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    Politique

    Elections communales
    Rajeunissement du corps électoral

    Par L'Economiste | Edition N°:3044 Le 11/06/2009 | Partager

    . Sur les 1.640.000 nouveaux inscrits, 60% ont entre 18 et 35 ans. Au total, ils représentent 32% des électeursCoup de jeune pour le corps électoral! Les moins de 35 ans constituent 32% des 13.360.219 personnes appelées à voter ce vendredi 12 juin. Principale raison: l’abaissement, initié par le Souverain en octobre 2008, de l’âge d’éligibilité à 21 ans au lieu de 23. Pour rappel, quelques années plus tôt, l’âge du vote avait été ramené, lui, à 18 ans. En fait, le rajeunissement du corps électoral peut être apprécié à deux niveaux. Primo: la ventilation par tranches d’âges indique que 60% des nouveaux inscrits, soit 1.640.000 personnes, sont âgés entre 18 et 35 ans. Les 40% restants ont entre 36 et 60 ans.Secundo: 60% du corps électoral appartiennent à la tranche d’âge des 18-45 ans, dont 32% sont âgés de 18 à 35 ans, alors que les plus de 45 ans représentent 40%. Les deux tiers des électeurs sont donc âgés de moins de 45 ans. Globalement, les chiffres dénotent sans conteste un net rajeunissement du corps électoral. Selon le ministère de l’Intérieur, l’opération de révision exceptionnelle des listes électorales qui a eu lieu entre janvier et février derniers a ainsi débouché sur l’établissement d’un corps électoral «fidèle à la réalité». Aux yeux du département de l’Intérieur, le rajeunissement du corps électoral induit un regain d’intérêt des jeunes pour la chose politique. Par conséquent, leur vote et leur implication aux prochaines communales seront déterminants.Sauf que «la proportion de 32% de jeunes dans le corps électoral ne signifie pas forcément leur implication dans la vie politique. Car au Maroc, on fait toujours l’amalgame entre action politique et action partisane». Le propos est de Mohamed Darif, politologue. «Si on entend par action politique l’intérêt des jeunes pour les grandes problématiques du pays ou encore pour l’actualité internationale, l’on peut dire qu’il y a une forte politisation des jeunes. La preuve: leur participation massive aux diverses manifestations ou aux débats politiques sur internet», argue le chercheur. En revanche, si pour le département de l’Intérieur, l’implication des jeunes signifie la participation à l’action partisane, là, les choses changent. En effet, l’adhésion des jeunes aux partis politiques reste faible. Pour Darif, «le nombre de jeunes qui assument des responsabilités au sein des instances dirigeantes des partis politiques demeure insignifiant puisque, dans leur majorité, les formations sont dirigées par des caciques au moins sexagénaires», note le chercheur. «Il s’agit de mandarins que personne ne va remplacer», comme le fait remarquer Abderrahmane El Bouhmidi, professeur universitaire. Autre particularité du paysage politique marocain, même les organisations parallèles, dites jeunesses des partis, censées encadrer les jeunes, sont dirigées par des leaders dont l’âge dépasse parfois la cinquantaine.

    Taux d’abstention élevé
    Selon une enquête menée par L’Economiste en 2006, à peine 5% des jeunes s’identifient à un courant politique. Les 16-20 ans sont un peu plus «je-m’en-foutistes»: 98% contre 93% pour les 21-29 ans.Mais à quoi peut-on attribuer le désintérêt des jeunes pour l’action partisane? «Le désengagement des jeunes s’explique aussi par l’image ternie des partis qui sont devenus des instruments pour des ambitions personnelles et n’incarnent plus un projet politique», explique Darif. D’autant plus que le Maroc compte une trentaine de formations. Néanmoins, ces partis ne disposent pas de 30 programmes ni d’autant de projets de société. A la veille des communales, il serait intéressant de s’interroger sur le poids réel du vote des jeunes. Selon Darif, «il pourrait avoir un impact non négligeable, mais le problème, c’est que nos jeunes sont encadrés par les islamistes, qui, eux, prônent l’abstentionnisme». D’ailleurs, l’enquête de L’Economiste avait révélé que les conservateurs religieux sont les plus actifs sur le plan politique parmi les jeunes. Ils représentent 45% des 776 jeunes sondés. Autrement dit, poursuit le politologue, le rajeunissement du corps électoral pourrait plutôt avoir une influence indirecte à travers un taux d’abstention assez élevé auprès des jeunes.Hassan EL ARIF
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