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Politique Internationale

Election de miss Colombie sur fond de guerre civile

Par L'Economiste | Edition N°:643 Le 22/11/1999 | Partager



· Pendant 15 jours, la guerre et la violence sont oubliées au profit de l'élection de miss Colombie
· "Lipoaspiration de l'esprit et extraction des toxines spirituelles, pires que la cellulite", proposées aux candidates par un prêtre


La splendeur du 90-60-90 au Royaume de la beauté a fait oublier samedi dernier aux 40 millions de Colombiens, l'espace d'une soirée, l'horreur des 7.65, 6.35 et autres calibres dans leur enfer quotidien de violence, grâce à l'élection de miss Colombie.
Le sacre de Catalina Acosta, jolie brune aux yeux verts de 21 ans, aura ponctué à Cartagène, sur la côte-atlantique, deux semaines de défilés, présentations, interviews et séances de photos pour les 21 prétendantes à la couronne, dans un déferlement médiatique au moins égal à la couverture des négociations de paix avec la guérilla.
Ce phénomène de société n'a jamais été interrompu en 65 ans d'existence, même par les drames les plus sévères, comme en 1985, lorsque les coulées de boue à Armero avaient enseveli 25.000 personnes dans la capitale locale du coton. De l'humble récoltant de café jusqu'aux élus, en passant par les cadres ou les femmes au foyer, aucun Colombien n'aura résisté durant 15 jours à l'envie de donner son pronostic sur la future reine, qui n'est pas d'un jour. La gloire du sceptre permet en effet à l'élue, outre le prix de 7.500 Dollars et des voyages autour du monde, de vivre de son image, notamment dans des programmes de télévision.
Pour faire partie des 21 prétendantes au "royaume de la beauté", ainsi baptisé en Colombie, les jeunes femmes, toutes étudiantes, n'ont parfois reculé devant rien, y compris le bistouri de la chirurgie plastique ou la silicone des sculpteurs de formes. A l'exception toutefois de la nouvelle reine. "Je n'ai besoin d'aucune opération, car j'ai un corps presque parfait", a rétorqué Catalina Acosta dans un entretien au quotidien El Espectador. Cette Bogotanaise à l'interminable bouche n'a eu de cesse de rappeler ses hésitations avant sa plongée dans le monde des miss. Etudiante en droit, elle préparait un partiel quand un proche a réussi à la persuader de tenter sa chance. Elle avait même emprunté la robe d'une amie pour se présenter au concours de "Mademoiselle Cundinamarca", le département dont elle était l'élue.
Fervente catholique, elle avait reçu la bénédiction du Père Gonzalo Gallo avant l'événement. Ce prêtre avait proposé aux candidates, selon l'hebdomadaire Cromos, de "leur faire une lipoaspiration de l'esprit et d'extraire les toxines spirituelles, pires que la cellulite".
"Cette folie pour l'élection fait partie de notre idiosyncrasie, qu'on l'aime ou qu'on la déteste!", reconnaissait ce haut-fonctionnaire de l'Etat à la veille du sacre, en feuilletant l'un des magazines dédiés à l'événement. Ces revues n'ont pas manqué de rappeler les mensurations des candidates, soit, à un ou deux centimètres près, le fatidique 90-60-90 des poitrines taille-bassin. A peine la question "et votre favorite ?" lui avait-elle été posée samedi matin, qu'un sourire de bonheur illuminait Livardo, chauffeur de taxi à Cali. "Notre candidate, Carolina Cruz, bien sûr ! Il ne lui manque rien, ni les formes, ni l'intelligence", s'était-il exclamé. Il devra attendre l'an 2000 pour espérer voir couronnée sa préférée. "Pendant que l'on parle de miss Colombie, le peuple oublie la guerre civile, mais c'est dommage de se consacrer davantage à ces futilités qu'aux problèmes urgents", regrette Gloria, consultante d'un portail Internet.
Dans un pays où plus des deux-tiers des travailleurs ne gagnent que le salaire minimum mensuel de 110 Dollars, chacune des candidates a dû dépenser quelque 3.000 Dollars pour sa seule robe de gala. Certaines ont été subventionnées par leur département.


Paquet de dynamite


La guerre civile a déjà fait plus de 120.000 morts depuis 1964 dans le pays, où les attentats, enlèvements et affrontements se poursuivent sans trêve. L'explosion d'une voiture piégée la semaine dernière à Bogota a fait 7 morts et une quarantaine de blessés. 8 personnes avaient déjà été blessées mardi par une bombe dans la capitale. Même la soirée de l'élection n'a pas été épargnée. Trois ouvriers de la succursale du quotidien de Bogota El Tiempo à Cali ont été légèrement blessés samedi dans l'explosion d'un paquet de dynamite.

Nadia BELKHAYAT (AFP)

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