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Editorial

Par L'Economiste | Edition N°:217 Le 15/02/1996 | Partager

Demain


Comment voyez-vous demain? Tel est le thème de l'enquête réalisée par L'Economiste. Une enquête dont les résultats sont le coeur de notre Supplément international sur les idées de demain. La tendance qui se dégage est une marginalisation de la politique d'un côté et une très faible visibilité de l'avenir de l'autre. En effet, à la question: Quelles sont les inquiétudes de demain, moins de 10% des interrogés citent l'intégrisme ou l'instabilité politique. Les questions économiques et sociales sont les préoccupations principales. Cette tendance se confirme puisque, s'agissant des hommes de demain, MM. Fouad Filali et Mohamed Hassad sont cités en premier. Il est curieux de voir à quel point les préoccupations économiques sont dominantes puisque, s'agissant des institutions de demain, les personnes interrogées citent l'ONA, l'OCP et la RAM en premier, le Parlement vient loin derrière.
Il ressort de l'enquête que la société marocaine a des préoccupations essentiellement économiques, le politique étant marginal. Certes, la tendance universelle veut que l'économique prime désormais; cependant, au Maroc, l'incapacité de la classe politique à assumer le présent et l'avenir y est pour quelque chose. En effet, l'enquête a montré que la société marocaine a très peu de visibilité quant à son avenir. A la question "Comment voyez-vous l'avenir?", les réponses sont très floues et énumèrent plus les problèmes que les espoirs.
Partout ailleurs, il est reproché aux hommes politiques d'être des vendeurs de mirages et de lendemains qui changent. Les hommes politiques marocains, par contre, sont essentiellement tournés vers le passé. Il est pour eux la source de légitimité et la référence. C'est peut-être là l'explication de la dépolitisation massive de la société marocaine.

Abdelmounaïm DILAMI

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