×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Du potentiel, mais attention à l’anarchie!

Par L'Economiste | Edition N°:2323 Le 20/07/2006 | Partager

. Hausse de la production de 5% d’ici 2010. Les coûts encore élevés. Psychose de la grippe aviaire: 550 millions de DH perdus LES viandes de volaille se sont renforcées dans la ration alimentaire quotidienne du Marocain moyen. Certes la filière avicole a amélioré sa performance, mais elle devrait accélérer son rythme de croissance pour combler le décalage nutritionnel persistant dans le pays. Et ce en dépit des difficultés techniques et réglementaires qu’elle affronte. C’est ce qui ressort d’une étude sectorielle réalisée par le département étude et documentation de BMCE Bank (cf. www.leconomiste.com).Le spectre de la grippe aviaire a sérieusement affecté la filière avicole. Les producteurs nationaux ont essuyé des pertes estimées à 550 millions de DH entre octobre 2005 et février 2006. La psychose liée à l’épizootie a profité aux producteurs de viandes rouges. Leurs ventes de viandes bovines et ovines ont pris respectivement 6 et 9%. Le ralentissement était finalement de courte durée. La consommation et les prix des viandes blanches ont retrouvé des niveaux relativement normaux. Les Marocains mangent en moyenne 10,9 kg/hab de volailles par an alors que la moyenne mondiale est de 12,4 kg/hab. L’apport moyen en protéines animales se chiffre à 15,6 g alors que la FAO recommande une part quotidienne de 20 g/jour. Les volailles fournissaient 20% de cette ration en 2003, contre 14% seulement en 1990. «La production de volaille est la mieux placée pour rétablir l’équilibre alimentaire grâce à son cycle de production court et la baisse tendancielle des prix», affirme Mamoun Tahri Joutei responsable du département étude chez BMCE Bank. Les aviculteurs ont multiplié leurs efforts pour répondre à cette demande grandissante. Leur production est passée de 250.000 tonnes en 2000 à 338.000 l’année dernière, soit une progression moyenne d’environ 6,2% par an. Cette production se répartit entre 300.000 tonnes de viande de poulet et 38.000 de viande de dinde. La filière a en outre produit 2,5 milliards d’œufs de consommation. L’essentiel de la production (65%) se concentre dans les régions de Casablanca et Rabat.Ces activités ont drainé un chiffre d’affaires de 13,2 milliards de DH en 2005 et des investissements à hauteur de 6,6 milliards de DH. Elles génèrent plus 75.000 emplois directs dans les unités de production et 180.000 indirects dans le circuit de distribution et de commercialisation. A la lumière des perspectives de développement du secteur, la Fisa (Fédération interprofessionnelle du secteur avicole) prévoit un rythme de croissance annuel d’environ 5% d’ici 2010. La production nationale s’établirait ainsi à environ 405.000 tonnes. Les rédacteurs de l’étude affirment que les statistiques relatives au nombre d’éleveurs et de producteurs de volaille au Maroc ne sont pas disponibles pour l’heure. Sans tenir compte de l’évolution cyclique liée aux conditions climatiques et aux épizooties passagères, le cours du poulet vivant est passé de 13 à 11 DH le kilo entre 2001 et 2006. En dépit de cette baisse, le coût de production demeure élevé à cause de trois facteurs. Les producteurs souffrent d’abord des coûts élevés de matières premières grevées par des taxes d’importation faramineuses. Le maïs est taxé à des taux variant entre 17,5 et 57% et le soja à 22,5%. La filière est appelée à saisir les opportunités offertes par l’ALE avec les Etats-Unis. Un accord qui permettra de réduire les coûts du maïs importé à 2,05 DH/kg au lieu de 2,6 actuellement. Le coût devrait baisser par conséquent de 17% pour descendre jusqu’à 9 DH le kg. Les aviculteurs sont aussi en proie à une fiscalité «défavorable». A cheval entre l’agriculture et l’industrie, la filière avicole est exclue des avantages fiscaux appliqués aux deux secteurs. En l’absence d’un identifiant fiscal, les aviculteurs n’ont pas le droit de déduire la TVA. Le coût de production supporte également des pertes considérables liées aux maladies aviaires dues au non-respect des normes de salubrité. Une large frange d’éleveurs traditionnels fondent leur rentabilité sur ce facteur et offrent une marchandise à risque. Mais il n’y a pas que le coût de production qui pénalise l’activité avicole nationale. La domination des circuits traditionnels de distribution freine la modernisation du secteur et nuit à la qualité et à l’hygiène du produit. Cette situation est confortée par le manque de régulation des prix et l’inadéquation entre l’offre et la demande. Normalement, la situation devrait changer avec la promulgation cette année de plusieurs arrêtés organisant la production, la commercialisation et fixant les nouvelles normes sanitaires (cf. www.leconomiste.com). Les producteurs ont une année pour s’y soumettre.De surcroît, les tueries artisanales sont désormais bannies et les abattages devront se faire dans des lieux appropriés. A moyen terme, quarante nouveaux abattoirs moderne auront pignon sur rue. Mais serait-il possible de contrôler l’application de ces normes dans les délais prévus?


Aliments, une industrie sous-exploitée

L’INDUSTRIE des aliments pour volaille produit annuellement 1,6 million de tonnes, dont 300.000 sont assurées par le réseau traditionnel, situé dans les fermes d’élevage. A noter que les entités opérant dans cette activité sont largement sous exploitées. Elles n’utilisent en effet que 37% de leur capacité de production estimée à 3,7 millions de DH. «Dans ces conditions, tout investissement dans cette activité peut manquer de pertinence», indique l’étude. Les trois quarts du marché sont répartis entre onze entreprises structurées. Deux d’entre elles accaparent 28% à elles seules. Il s’agit en l’occurrence de Alf Sahel (16%) et Inaam (12%). La première a réalisé en 2004 un chiffre d’affaires de 638 millions de DH avec une capacité de production de 20.000 tonnes par mois. La seconde est concentrée à 93% sur l’activité des aliments avicoles. Elle a réalisé 549 millions de DH de chiffre d’affaires en 2004 avec une capacité de production annuelle d’environ 260.000 tonnes.Nouaim SQALLI

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc