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International

Du Japon, c’est bien loin le Maroc
DNES Mohamed CHAOUI

Par L'Economiste | Edition N°:2064 Le 14/07/2005 | Partager

. Une société disciplinée et polie mais peu ouverte sur le monde extérieur. Difficile de capter les signaux culturels japonais. Le Maroc souffre d’une image stéréotypéeLe Japon surprend le visiteur qui débarque pour la première fois dans ce pays. Un monde à part, qui allie modernité et tradition. Avec leurs produits high-tech qui s’imposent au monde entier, on s’attend à ce que les Japonais soient plus ouverts au reste du monde. En réalité, très peu d’entre eux pratiquent l’anglais, l’espagnol ou le français. L’enseignement des langues étrangères reste confiné au niveau académique. Formé d’îles et jouissant de l’autosuffisance, le Japon n’a pas jugé utile jusqu’ici de s’ouvrir davantage sur le monde extérieur. Dans les restaurants, par exemple, le menu est écrit exclusivement en japonais. Seuls les prix sont mentionnés en chiffres arabes. Pour les étrangers, il faut faire preuve d’imagination pour pouvoir communiquer et passer sa commande. La serveuse ou le maître d’hôtel vous font des gestes désolés pour signifier leur incompréhension. Cependant, la gentillesse et la générosité légendaires font de telle sorte qu’un client dans la salle ou un cuisinier qui a quelques rudiments d’un anglais approximatif prête son concours pour sauver la situation. Reste le langage des gestes, mais là aussi il faut savoir le déchiffrer. Pour vous signifier que le restaurant est fermé, les Japonais croisent leurs bras, coudes levés.Vue du Maroc, la vie est extrêmement chère au Japon. Cela s’explique par les salaires versés aux employés. Le revenu moyen en début de carrière dans la production ou les services pour un diplômé de l’université s’élève à l’équivalent de près de 1.800 dollars par mois, note Yoshikata Kawamura, ancien ambassadeur du Japon à Rabat, reconverti dans le monde des affaires. Dans les villes, le prix du terrain est hors de portée. Personne ne se hasarde à donner un chiffre pour le mètre carré. Avec la concentration des populations dans les agglomérations après la fin de la guerre, les villes sont devenues géantes et l’espace rare. Nagoya, ville la plus proche de l’exposition internationale d’Aïchi 2005, compte 4,5 millions d’habitants. Dans ces conditions, on peut aisément comprendre que les maisons des Japonais sont exiguës. Celles-ci sont faites pour dormir. Pour manger ou recevoir, les Japonais préfèrent sortir. C’est ce qui explique que les restaurants sont bondés tous les soirs, avec souvent des files interminables. A table, le poisson cru est roi. D’ailleurs, les restaurateurs sont furieux à chaque fois que le Maroc décide d’observer le repos biologique pour la pêche du poulpe, produit très consommé au Japon. Pendant cette période, les prix flambent. L’autre particularité de la société japonaise, c’est le culte voué à la valeur travail. La situation est telle que l’échec, scolaire ou professionnel, est très mal vécu par les familles et conduit parfois au suicide. Dans les commerces, sont affables, souriants et connaissent réellement l’importance du “client-roi”. “Même si votre enfant casse un article dans un magasin, personne ne viendra vous demander de le payer», témoigne Mohamed Er-Rafia Al Barnoussi, installé au Japon depuis 1989. Cet originaire de Taza importe des produits d’artisanat des pays de l’Asie du Sud-Est pour les revendre à Kamakura où il dispose de plusieurs points de vente. Cette ville est connue pour ses nombreux temples, «le pays du zen», tient-il à préciser, en marge de la visite du Pavillon marocain par la délégation marocaine présidée par SAR Lalla Salma. Lorsqu’il a appris que Nezha Chekrouni, présente dans la délégation, était ministre en charge de la communauté marocaine à l’étranger, Al Barnoussi lui a fait part des tracasseries que rencontrent les Marocains lorsqu’ils visitent les pays du sud-est asiatique. Beaucoup sont retenus pendant des heures à la frontière. Pour lui, il serait très utile d’introduire des indications en anglais sur le passeport. La ministre a pris acte de la doléance.Au Japon, la propreté est légendaire. Pas un papier, pas un mégot par terre. Tout est nickel. Des bacs de poubelles sélectionnés (papier, plastique, verre…) sont disposés un peu partout. A Nagoya ou ailleurs au Japon, la sécurité est totale. Des femmes sont dans les rues, même à minuit, sans être inquiétées. Cela vient de l’éducation du peuple, dira un diplomate. «Les Japonais ne volent pas, sauf une chose: le parapluie lorsqu’il pleut», plaisante ce Marocain. D’ailleurs, à l’entrée d’une administration, d’un restaurant ou autre endroit public, des espèces de casiers pour parapluies sont installés. On vous remettra un jeton qui vous permettra de le récupérer à la sortie. Actuellement, c’est la saison des pluies qui dure de juin à la fin juillet. Cependant, les problèmes de sécurité se posent de plus en plus dans certaines villes, précise un Japonais en incriminant les mouvements d’émigration des Chinois et des Coréens vers le Japon.Dans les centres-villes, la population n’est pas très visible. Pour cause, les rues sont laissées aux véhicules. Une autre vie se déroule dans le sous-sol où sont relégués les magasins, les cafés, les restaurants… Le Japon, pays touristique? La vie très chère constitue un obstacle. Mais il y a près de 17 millions de Japonais qui partent en vacances à l’étranger dont 4 pour la France à elle seule. «Il est possible d’en capter 10% pour les faire venir au Maroc», conseille Kawamura. Il suffit de se mettre à travailler dans ce sens, tout en prenant en compte une contrainte de taille: «le Japonais est un homme organisé qui veut être pris en charge du début à la fin».Par contre, il serait plus difficile d’attirer les investisseurs japonais au Maroc. Pour l’heure, les hommes d’affaires sont surtout branchés Europe orientale, convaincus que cette partie du monde n’est pas différente de l’Europe occidentale. Quant au Maroc, il souffre d’une image stéréotypée, géographiquement loin, islamique avec toutes les confusions entre la religion et les bombes qui explosent un peu partout au cours de ces dernières années. Les Japonais ne réalisent pas la proximité de Rabat avec l’Union européenne. C’est pour cela qu’il est impératif de multiplier les échanges de délégations et expliquer tous les avantages du Maroc, explique l’ex-diplomate. L’ambassadeur du Maroc à Tokyo est conscient de ce déficit. Abdelkader Lachhab veut le combler. C’est dans ce sens que 8 tour-opérateurs ont été envoyés au Maroc, il y a trois semaines, dit-il. Une autre équipe ira en septembre. Il s’agira de la Jata (l’association des agences de voyages). Il le fait même si la délégation de l’Office du tourisme a fermé ses portes il y a deux ans. Pour lui, la langue n’est pas un obstacle majeur: «si vous arrivez à capter les signaux culturels japonais, cela marchera». Il ne faut surtout pas aborder avec le Japonais deux questions à la fois. Il risque de déposer son stylo.


Site Web en japonais

L'ambassade a mis en place un site Web en japonais. A cela s’ajoute un périple dans les provinces japonaises. Objectif: faire connaître le Maroc, ses multiples avantages, tout en montrant qu’il «n’est pas aussi loin géographiquement comme on le prétend». Sur le plan de la promotion du monde des affaires, il s’est appuyé sur les success stories comme Yasaki à Tanger. Pour cette initiative, il a été accompagné par des cadres de l’entreprise. «Il n’y a pas mieux que des Japonais qui parlent à leurs compatriotes. C’est plus convaincant», dira-t-il.


Journée marocaine

La célébration de la journée marocaine le 1er juillet au cours de l’exposition internationale d’Aïchi 2005, près de Nagoya, qui dure jusqu’au 25 septembre, a été rehaussée par la présence de la princesse Lalla Salma. Après des discours de bienvenue, place aux spectacles. C’est la commune de Toyoyama, jumelée avec le Maroc, qui a ouvert le bal, avec une représentation des tambours. Ce spectacle raconte l’histoire triste d’un village se trouvant dans la montagne. 18 jeunes, de noir vêtu, sous une tunique verte, se détachent d’une lumière rouge. Ils jouent des tambours dont les bruits montent au ciel, ce qui accentue la gravité du moment. Après, vient le tour des Gnaoua. Pendant moins d’une heure, ils ont emballé l’amphithéâtre. Pendant que le groupe jouait, des images d’un Maroc moderne qui bouge, défilaient en boucle. Ces séquences sur plusieurs aspects du Maroc n’ont pas besoin de commentaire. Visiblement, la musique Gnaoua a parfaitement remplacé les discours les plus élaborés. Ce groupe est parvenu à envoûter l’assistance. Les Japonais tapent des mains au rythme des claquettes et de Jilali ya bouâlam.

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