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Du G20 au G «vain», un «machin» incapable de décider
Par Michel Fourriques

Par L'Economiste | Edition N°:3402 Le 10/11/2010 | Partager

Le prochain sommet du G20 se déroule à Séoul les 11 et 12 novembre. La présidence française de cette instance débute le 13 novembre. Le futur président français du G20 a un projet ambitieux et n’arrête pas de répéter que la France ne veut pas passer d’un G20 de crise à un G20 de gestion qui se contenterait de «l’application de décisions prises, complétées en 2011 par quelques mesures utiles». Son projet principal n’est pas moins que vouloir rebâtir le système monétaire international, notamment en créant une monnaie internationale de réserve. Il entend également traiter de la lutte contre la volatilité des matières premières et celui de l’approfondissement de la gouvernance mondiale.Les derniers G20, au final, ont produit plus de déclarations d’intentions que de réelles décisions ayant un impact fort sur la finance mondiale. Ainsi, au G20, tenu au Canada, deux problèmes majeurs devaient être traités. Celui de la réglementation du système financier et celui de la réduction de l’endettement public. Sur ces deux sujets, aucune décision n’a été prise. Il y a eu de sérieux désaccords entre les pays qui ne veulent pas taxer davantage leurs banques, ni taxer les transactions internationales et les Européens qui voudraient disposer de recettes supplémentaires pour créer un fonds d’urgence en cas de nouvelle crise bancaire, ainsi qu’entre les Etats-Unis qui veulent davantage capitaliser leurs banques et les Européens qui redoutent que les nouvelles normes ne pénalisent leurs établissements et ne freinent la distribution de crédit. Ensuite, sur la réduction des déficits, le G20 n’a fait que reprendre un engagement déjà pris séparément par chacun des Etats: la réduction de moitié du déficit budgétaire. On a assisté à une opposition forte entre les Européens qui ont préconisé un plan de rigueur alors que les Américains et les Chinois veulent que l’Europe donne la priorité à la relance. On a assisté à cette occasion à un retour «des égoïsmes nationaux», du «chacun pour soi», de «la fin de l’union sacrée» par rapport au G20 de Londres et de Pittsburgh.Le G20 a pris des décisions secondaires et n’a donc résolu aucun problème majeur. Dans les trois précédents G20 depuis le début de la crise, les seules mesures concrètes, issues de cette instance ont été: la lutte contre les paradis fiscaux (G20 de Londres en avril 2009); la réglementation des bonus des traders (G20 de Pittsburgh en septembre 2009). Or, les paradis fiscaux et les bonus des traders ne sont que des problèmes mineurs dans le déclenchement de la crise de 2008. D’ailleurs, le 4 octobre dernier, lors du 8e sommet Union européenne-Asie, le président français a reconnu que «dans l’urgence, nous avons pris (…) les décisions pour s’en sortir. Mais regardons la situation telle qu’elle est: nous n’avons rien changé structurellement. Nous sommes toujours confrontés au risque d’une crise systémique».A ce jour, aucun problème majeur n’a donc été résolu: renforcement des ratios prudentiels [Bâle III et Solvency II], renforcement des fonds propres des banques, standardisation des produits de titrisation, création d’outils de surveillance des marchés de produits dérivés, responsabilisation du secteur bancaire, le chantier des hedge funds, le marché de gré à gré, la coordination des politiques monétaire et budgétaire, la coordination des superviseurs bancaires et la lutte contre le protectionnisme.

Pas de pouvoirs
Le G20 est inefficace car il n’a aucun pouvoir. «Il a peu de prise sur les instances opérationnelles. Il ne peut donc imposer aucune règle». En effet, il n’a pas de moyens propres, de comité exécutif, de secrétariat général permanent, ni de système de prise de décisions ou de moyens d’actions. Il est informel et sa composition incomplète fait qu’il manque de légitimité internationale face à l’ONU. Ainsi, en Afrique, seule l’Afrique du Sud fait partie du G20.Il est évident que pour être crédible, il faut que le G20 apporte des résultats, notamment dans les domaines les plus importants. Dans ces conditions, il est probable que nous revivions une nouvelle crise, mais cette fois plus grave que celle de 2008. Pour le professeur d’économie, spécialiste des marchés financiers, H. Bourguinat, et pour l’ancien trader, E. Briys, «cette quasi-volonté de ne rien changer pourrait bien conduire à un seul résultat; la «re-crise» dont les conséquences seraient encore plus cruelles que celles que nous venons de traverser».En effet, la planète a été inondée de liquidités. La monnaie «banque centrale» en circulation pourrait avoisiner 5.000 milliards de dollars, soit cinq fois plus qu’avant la crise.Ces capitaux ne sont toujours pas contrôlés et recommencent à alimenter la spéculation via des hedge funds qui échappent toujours à la régulation. A ceci, il faut ajouter la guerre des monnaies qui fait rage et qui risque de faire resurgir le protectionnisme tant redouté. En plus, les Etats, écrasés par le poids de la dette publique, sont, désormais et c’est nouveau par rapport à 2008, à la merci des marchés financiers qui menacent de dégrader la note d’un pays. Tous ces éléments pourraient conduire à une récession générale visant également les pays émergents. Pour ces motifs, en définitif, le G20 n’est qu’un G «vain», un «machin» incapable de décider comme l’OMC ou l’ONU. Le G20, pour l’instant, n’est pas autre chose qu’un simple forum de consultation. Nous n’attendons donc rien de concret, sauf de grandes et belles déclarations d’intentions, du G20 de Séoul et de la présidence française du G20.

Ce sont les plus forts qui y règnent

Ce sont, en réalité, les plus forts qui règnent (Américains et Chinois) au G20 et ils font en sorte de ne rien se faire imposer par les autres. Au final, ce n’est pas un G20 mais un G2, sorte de condominium sino-américain selon une formule chère à Zbigniev Brzezinski, ancien membre du Conseil national de la sécurité américain, ou «Chimerica» selon l’économiste Niall Ferguson ou bien encore «Superfusion» d’après Zachary Campbell, pour qui les deux géants sont devenus une seule «hyperéconomie entrelacée, intégrée». En fait, la règle du jeu est simple: La Chine détient 800 milliards de dollars de bons du Trésor américain et les exportations chinoises sont encore dépendantes du marché américain.Dans ces conditions, les Américains négocient le maintien du dollar comme monnaie principale de référence, le droit de continuer à emprunter au monde entier en risquant de ne jamais pouvoir rembourser et le maintien de leurs paradis fiscaux.Les Chinois, en contrepartie, demandent qu’il n’y ait pas trop de critiques sur leur taux de change, sur leur politique exportatrice, sur la faiblesse de leur consommation intérieure et pas de contrôle de leurs places financières et leurs paradis fiscaux.

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