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    Economie

    D'une cité-dortoir : Salé se transforme en ville industrielle

    Par L'Economiste | Edition N°:221 Le 14/03/1996 | Partager

    Le volume des investissements au niveau de Salé est passé de 18 millions de DH à 138 millions en moins de dix ans. Le secteur textile y tient un rôle dominant. La ville emploie environ 55% de la main-d'oeuvre de la région.


    Salé se défait progressivement de sa réputation de cité-dortoir pour se transformer en ville industrielle. Plusieurs indicateurs témoignent de cette métamorphose. Le volume de l'investissement a enregistré une évolution qualifiée de "remarquable" par M. Zine El Abidine Alaoui, président de l'Association Bouregreg: de 18 millions de DH en 1986, il est passé à 138 millions en 1993. Ces investissements concernent tous les secteurs, mais celui du textile et de la confection détient le rôle dominant dans les industries installées sur le site. "La région de Rabat-Salé est considérée comme le deuxième pôle textile", affirme M. Mounir Bensaïd, directeur du Centre Marocain de Promotion des Exportations
    (CMPE) et président de la commission économique de l'Association Bouregreg, initiatrice du séminaire sur l'impact de la formation continue sur la compétitivité organisé samedi dernier. Pour lui, l'aménagement de la zone industrielle aura donné un nouveau souffle au développement économique. Il a permis en effet d'attirer un grand nombre d'entreprises performantes dans le domaine de la confection. "Fruit of the Loom", multinationale irlandaise spécialisée dans la bonneterie, s'y est récemment implantée. Ces différentes entreprises fabriquent des jeans, des vestes, du prêt-à-porter pour enfants et femmes, de la lingerie féminine... Le fichier du CMPE relève une trentaine d'entreprises installées à Salé et tournées vers l'export.

    Salé en tête des investissement

    Des statistiques du Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat datant de 1993 placent Salé en deuxième position après Rabat, abritant 46 entreprises sur un total de 130 spécialisées dans le textile et le cuir de la région économique Nord-Ouest. Salé arrive en tête pour la valeur ajoutée (37%), pour la production exportée (43%) et pour l'investissement (59%) dans cette région économique. Cette ville emploie environ 55% de la main-d'oeuvre de la région, soit 12.307 emplois, loin devant Rabat qui occupe à peine 6.169 personnes. Alors que Salé emploie plus de monde, la valeur de la production représente 31,17% de la valeur régionale contre 40,75% pour Rabat.
    Le rapprochement du nombre d'employés avec la valeur de la production finale fait apparaître une relative faiblesse de la productivité à Salé. A ce titre, plusieurs chefs d'entreprises ont manifesté un intérêt au séminaire consacré à l'impact de la formation continue sur la compétitivité des entreprises.
    Pour le deuxième grand secteur de la ville qu'est l'agro-alimentaire, Salé se retrouve en troisième position derrière Kénitra et Rabat pour le nombre d'entreprises implantées (30 sur les 217 de la région). Ce secteur emploie 1.036 personnes, soit 8,57% de l'effectif exerçant dans l'agro-alimentaire de la région. Salé arrive également en deuxième position pour la production avec 800 millions de DH, derrière Kénitra. L'essentiel de la production est destiné au marché local. Le chiffre d'affaires à l'export est d'un million de DH, soit 0,2% du chiffre d'affaires de la région. Pourtant, les investissement réalisés à Salé dans le secteur représentent plus de 33% de ceux de la région, soit le montant le plus important, devant Kénitra (31%).

    Vers une zone industrielle pilote

    Pour M. Bensaïd, les demandes d'investissements dans la région formulées pour des extensions et pour la création d'unités nouvelles se heurtent au problème de la disponibilité de terrains viabilisés. Ce manque de terrains industriels à mettre à la disposition des investisseurs nationaux et étrangers est en effet un obstacle à l'essor enregistré ces dernières années par la ville de Salé. Pour remédier à cette lacune, des démarches sont effectuées auprès de plusieurs départements afin de les sensibiliser à la nécessité d'aménager une zone industrielle pilote, dotée d'infrastructures qui correspondent à des industries destinées aussi bien à l'exportation qu'au marché local.
    L'absence de projets d'extension de la zone industrielle de Rabat aura incontestablement des répercussions sur l'autre rive. "Le développement de la région dans sa globalité ne peut se faire qu'avec une conception d'une zone industrielle intégrée au niveau de la région économique", soutient M. Bensaïd. Dans ce contexte, le développement économique de la région ne peut se faire qu'à partir de Salé.
    D'autres atouts sont mis en valeur par les membres de l'Association Bouregreg. Outre une main-d'oeuvre dite "qualifiée", ils citent la proximité de l'aéroport et des axes routiers. Le complexe Dawliz n'est pas en reste puisqu'il est considéré comme le plus grand complexe cinématographique du pays. De même, Alcatel est citée.

    Mohamed CHAOUI












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