×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique Internationale

    Du carburant à base de déchets humains pour les fusées

    Par L'Economiste | Edition N°:608 Le 04/10/1999 | Partager

    · Une subvention à été accordée à un centre de recherche américain pour peaufiner le mécanisme de
    transformation

    · Il s'agit d'accroître le degré d'autosuffisance en énergie des futures missions interplanétaires


    Atteindre l'espace interstellaire est un rêve qui a de tout temps animé l'imaginaire des scientifiques du monde entier. Mais alors comment faire lorsqu'il s'agit de parcourir des distances qui se mesurent par des millions d'années lumière. Un voyage aller-retour entre la Terre et Mars par exemple (une planète pourtant très proche de nous) nécessiterait plus de 600 jours avec une fusée conventionnelle.
    Plusieurs mécanismes ont été imaginés pour propulser les fusées. Il s'agit entre autres de l'utilisation du vent solaire ou encore celle des propulseurs nucléaires, ioniques ou photoniques. Mais des scientifiques du centre de recherche du Connecticut semblent avoir trouvé la parade. Pour eux, la réponse se trouve peut-être au bout du système... digestif des astronautes. D'ailleurs, la NASA vient de leur accorder une subvention de 600.000 Dollars pour qu'ils avancent dans leurs recherches. Le mécanisme serait capable de transformer les déchets humains en produits utiles. L'objectif, accroître le degré d'autosuffisance en énergie de futures missions interplanétaires.
    Le principe est déjà connu et utilisé depuis longtemps. Il ne reste plus qu'à l'adapter aux missions spatiales.

    Le secret de cette étrange alchimie: la pyrolyse. Il s'agit d'un procédé qui permet le réarrangement de la composition des déchets en les chauffant dans un milieu dépourvu d'oxygène. Normalement, les molécules organiques chauffées dans des conditions normales s'associent à des atomes d'oxygène pour former du gaz carbonique, par exemple. Mais quand l'oxygène fait défaut, comme en pyrolyse, ces mêmes molécules se brisent et se réarrangent entre elles.
    Plusieurs cas de figures sont alors possibles. A 350 degrés, par exemple, la pyrolyse produit surtout des liquides, comme du benzène et du toluène. Mais elle peut aussi déboucher sur des produits de base entrant dans la fabrication de plastique ou de caoutchouc de synthèse. Il est même possible de produire de l'ammoniac, un composé entrant dans la fabrication d'engrais chimiques. En augmentant la température à 650 degrés, le processus débouche sur la production d'autres gaz qui peuvent également être utiles.
    Il est ainsi possible, rien qu'en variant la température et la durée du traitement, d'obtenir le produit désiré à partir de pratiquement n'importe quel matériau organique. Dans ces conditions, les déchets humains mélangés à d'autres résidus, comme de vieux sacs de plastique, peuvent constituer une matière première de choix. Au cours de l'expérience, le réacteur à pyrolyse fera par lui-même les ajustements nécessaires pour produire une source d'énergie inépuisable.

    Abdelaziz MEFTAH (Cyberscience)



    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc