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Politique

Elections communales “suites” et “faim”
Après l'euphorie, le désarroi
Par Najib Mikou, président d'Alliance-Pro

Par L'Economiste | Edition N°:1623 Le 15/10/2003 | Partager

Après qu'on ait cru, l'espace de quelques jours, que le peuple marocain et la démocratie ont fini par avoir raison de quarante ans de falsification systématique et de mépris de la volonté des citoyens, c'est finalement l'Etat et l'Etat seul qui est sorti grand vainqueur du scrutin du 12 septembre dernier. Il a réussi à garantir une compétition électorale loyale entre les partis et à organiser un scrutin transparent. Il n'a pas fallu plus de dix jours, juste le temps d'un deuxième round du scrutin dit des grands électeurs, pour que tout bascule et que la bestialité des intérêts étriqués d'individus et de partis, l'emporte de la façon la plus abjecte, sur les valeurs de la démocratie et le respect du citoyen.Ce n'est plus maintenant la machine réputée cynique, diabolique et infernale de l'Etat qui manipule, falsifie et façonne à souhait les cartes politiques et les majorités impopulaires. Ironie du sort, il n'en a plus besoin. Le pourrissement ayant atteint son paroxysme au cœur même d'une classe politique effritée, toutes ces sales manœuvres ont aujourd'hui changé de main pour devenir le métier prisé de mafieux promoteurs d'une certaine politique, sous couvert de parti…cules sans scrupule.Leur raison inavouée, mais très connue du peuple ? une course effrénée pour un ‘'pouvoir'' rendu par l'impunité, la médiocrité, le clientélisme, les alliances tribalo-familiales, les salamaleks et la prostitution politique, le chemin le plus court vers l'ascension financière et sociale. Leur moyen très convoité? La… démocratie et son corollaire notre voix dans l'urne. Oui, notre voix de pauvres citoyens atteints d'amnésie chronique, s'accrochant au plus fragile des fils d'une toile d'…espoir, porté par celui qui nous miroite le mieux des potions magiques à même de nous délivrer de nos maux déshonorants: la précarité, le chômage, l'analphabétisme, la pauvreté, l'apartheid régional, l'injustice. Et ils osent nous hâbler de civisme, d'altruisme, de citoyenneté, de conscience, d'intérêt général!! C'est un lexique ringard, démodé, dépassé pour ces moins que rien de “conseillers'' d'eux-mêmes, de poly-tics véreux, répugnants et maudits de la conscience collective. Ils sont de fervents promoteurs d'une ère dont la majorité des citoyens ne peuvent s'y reconnaître. Une ère de la déchéance, de la barbarie, de l'opportunisme à outrance, du chacun-pour-soi, de l'égocentrisme, du “rien que moi'' et après moi le déluge, du ‘'real social'', du ‘'tout se vend et s'achète'' dont les corps et les âmes du pays fonds de commerce, vache à lait, du peuple bon à tout en faire.La prolifération du marché très lucratif d'achat des voix des grands électeurs, que nous avons appréhendée dès le lendemain de l'annonce des résultats du 12 septembre, a bel et bien eu lieu. Les quartiers généraux de partis politiques que nous avons interpellés pour qu'ils fassent preuve de la plus grande vigilance pour que les coalitions ne soient pas basées sur le principe du plus offrant, ni d'intérêts courtermistes et étriqués, ont donné des consignes contre-nature, ou se sont avérés pour le moins dépassés par l'appétit sauvage de leurs élus sur le terrain. Le gouvernement qui affichait une solidarité et une assurance sans faille avant, pendant et après le scrutin, a été réduit en quelques jours à un sigma de partis disparates dont la force est beaucoup plus numérique que stratégique. Quant à l'Administration centrale et locale que nous avons implorée pour qu'elle aille jusqu'au bout d'une mission qu'elle a assumée avec succès le 12 septembre, elle a certes sévi, mais elle s'est vu vite déborder par l'ampleur d'enjeux et de tensions qui ont fait fi des préceptes élémentaires de la démocratie à laquelle tout le monde dit pourtant se référer.Notre fête de la démocratie a donc été écourtée, faussée, gâchée. Au seul ‘'détail'' près que cette fois, elle ne l'a pas été par la faute de l'Etat, mais par manque de démocrates. Des composantes de la classe politique ont renforcé, par leurs condamnables agissements, les thèses et arguments de ceux qui ne se sont pas rendus aux urnes ni le 27 septembre 2002, ni le 12 septembre 2003. Elles ont même fait jouir ceux qui invoquaient quarante ans durant, notre sous-développement et nos réflexes primitifs qui font de nous un misérable peuple ayant plutôt besoin de pain, de fer et de feu que de démocratie. Face à ce sort pitoyable, que ni les huit millions d'électeurs qui ont voulu encore y croire, ni les ambitions de tout un peuple pour un avenir meilleur, ne méritent vraiment pas, nous devons avoir suffisamment de courage et de franchise pour nous demander, sans démagogie ni émotivité, si le mode de gouvernance ‘'Démocratie'' est le moyen qu'il nous faut aujourd'hui pour assurer ici et maintenant à tous nos concitoyens honneur, liberté responsable et prospérité équitablement partagée. Mais pourquoi en est-on arrivé jusqu'à nous poser une si grave question? C'est tout simplement parce que l'Etat a cru, ou voulu nous faire croire que la démocratie était juste le fait pour lui qu'il assure une compétition loyale entre les partis et une transparence des opérations de vote. Et parce que des partis et leurs protégés ont cru ou voulu nous faire croire que la démocratie était une tombola où chacun, après avoir empoché son ‘'butin'', peut en faire arbitrairement ce qu'il veut. La démocratie est, certes, le mode de gouvernance qui permet la pleine expression de la volonté populaire se traduisant par l'élection d'institutions représentatives. Mais elle est également le mode de gouvernance le moins mauvais que l'humanité ait connu et que des peuples aient choisi jusqu'à présent, qui garantit l'éclosion du génie humain, le développement permanent des libertés, l'égalité des chances aussi bien entre les personnes que les régions, le contrôle de la gestion administrative et financière des institutions élues, par un Etat compétent et intègre, la sanction populaire et la garantie par un Etat fort et impartial, de la suprématie de la loi. Faut-il y renoncer parce que nous sommes pauvres, analphabètes et sous-développés ? Faut-il y renoncer parce que des avides de pouvoir à mal escient, des psychotiques ou autres malfrats, veulent l'adapter à leur guise et l'utiliser pour leur compte ?Le moment du coup de balai a sonné. Le Maroc n'a d'alternative à la démocratie que la démocratie elle-même. Mais, on ne peut pas faire de démocratie sans un Etat puissant qui assume ses responsabilités, toutes ses responsabilités et dans tous les domaines avec impartialité, compétence, intégrité et fermeté. Un Etat comptable de tous ses actes. Un Etat qui garantit la compétence, le patriotisme, la probité et l'obligation de résultats de tous ses commis. Un Etat qui audite systématiquement les comptes et les résultats de toutes les institutions élues. Un Etat qui applique scrupuleusement la loi. Un Etat, enfin, qui distribue et régule équitablement les deniers de la nation. On ne peut pas faire de démocratie avec un mode de scrutin qui favorise des institutions arc-en-ciel, qui favorise la création de nouveaux partis, chacun étant assuré de sa part du gâteau, qui renforce l'effritement du champ politique et la perte de repères chez les citoyens.On ne peut pas faire de démocratie avec un champ politique balkanisé comptant 26 partis dont une vingtaine s'apparentant plus à des parti…cules ou des fonds de commerce à court de clients. On ne peut pas faire de démocratie sans loi qui fixe le mode de fonctionnement, le financement et le rôle des partis politiques. On ne peut pas faire de démocratie sans démocrates et donc sans partis organisés, représentatifs, forts, déployés à travers tout le territoire aux côtés des citoyens, comptables de leur moindre comportement et de celui de leurs militants et élus, et dont la dynamique interne permet le renouvellement démocratique de leurs élites sur les bases de l'intégrité, du militantisme et de la compétence, et le renouvellement de leurs idées à travers leur ouverture sur l'intelligence et l'expertise de toutes leurs potentialités et sur l'expérience universelle. Des partis qui donnent le meilleur d'eux-mêmes, bataillent honnêtement et dignement pour mériter la confiance du peuple et d'être portés aux commandes d'un gouvernement pleinement responsable, dans une optique unique: appliquer leurs choix et engagements pour que notre Maroc se développe et que nos concitoyens vivent dans la dignité, la liberté responsable et la prospérité équitablement partagée.

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