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    Eaux minérales: La consommation freinée par les prix

    Par L'Economiste | Edition N°:168 Le 23/02/1995 | Partager

    Le coût des emballages, et du transport ainsi que la lourdeur des taxes seraient les facteurs explicatifs de la cherté de l'eau minérale. D'où le retard de la consommation par habitant par rapport aux pays voisins. En outre, la présence des eaux importées sur certains points de vente cible une clientèle urbaine à fort pouvoir d'achat.

    La consommation par tête d'habitant en eau minérale évolue lentement et demeure la plus faible de la région. En effet, alors que nous buvons en moyenne 41/tête annuellement. en Algérie, ce taux atteint 6,51/ tête, 81/tête en Tunisie et 1041/tête en France. La raison principale invoquée par les professionnels demeure le coût relativement élevé du produit par rapport au pouvoir d'achat.
    La cherté de la bouteille d'eau minérale locale (plate et gazeuse) s'expliquerait d'une part par e coût de l'emballage et du transport du lieu de production vers les points de ventes. et d'autre part parle "poids" des taxes sur le prix de revient de la bouteille.
    Par ailleurs, le marché s'est enrichi depuis près de deux ans en marques importées destinées à une clientèle urbaine ciblée. Ainsi, sur certains points de vente et notamment les grandes sur certains points de vente et notamment les grandes côtoient Contrex. Vichy, Perrier ou Evian... Cependant, le prix moyen de la bouteille importée varie entre 15 et 19 DH. Ce prix élevé serait en partie imputable au coût du fret et à la "multiplication" des taxes.

    La production nationale en eau minérale est assurée d'une part par le Groupe Holmarcom pour Oulmès et Sidi Ali, et d'autre part par Sotherma, filiale des Brasseries du Maroc, pour Sidi Harazem. D'après les statistiques de l'Association Professionnelle des Fabricants de Boissons Gazeuses, la quantité d'eaux gazeuses et minérales commercialisées a été de 1,028 million d'hectolitres en 1993. Holmarcom a distribué 613.982 hectolitres soit 60% du marché, les Brasseries du Maroc 405.989 hectolitres soit 39% du marché.
    Par ailleurs, 89% des quantités écoulées par Holmarcom concernent Sidi Ali, contre seulement 11% pour Oulmès. La production globale des eaux d'Holmarcom est passée à 706.085 hectolitres en 1994. soit une hausse de 15% par rapport à 1993.

    "Cette augmentation est imputable aux investisse71lents réalisés en 1993 et 1994", explique M. JP Sarrand, directeur d'Holmarcom. La prédominance de la demande de Sidi Ali par rapport à Oulmès explique que les investissements en matériel ont longtemps concerné les lignes de production de l'eau plate. Cependant, pour parer à la vétusté de l'équipement pour Oulmès, la société a renouvelé, à ce jour, 50% de sa ligne de production.
    Pour les 2 sociétés de production d'eaux minérales et gazeuses, aucun problème d'approvisionnement en eau de source ne se pose.
    En revanche, certaines difficultés ponctuelles en matière d'achat du PVC ont contraint Holmarcom à en importer d'Europe. Ce qui a contribué à renchérir le coût de l'emballage. "En contrepartie, nous avions une qualité de plastique nettement supérieure. et un taux de casse plus bas", précise M. Sarrand. Avec la réduction des droits de douane, la société a continué à en importer, jusqu'à la hausse récente du cours mondial de PVC. "A présent, la qualité du PVC produit localement s'est beaucoup améliorée, mais elle reste en deçà du produit européen", continue M. Sarrant.

    Par ailleurs, la production des bouteilles vides d'Oulmès est assurée par la SEVAM. Outre les problèmes techniques liés à la vétusté du matériel, la rupture ponctuelle d'Oulmès observée sur le marché s'expliquerait aussi par l'arrêt momentané des livraisons par la SEVAM, suite à sa décision de renouveler les lignes de fabrication. "Néanmoins, cela nous a permis de renouveler la forme de nos bouteilles". Cependant, selon M. Sarrand, le rapport qualité/prix du verre n'est pas satisfaisant. Parmi les raisons énoncées, le poids des taxes sur les eaux minérales serait un facteur explicatif du coût élevé du produit.
    En effet, l'eau minérale est soumise à la taxe communale de 10 centimes/litre et 20 centimes/1,5 litre, à la taxe intérieure de consommation (TIC) versée à la douane de 12 centimes/21,8 centimes/1,4 centimes/25 à 50 cl et 2 centimes/20 cl. A ces 2 taxes s'ajoute la TVA de 19%.
    De plus, les 2 sociétés versent une redevance d'exploitation de la concession. Selon les Brasseries du Maroc, celle-ci serait calculée en fonction du bénéfice net. En revanche, les dirigeants d'Holmarcom affirment verser une redevance de 3% du chiffre d'affaires. "Cette redevance représente 32 à 34% du prix de la bouteille vendue de Sidi Ali ou Oulmès".
    De plus, le transport du lieu de production vers les points de vente reste coûteux, bien que Sotherma bénéficie du transport ferroviaire. En revanche, l'usine d'Oulmès, étant difficile d'accès, impose au groupe l'acquisition et la maintenance d'un parc de semi-remorques. "Peu de dépositaires (15%) ont leur propre remorque. Nous sommes donc tenus d'assurer la livraison".
    Pour sa part, l'eau minérale importée se fraie une place encore timide mais stable, véhiculée par des circuits de distribution délimités. Ainsi, les importations en 1993 ont porté sur 1.294 million de DH contre 1,005 million DH pour les 10 derniers mois de 1994. Outre les droits de douane de 35%, celles-ci sont soumises à la PFl de 15%,à la TIC de 1,5% et à la TVA de 19%. D'après un responsable de la société Bourchanin, la TVA serait calculée sur le prix de revient et les droits de douane. "De plus, à la tare sur l'eau gazeuse (entre 2 et 12 centimes) s'est ajoutée une taxe parafiscale de 0,25% de la valeur déclarée", précise-t-on chez KAT.

    Le prix de vente fonction des villes et des quartiers

    Les prix des eaux minérales varient selon les points de vente et la proximité des villes des centres de distribution. La bouteille de Sidi Ali de 1,5 litre est écoulée à Casablanca à un prix variant entre 4,30 et 4,50 DH et celle de 50 cl entre 2,40 et 2,50 DH. Les mêmes bouteilles seront écoulées à Meknès à 4 DH pour la bouteille de 1,5 litre et 2,50 celle de 50 cl. La bouteille d'Oulmès de 1 litre est écoulée à 4,50 DH avec une consigne de 3 DH et celle de 50 cl à 2,50 DH et une consigne de 1,50 DH. Quant à la bouteille de Sidi Harazem, elle connaît des variations notables. La bouteille de 1,5 litre sera vendue à Casablanca, entre 4,30 et 4,50 DH, celle de 2 litres a 5 DH et celle de 50 cl varie entre 2,30 et 2,50 DH, selon le quartier et les lieux de ventes.

    Mouna KABLY

    Propriétés des eaux minérales

    L'eau minérale provient des profondeurs du sous-sol, et sa teneur en sels minéraux demeure constante à travers le temps. C'est cette composition qui détermine le goût et les propriétés de l'eau minérale.
    Découverte en 1934, l'eau gazeuse naturelle d'Oulmès revêt des vertus digestives dues à la présence de bicarbonate, de calcium et de magnésium. L'eau de Sidi Ali, mise en bouteille depuis 1978, est une eau légère, peu minéralisée et convient donc aux nourrissons.
    Les deux eaux sont ferrugineuses et nécessitent donc une oxydation de fer, par un procédé physique, puisque tout traitement chimique est prohibé.
    Quant à l'eau de Sidi Harazem, commercialisée depuis 1964, elle serait recommandée pour "les calculs rénaux et les affections du foie".
    En fait, le goût et les bienfaits des eaux minérales varient selon la teneur en sels minéraux. Ainsi, les eaux faiblement minéralisées, telles que Sidi Ali, Evian et Perrier, conviennent tant aux convalescents qu'à la femme enceinte et aux nourrissons. L'absorption des sels minéraux à faible dose renforcerait l'organisme. Selon une revue spécialisée, Evian faciliterait la digestion et préviendrait les maladies cardio-vasculaires. Perrier, eau tonique à l'instar d'Oulmès, accélérerait la digestion.
    Les eaux ayant un taux minéral moyen ont un effet variable sur l'organisme selon la composition en sels. Ainsi, Contrex, eau plate au goût neutre, désintoxique et activerait les fonctions urinaires. Grâce à son effet diurétique, cette eau est recommandée lors des régimes amaigrissants.
    Enfin, les eaux fortement minéralisées sont des eaux de cure.
    Vichy Saint-Yorre, légèrement gazeuse, favorise, tout comme Sidi Harazem, le drainage hépatique et la fonction biliaire. Quant à Vichy Célestins, plus riche en oligo-éléments, elle contribue à lutter contre les maladies digestives.
    Selon certains médecins, la consommation prolongée de la même eau minérale est à éviter. Celle-ci revêt une composition spécifique en oligo-éléments et donc le changement de type d'eau éviterait à l'organisme une défaillance en calcium, en magnésium ou en sodium... Cependant, cela concernerait surtout les eaux à vertus curatives, fortement minéralisées (plus de 2 g/1 d'oligo-éléments). Par ailleurs, l'eau de robinet, eau potable régulièrement surveillée et traitée par addition de chlore, renferme une quantité plus ou moins variable de sels minéraux. Cependant, le taux de concentration de nitrates, plus ou moins élevé, aurait des effets nocifs sur la santé.

    M.K.

    La commercialisation des eaux minérales

    La distribution de Sidi Ali et Oulmès est assurée par le Groupe Holmarcom, qui s'est doté d'un large parc de semi-remorques. Ces véhicules assurent la livraison auprès des dépositaires non équipés de moyens de transport.
    De ce fait, la société supporte un taux de casse élevé dû à l'accès difficile de l'usine et au coût de maintenance des camions.
    En période de pointe (été), le recours à la location de matériel roulant évite à la société un suréquipement en camions qui resteraient immobilisés le reste de l'année.
    La clientèle est constituée de dépositaires qui se chargent de la distribution sur différents points de vente et de la livraison des hôtels et restaurants. Le service commercial de la société assure un suivi des besoins des dépositaires et de la rotation des stocks.
    Quant à l'eau de Sidi Harazem, elle est acheminée
    par voie ferrée et distribuée par la Société Brasseries du Maroc. Les détaillants constituent l'essentiel de la clientèle (70% du chiffre d'affaires), les hôtels et restaurants ne représentent que 309.

    Pour les deux sociétés, l'exportation de ces produits à faible valeur marchande n'est pas intéressante compte tenu du coût de revient déjà élevé et de la lourdeur du fret. De plus, ce sont des eaux minérales qui ne contiennent pas "de vertus particulières" qui justifieraient leur vente sur des marchés extérieurs."En revanche, Oulmès est la seule eau gazeuse naturelle du monde arabe", précise M. Sarrand.
    Cependant, du fait de la distance, le coût du transport représenterait "2 DH litre". Ce problème est aggravé par l'absence de ligne de transport maritime directe dans la région.
    Enfin, la distribution des eaux minérales importées par KAT s'appuie sur le circuit court et le circuit long. Le circuit court est constitué des hypermarchés, "à savoir les 2 Makro et les 4 Marjane".
    De ce circuit émanent des commandes stables et régulières, assurant 40% du chiffre d'affaires.
    En revanche, le circuit long est constitué de grossistes (Derb Omar) et d'hôtels/restaurants haut standing et représentant 60% des ventes.
    Le nombre de bouteilles de Perrier importées, tous formats confondus, est passé de 160.000 en 1993 à 195.000 en 1994, soit une hausse de 22%.
    Pour Vichy, le nombre de bouteilles est passé de 105.000 à 200.000 en 1994, soit un bond de 90%.
    Seul le nombre de bouteilles de Contrex est passé de 83.000 à 75.000 en 1994.
    La bouteille de Vichy serait donc le produit phare de la société.

    M.K

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