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    Economie

    Droits de l'enfant: Les Américains refusent de ratifier la Convention des Nations Unies

    Par L'Economiste | Edition N°:645 Le 24/11/1999 | Partager



    · Le dixième anniversaire des droits de l'enfant, célébré samedi dernier, a été l'occasion d'émettre de vives critiques à l'égard des Etats-Unis
    · Ce pays compte plus de 98.000 jeunes de moins de 18 ans derrière les barreaux



    Une centaine de garçons et filles, rassemblés par ATD-Quart-Monde, ont célébré samedi dernier à Genève le dixième anniversaire de la Convention des droits de l'enfant en offrant à l'ONU une sculpture formée de 5.000 petites pierres symbolisant la construction du monde (voir notre édition d'hier).
    L'Américaine Carol Bellamy, directrice générale de l'UNICEF, s'est dite "triste de constater" que les Etats-Unis étaient, avec la Somalie, les seuls pays à n'avoir pas ratifié la convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant.
    La sévérité des Etats-Unis à l'égard de leurs jeunes délinquants continue de les maintenir à l'écart du reste des nations. En effet, les Etats-Unis sont l'unique pays signataire à ne pas avoir ratifié cette convention, avec la Somalie, pays sans gouvernement central depuis 1991 en raison d'une longue guerre civile.
    Quelque 98.913 jeunes de moins de 18 ans sont actuellement derrière les barreaux aux Etats-Unis, selon des données fournies par le Département de la Justice (voir notre édition de vendredi 19 novembre). A noter également que 76 jeunes, ayant cependant dépassé 18 ans, se trouvent dans les couloirs de la mort pour des meurtres commis alors qu'ils étaient mineurs.
    L'aspect culturel distingue en premier lieu les Etats-Unis des autres pays dans ce domaine hautement sensible. Les Américains sont en effet convaincus que leur Constitution du 17 septembre 1787, qui comprend une Déclaration des droits de l'Homme, est le meilleur garant de la protection de tous ses citoyens, adultes et enfants confondus.
    L'idée communément répandue ici est qu'il n'est pas nécessaire d'utiliser d'autres instruments internationaux, comme la Convention des droits de l'enfant, puisque la Constitution américaine se suffit largement à elle-même, explique un analyste juridique.
    La question du respect des droits de l'enfant figure cependant en bonne place dans le débat constitutionnel aux Etats-Unis, la responsabilité telle qu'elle est définie par le droit pénal et le droit de la famille étant du ressort de chacun des 50 Etats. Le problème est que le gouvernement fédéral ne peut intervenir dans les affaires intérieures des Etats en ratifiant des conventions internationales, comme celle relative aux droits de l'enfant, ce qui impliquerait un changement des lois de ces Etats, poursuit l'analyste.
    La tentation isolationniste de Washington pourrait constituer un élément supplémentaire pour la compréhension du refus américain de signer cette Convention. Cet état d'esprit est particulièrement vivace chez les Républicains, notamment le tout puissant Jesse Helms, un conservateur qui dirige la commission sénatoriale des Affaires Etrangères et détient un pouvoir d'obstruction de vote des traités avec des pays étrangers.
    Selon le même analyste, "Jesse Helms se méfie des Nations Unies et il est convaincu que les Etats-Unis n'ont pas besoin de signer des conventions laissant la porte ouverte à des ingérences extérieures". De nombreuses associations américaines militent contre le fait que les jeunes sont jugés comme des adultes. Quelque 20% des crimes violents commis aux Etats-Unis sont le fait de mineurs, selon le Département de la Justice.
    L'aspect politique ne peut être négligé, les procureurs de chaque Etat étant élus, ils déploient généralement beaucoup d'efforts pour justifier leur élection à ce poste en luttant avec ardeur contre la criminalité et plus particulièrement celle des jeunes.
    Mary Robinson, haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, a affirmé vendredi à Genève qu'il y avait aux Etats-Unis "des cas de violations des droits des enfants tout à fait choquants". Pour Martine Aubry, ministre française de l'Emploi et de la Solidarité, il est inadmissible que "la plus grande puissance du monde applique encore la peine de mort à des enfants et que cette peine de mort peut même dans un Etat américain être désormais appliquée dès l'âge de 11 ans".

    Hicham RAIQ (AFP)

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