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    Economie

    Education, mariages tardifs, contraception, mentalités : Les Marocains veulent moins d'enfants

    Par L'Economiste | Edition N°:167 Le 16/02/1995 | Partager

    Le nombre d'enfants par femme est en baisse continue. IL se situait à 4,2 enfants en 1990. Ce recul s'explique par les mutations profondes de la société marocaine.

    LA population marocaine connaît de profondes mutations: c'est ce qui ressort des résultats préliminaires du recensement de 1994.

    A ce stade de dépouillement des données, ces mutations apparaissent essentiellement au fléchissement du taux d'accroissement moyen annuel de la population. Celui-ci s'établit à 2,06 entre 1982 et 1994. Il atteignait 2,8% entre 1960 et 1982.

    Ce recul du taux d'accroissement de la population est rapporté à la diminution du taux de fécondité. Ainsi, M. Omar Kabbaj, Ministre de l'Incitation de l'Economie, précise que "ces mutations sont dues à l'évolution socio-économique et aux changements des mentalités et des attitudes de la population vis-à-vis de la procréation".

    L'amorce de cette baisse du niveau de fécondité est apparue déjà au cours de la décennie 1970. SI le nombre moyen d'enfants par femme était de 7,2 enfants au début de la décennie 1960 et de 5,9 enfants à la décennie 1980, il n'est plus que de 4,2 enfants en 1990.

    Femmes plus formées

    L'instruction de la femme ainsi que son entrée progressive dans la vie active sont les deux facteurs essentiels explicatifs de cette évolution. L'évolution de la part des filles dans chaque degré d'enseignement a été positive entre les rentrées scolaires 1974-75 et 1989-90.

    Cette part est passée globalement de 34 à 40%. L'accroissement a été plus significatif dans l'enseignement universitaire, de 20 à 37%, et au niveau de la formation professionnelle, de 4 à 24%.

    Planification familiale publique

    En effet, l'ENPFS (enquête nationale sur la planification familiale, la fécondité et la santé) de 1987 a démontré que les femmes dont le niveau scolaire est élevé ont en moyenne moins d'enfants que celles ayant un niveau scolaire inférieur.

    Selon cette même enquête, le taux de fécondité est de 5,2 pour les femmes ne jouissant d'aucune instruction contre 2,34 pour celles ayant poursuivi des études secondaires.

    Par ailleurs, dans l'attente des résultats révélant les indicateurs sociaux professionnels, les différentes enquêtes réalisées par la Direction de la Statistique peuvent être exploitées d'autant plus que les résultats préliminaires du recensement sont venus réconforter les projections des données démographiques. Ainsi, ces enquêtes révèlent que le taux d'activité féminin a évolué entre 1984 et 1991 de 14,7 à 16,7%.

    Il s'en est suivi que l'âge du premier mariage des femmes est passé progressivement de 17 ans en 1960, à 22 ans en 1980 et à 24 ans en 1990. L'élévation de l'âge du premier mariage a donc conduit à la réduction du niveau de fécondité.

    De même, l'intervalle moyen entre le mariage et la naissance du premier enfant ne cesse de s'élargir. Evalué à 21,8 mois par l'enquête mondiale de la Santé en 1979, l'intervalle s'élève à 28,2 mois en 1987 d'après l'enquête nationale démographique, soit un élargissement de 7 mois au cours de la période séparant les deux enquêtes. Outre l'évolution des mentalités, l'espacement des naissances est à rapporter aux succès des programmes de planification familiale. Le taux de prévalence contraceptive, qui était d'un niveau négligeable en 1960, a progressé pour atteindre 22% en 1980 et 42% en 1990. Ainsi, d'après les études effectuées par la Direction de la Statistique, le rapport entre les effectifs des naissances évitées par l'utilisation de moyens contraceptifs et le total des naissances a été de 20% en 1980. Ce taux a été porté à 36% en 1987. Il est également à signaler que les deux tiers des naissances évitées le sont grâce à la contraception pratiquée au titre du programme de planification familiale (secteur de santé publique).

    Un autre facteur un peu étrange, qui explique, selon M. Kabbaj, le recul du taux de la fécondité, est la baisse du taux de mortalité infantile, car celle-ci rassure les parents de ne pas perdre leurs enfants. Le quotient de mortalité infantile (décès avant le premier anniversaire) a ainsi baissé de plus de la moitié, passant de 118,2 pour mille pour la période 1962-66 à 57,4 pour mille pour la période 1987-91. La baisse de la fécondité peut également être expliquée par "l'urbanisation intense que connaît notre pays", précise le ministre de l'Incitation de l'Economie. En effet, le nombre moyen d'enfants diminue de moitié entre le rural et l'urbain. Ainsi, en 1987-88, l'indice synthétique de fécondité est estimé à 5,5 enfants par femme en milieu rural, soit plus que le double de celui enregistré dans les villes qui était de 2,6 enfants par femme. Enfin, le ministre a conclu que les facteurs avancés ne peuvent à eux seuls expliquer le recul du taux de fécondité.

    D'autres raisons peuvent être avancées, selon ce dernier, ayant trait aux conditions économiques et sociales ou bien encore à la stabilité des unions et à la valeur économique de l'enfant...

    L.T.

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