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    Economie

    Echanges économiques Maroc-Europe : La France rappelle sa place de leader

    Par L'Economiste | Edition N°:168 Le 23/02/1995 | Partager

    La pole-position de la France dans les échanges économiques du Royaume est jusqu'à présent maintenue. Mais le forcing d'autres partenaires se fait de plus en plus pressant, notamment celui de l'Espagne et de la Grande-Bretagne. Pour leur part, les responsables marocains souhaiteraient aller vers un partenariat avec les entreprises des deux pays.

    A défaut d'évoluer pour l'instant vers le partenariat auquel la partie marocaine appelle de ses voeux, les relations entre la France et le Maroc se caractérisent par une stabilité positive, pour paraphraser M. Henri de Coignac, ambassadeur de France au Maroc. Il en veut pour preuve le maintien en valeur absolue de l'aide publique au développement allouée au Maroc en dépit de l'élargissement des pays éligibles et donc bénéficiaires. Les relations franco-marocaines seraient entrées dans une logique de compétition internationale en raison des besoins de restructuration des économies en transition de l'Europe centrale. La France s'efforce d'intégrer son action de coopération bilatérale dans le contexte plus large de celle conduite par l'Union Européenne avec le Royaume. Une coordination s'effectue régulièrement avec les services de la Commission à Bruxelles afin d'éviter le chevauchement des domaines d'intervention.

    Par ailleurs, certains pays concurrents se montrent plus dynamiques, notamment la Grande-Bretagne et l'Espagne, qui pourraient à terme grignoter les positions de la France qui reste à l'heure actuelle le premier partenaire économique du Maroc. Ce sont là les quelques points saillants qui ont été évoqués au cours du débat sur le bilan et les perspectives des relations franco-marocaines à la Chambre Française de Commerce et d'Industrie du Maroc le jeudi 16 février 1995.

    Premier client et fournisseur du Maroc, la France représente un peu plus de 25% du volume global des échanges commerciaux du Royaume. Ex-aequo avec l'Algérie, le Maroc constitue le premier partenaire économique de la France hors de la zone O.C.D.E. Sur les 11 premiers mois de 1994, les volumes des exportations françaises vers le Maroc se fixent à 11,7 milliards de FF; et en sens inverse, les ventes marocaines vers France ont atteint sur la même période 10,7 milliards de FF. Il ressort donc un certain équilibre dans les flux d'échanges avec la France, le taux de couverture bilatéral se situant autour de 80%, alors que le taux global moyen ne dépasserait pas 54%. Ce qui refléterait, selon M.Gilles Vaysset chef de la Mission Economique et Financière de l'Ambassade de France, un glissement des relations vers l'idée du partenariat.

    En 1994, 22,7% des importations marocaines provenaient de l'Hexagone et 32% des exportations du Maroc étaient absorbées par le marché français. Enfin, jusqu'à fin novembre 1994, les investissements privés d'origine française s'établissaient à 1,654 milliard de FF. Il semble que ce chiffre collerait à l'évolution du commerce bilatéral et ne marque donc pas un différentiel important avec l'évolution des relations commerciales.

    Selon M. Abderazzak Mossadeq, secrétaire général du Ministère du Commerce et de l'Industrie, la France se distingue des autres partenaires, car nos relations s'inscrivent dans un cadre de continuité des affinités culturelles. Pour corroborer ses propos, il observe au passage que la France est le pays qui apporte la plus grosse enveloppe d'aide financière au Royaume. Annuellement, le Maroc bénéficie d'un concours financier à hauteur de 800 millions de DH de la part du gouvernement français. Par ailleurs, grâce aux transferts effectués par les Marocains résidant dans l'Hexagone (5 milliards de FF en 1993), la balance des transactions courantes est structurellement favorable au Maroc.

    Les touristes français, qui jusqu'à très récemment étaient premiers en nombre à visiter le Maroc (pour 1994 ce sont les touristes allemands qui se situent en première position concernant le nombre de nuitées), ont rapporté 2,6 milliards de FF en 1993, soit 27% des recettes en devises.

    Ce satisfecit, dixit M. Mossadeq, doit être nuancé. Il est constaté qu'en dépit du maintien de la position de la France dans les échanges commerciaux du Royaume les échanges bilatéraux se repositionnent au profit des autres partenaires du Maroc qui se montrent très dynamiques; il s'agit essentiellement de l'Espagne et de la Grande-Bretagne dont les échanges avec le Maroc croissent à un rythme soutenu.

    Ainsi, par exemple, note M. Mossadeq, le volume global des échanges annuels franco-marocains se maintient autour de 26 millions de DH en 1993 et 1994. Il serait, poursuit-il, nécessaire de détecter d'autres angles d'action afin de développer les relations de partenariat entre les entreprises de nos deux pays. En quelque sorte, banaliser les relations d'affaires entre les firmes marocaines et françaises.

    C'est ce qu'a réussi à faire, semble-t-il, la société Alcatel dans le domaine des télécommunications. Et c'est vers ce type de relations que la partie marocaine souhaiterait voir s'orienter ce partenariat auquel elle aspire.

    A.S.

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