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Economie

El Jadida: Les carrières de sable s'épuisent

Par L'Economiste | Edition N°:1619 Le 09/10/2003 | Partager

. Les dernières autorisations d'exploitation arrivent à terme. Les entreprises immobilières ralentissent leurs chantiers pour manque de sable. De nouvelles carrières devront entrer en service Les carrières de sable autorisées ont épuisé toutes leurs ressources. Il s'agit plus précisément de 15 carrières qui étaient en exploitation aux abords du littoral de la province. C'est du moins ce qu'indiquent les autorités de la ville. La seule carrière privée restée encore ouverte se trouve sur le territoire de la commune de Haouzia à une dizaine de kilomètres au nord de la ville. Quelques semaines auparavant, une autre carrière dans la région d'Ouled Ghanem a été fermée par une commission provinciale pour infractions (non-respect des bornes délimitant la carrière et signalisations non conformes à la réglementation). Néanmoins, les dispositions de la loi ne s'appliquent pas aux opérations de dragage de l'entreprise Drapor sur l'estuaire de la rivière Oum Er-Rabia. La commercialisation du sable dragué au fond de la rivière permet de compenser les coûts des travaux de la société. Les entreprises immobilières ont été les premières à être touchées par la pénurie du sable dans la région. Ces entreprises ont été obligées de se rabattre sur le sable acheminé depuis la commune Souiria, à une trentaine de kilomètres au sud de Safi. De 1.500 à 2.000 DH le chargement d'un camion (18 m3), les promoteurs immobiliers se sont vu contraindre de débourser presque le double pour la même quantité. En plus du marché local, 70% du sable d'El Jadida approvisionnait Casablanca. D'autres villes comme Settat et Marrakech étaient fournies à moindre mesure à partir de la province d'El Jadida. La fermeture des carrières a entraîné aussi des pertes d'emplois. Plus de 1.500 ouvriers dans le secteur sont actuellement au chômage technique. Ces ouvriers habitués à travailler en alternance par équipe étaient concentrés en grande majorité entre Jorf Lasfar et le territoire de la commune d'Ouled Ghanem, sur une quarantaine de kilomètres. Ils percevaient en moyenne 40 DH par jour chacun. Les habitants vivant non loin des carrières se plaignent de la recrudescence du vol de sable (depuis la fermeture des carrières) pour répondre à une demande de plus en plus forte. Pour contrecarrer ce phénomène, les pouvoirs publics comptent délivrer d'autres autorisations au privé pour exploiter de nouvelles carrières. Au cours de la semaine dernière, une commission provinciale a effectué une tournée dans la région de Ouled Ghanem pour examiner 3 demandes d'ouverture de nouvelles carrières. Deux autorisations d'exploitation ont été accordées pour une carrière de 2 hectares et une autre sur une superficie d'à peine 3.000 m2 à M'Rizika. La troisième demande a été rejetée à cause d'un litige entre les propriétaires. La même commission provinciale vient d'effectuer une visite sur le terrain pour étudier 4 autres demandes dans la région d'Azemmour.A noter que toutes les carrières exploitées depuis 1990 appartiennent à des particuliers. Selon la loi, si l'exploitant n'est pas le propriétaire du sol, il doit produire un acte signé par le propriétaire l'habilitant expressément à exploiter la carrière pendant une durée déterminée. La dernière carrière de sable autorisée en 1990 dans le domaine forestier se trouvait sur le territoire de la commune de Moulay Abdellah, explique Lahcen Essaidi, chef du service provincial des Eaux et Forêts. . Conflit avec les propriétairesLa carrière a été par la suite vendue par adjudication pour la mise en place de la centrale thermique avec ses annexes sur le port. L'administration des Eaux et Forêts s'oppose à toute tentative d'appropriation du domaine maritime à travers l'établissement d'attestations de propriété, fait remarquer Ahmed Benmeryeme, ingénieur dans les Eaux et Forêts. Cette administration est très souvent en conflit avec les propriétaires de terrains limitrophes du domaine maritime. Dans beaucoup de cas, ces propriétaires (exploitants de carrières de sable) puisent dans le sable du domaine maritime qui ne leur appartient pas. Ils profitent des fois du phénomène de déplacement des dunes. Pour faire face au détournement de sable, les dunes ont été fixées par des plantations sur une quarantaine de kilomètres entre la commune de Sidi Abed et la commune d'Ouled Ghanem, explique Lahcen Essaidi. Les premières implantations d'arbre remontent à près de 40 ans déjà. N'empêche, certains particuliers réclament le droit de propriété de lots de terrain sur le domaine maritime. Avec des témoins et après jugement du tribunal, ils parviennent à annexer des parcelles à leur propriété. Ces particuliers affirment que leurs parents ont, par négligence, omis d'immatriculer leurs terrains qui se trouvaient sur le domaine maritime. Cet argument ne tient plus aujourd'hui. Plus vigilantes, les autorités tentent de protéger le domaine public contre toute violation. Mais en cas d'épuisement des carrières privées, l'occupation temporaire des domaines maritime pour extraction de sable pourrait devenir à l'ordre du jour, font remarquer les observateurs. Au nord de la rivière Oum Er-Rabia et jusqu'à Sidi Rahal, sur une quarantaine de kilomètres, les demandes de carrière sont étudiées cas par cas pour ne pas piétiner sur les zones à vocation touristique, précise le responsable des Eaux et Forêts. Par ailleurs, selon la loi relative à l'exploitation des carrières, les bénéficiaires sont tenus de réaménager le site. Au terme du contrat, l'exploitant doit procéder à d'autres réaménagements pour parer aux dangers ou inconvénients qui risquent de porter atteinte à la commodité du voisinage. C'est pour veiller à la biodiversité des ressources et protéger aussi l'environnement. Après l'épuisement de la carrière donc, le propriétaire ou l'exploitant est tenu de réaménager la parcelle pour la rendre utile à l'agriculture. “A défaut, aucune mainlevée n'est accordée et des sanctions sont prévues par les autorités”, atteste un responsable à la préfecture. Le but premier est de rendre la terre cultivable.


Comment exploiter une carrière de sable

La note ministérielle N° 87 du 8/6/94 délimite les conditions de délivrance des autorisations pour l'exploitation d'une carrière. Un cahier de charges est exigé, ainsi que l'acte de propriété avec titre foncier. L'autorisation est aussi accordée sur présentation d'une réquisition ou une “Moulkia”, précise un responsable à la préfecture. Une étude d'impact sur l'environnement est aussi obligatoire. Elle doit être réalisée par un laboratoire agréé par l'Etat (LPEE, TESCO ou autres). Sont également requis, un dossier cadastral ou autres documents pour connaître la situation topographique de la parcelle à exploiter. En principe, aucune autorisation n'est accordée s'il existe une opposition sur le titre foncier ou si la parcelle est boisée (même s'il s'agit d'une propriété privée). L'autorisation n'est pas octroyée en cas de conflit entre les propriétaires ou litige avec l'administration des Eaux et Forêts. A noter qu'il existe 2 commissions provinciales, l'une technique de suivi et de contrôle, l'autre présidée par le gouverneur pour l'octroi ou le retrait des autorisations.. Quelques chiffresDes carrières de sables s'ouvrent en alternance pendant une période de 10 jours, chacune. C'est pour donner la même chance à tous les exploitants. Depuis 2001, un système de contrôle est instauré avec des bons qui sont exigés à chaque contrôle routier par la police ou la gendarmerie. Ceci permet d'identifier l'origine du sable (qui doit être extrait de la carrière en activité pendant les 10 jours). De même, les bons permettent aux transporteurs de justifier que leur marchandise est légale. Ainsi, les exploitants de carrières sont obligés de déclarer le total du volume de sable commercialisé. “Avec ce système de bons, la dotation du cubage déclaré a considérablement augmenté de 200 %”, note un responsable à la province. Les cas de vol ont régressé depuis, selon les autorités. Ces dernières enregistraient 4 à 5 cas de vol par mois auparavant. Cette année, 2 cas seulement ont été repérés. Ceci n'a pas été sans augmenter les recettes fiscales. La taxe communale est de 3 DH le mètre cube de sable extrait. Le payement de la taxe est exigible à la fin des 10 jours pour chaque exploitation. En cas de retard de payement de 24 heures, la carrière est définitivement fermée par la commission provinciale. De notre correspondant, Mohamed RAMDANI

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