500. Il y a autant de suppléants que de délégués.

K.B.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc