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    Droit de réponseAbattoirs de Casablanca: La CUC réagit

    Par L'Economiste | Edition N°:918 Le 18/12/2000 | Partager

    Bien que les articles parus dans le quotidien «L'Economiste« n°896 et 902 comportent des allégations gratuites, sans fondement et que leur instigateur, le «spécialiste de la Communauté Urbaine de Casablanca«, ne soit que trop connu pour citer ici son nom, nous n'avons guère l'intention d'entrer dans la polémique avec quiconque, surtout pas avec votre journal, respectable et respecté pour sa compétence et son objectivité. ll semble cependant opportun et il est de notre devoir d'éclairer, à travers votre journal, I'opinion publique, casablancaise en particulier et nationale en général, en vue de lever quelques lacunes, ambiguités ou erreurs quant à ce qui a été écrit aussi bien sur les anciens que sur les nouveaux abattoirs de Casablanca.Commençons d'abord par préciser deux choses. La première est en rapport avec le «spécialiste de la Communauté Urbaine de Casablanca« qui tente, par la psychose créée dans l'esprit des consommateurs, surtout les étrangers d'entre eux, de «passer un message«, dans un but d'intérêt purement personnel. La seconde a trait à un fait que votre journal reprend souvent, comme un refrain. Il s'agit de «M. Moujid ...«, que votre journaliste n'a pû joindre malgré maintes tentatives. La raison en est tout simpiement que ce fonctionnaire n'a pas eu d'instructions en ce sens de ses supérieurs hiérarchiques.Cette précision faite, les éclaircissements vont porter, comme vos articies l'ont fait d'ailleurs, sur la situation des anciens abattoirs (A) et le «flou« qui entoure les nouveaux abattoirs (B).. A) La situation des anciens abattoirs:Ce qui frappe en premier lieu, dans les articles en question, ce sont les photographies bien ciblées, et dont la légende ou le commentaire est souvent loin de la réalité, et pour cause:- Photo n°1: elle est «sans commentaire« pour les uns qui crient au «scandale sanitaire«, tout à fait normal pour les gens initiés en matière d'abattoirs.Il s'agit en effet ici d'un système d'abattage (à poste fixe) tout à fait incomparable avec celui qui se pratiquera à l'unité de Sidi Othmane (travail à la chaîne). Le premier système, loin d'être complètement obsolète, est toujours pratiqué dans nombre d'abattoirs en Europe, dont la France.- Photos n° 2 et 3: représentant une triperie et une boyauderie dont l'âge approche les 80 ans et qui sont classées par la plupart des législations sanitaires, à l'échelle mondiale, comme étant insalubres, quel que soit le type utilisé pour vider les organes, manuel ou mécanique;- Photo n° 4: le fond de l'image contredit le commentaire . En effet, on y voit bien que derrière les deux nettoyeurs le sol est propre, venant d'être lavé, et le tour du reste (devant les ouvriers) viendra au fur et à mesure de la progression de leur action. Il semble ainsi que «les traces de crasse« ne résistent pas au jet d'eau, mais restent cumulés dans certains esprits;- Photo n°5: montre un chien tenu en laisse par ses propriétaires, devant la porte des bureaux de l'Administration (ne pas confondre avec les salles d'abattage). Quoi d'anormal à cela, puisque l'enceinte des anciens abattoirs comprend, outre la stabulation, les salles d'abattage et les triperies, un secteur à part appelé le Service «fourrière animale« lequel, cela va de soi, est en rapport direct avec une certaine catégorie de citoyens;- Photo n°6: c'est une vue partielle de l'équarrissage (destruction par incinération des viandes saisies), autre établissement classé, de par sa nature, comme insalubre, incommode et dangereux.Ceci étant, on ne voit sur aucune de ces photos la concentration, «imaginée« par le spécialiste, de 1.200 animaux et 3.000 personnes dans un même endroit. Cette concentration semble n'exister que dans l'esprit de certaines gens.Quant à la composition de la commission d'agrément des chevillards, nous aimerions bien avoir les références du texte qui l'institue de la sorte.D'un autre côté, il est question, dans les articles du 16 novembre 2000, des chevillards, «mafia« qui ne paie pas les taxes dues. «Imaginons« un peu de notre côté. Si tous les chevillards ne payaient pas les taxes, d'où proviendraient les 75 millions de Dirhams perçus annuellement aux anciens abattoirs? Si au contraire seuls certains chevillards étaient «exonérés« de cette obligation, croyez-vous que les autres chevillards se taiseraient, résignés à leur sort pendant ... plusieurs décennies?Par ailleurs, quelques chiffres sont soit «imaginés« pour la circonstance, soit volontairement ou involontairement erronés. Ils méritent par conséquent d'être précisés:- la population urbaine de Casablanca est de 3 millions d'habitants (source: Direction de la Statistique). Quant à la population de Mohammédia et celle des communes rurales de la Région du Grand Casablanca, elles ont leurs propres abattoirs ou tueries collectives;- le chiffre cité pour le volume de l'abattage clandestin est exagérément élevé. Cent tonnes/jour sont abattues aux anciens abattoirs et transportées par une centaine de véhicules spécialement aménagés. «Imaginons« le même volume abattu à Derb Ghallef et dans d'autres boucheries éparpillées de la ville. Comment distribuer cette quantité imposante? Existe-t-il une étude prouvant ce tonnage ou bien chacun peut avancer les chiffres qu'il veut pour soutenir et imposer les résultats de «son« raisonnement?La réalité est que l'abattage clandestin (estimé pour Casablanca entre 10 et 12%) serait de 3.000 t/an. De leur côté, les viandes dites «foraines«, abatues dans les souks de la banlieue, sont de l'ordre de 7.000 t/an (source: Direction Provinciale de I'Elevage - Casablanca). La partie de ces dernières viandes, introduite à Casablanca (le tiers environ), serait de 3.000 t. Total des viandes qui seraient consommées à Casablanca sans y être abattues = 6.000 t/an. La taxe d'abattage étant de 0,80 DH/kg et non 2 DH /kg, refaisons les calcuis pour déterminer la consommation annuelle par habitant et le manque à gagner pour la Communauté Urbaine de Casablanca:o 26.000 tonnes aux abattoirs + 3.000 t d'abattage clandestin + 3.000 t de viandes des souks = 32.000 t: 3.000.000 hab = 10 kg / an / hab. Nous ne sommes pas loin du chiffre officiel qui est annoncé dans votre journal même par le Dr Abdelhak Tber, directeur de l'Elevage.o 6.000 t x 0,80 DH x 1.000 = 4.800.000 DH comme manque à gagner pour la Communauté Urbaine de Casablanca. Nous sommes très loin des chiffres (52.000.000 DH) «imaginés« par le «spécialiste«.Les chiffres ne s'arrêtent malheureusement pas là. ll y en a d'autres, puérils et fatigants, mais nous vous prions d'user de la même patience que vous aviez en publiant les chiffres qui vous ont été communiqués.Au lieu des 4.000 bouchers «imaginés« à Casablanca, prenons plutôt les statistiques des autorisations commerciales actualisées, délivrées par les préfectures: moins de 3.000, bouchers et tripiers confondus.Donc 26.000 t/an: 260 j =100.000 kg/jour comme viande abattoirs; -plus 100.000 kg/j: 3 = 33.333 kg/jour comme abats abattoirs (selon une pratique commerciale entre le chevillard/propriétaire de la marchandise et le tripier/client du chevillard, le poids des abats est estimé au tiers de celui de la carcasse viande nette de l'animal);- plus 6.000 t/an: 260 j = 23.077 kg/j comme viandes foraines et abattage clandestin.Au total, c'est une vente moyenne journalière 100.000 + 33.000 + 23.077 = 156.077 kg / j, ou rapportée par boucher: 156.000.0077: 3.000 = 52 kg/boucher/j.Si d'une part le quart de ces bouchers (750) vendraient le tiers d'un bovin (66 kg ), un ovin (16 kg ) et des abats (18 kg), soit une moyenne de vente journalière de 100 kg x 750 = 75.000 kg/j, et d'autre part les trois quarts restantes des bouchers (2.250, situés généralement dans les quartiers populaires), n'écouleraient qu'une seule épaule de bovin (25 k), un demi-ovin (8kg) et des abats (3 kg), la moyenne journalière pour cette seconde catégorie ne serait que de 36 kg/boucher/j, soit 36 x 2.250 = 81.000 kg/boucher/j.Si l'on additionne la première et la seconde catégories de bouchers, le calcul donnera: 75.000 kg/j + 81.000 kg/j = 156.000 kg/j.En comparant ces données avec les chiffres déjà communiqués et publiés, on voit bien que ce sont les habitants des quartiers démunis qui sont devenus, grâce à leur pouvoir d'achat, «des végétariens« ou, dans le meilleur des cas, des habitués du poulet industriel, dont le prix est à la portée de toutes les bourses.Enfin, on peut se poser la question de savoir quel génie, et pour quel mobile, a eu l'idée d'introduire le nom de M. Ramirez et de sa société Vizcaino, constructeur du projet et l'un des concurrents actuels à la gestion du nouvel outil. S'agit-il d'une simple publicité gratuite?. B ) Les nouveaux abattoirs:Maintenant venons-en à quelques «questions légitimes« qui méritent des réponses claires:- Pourquoi la Direction des anciens abattoirs n'a-t-elle pas sensibilisé les usagers dès le début du projet?Réponse: pour la simple raison que depuis le lancement du concours international, en janvier 1990, aucun responsable n'en avait exprimé la volonté. Plus est, les responsables des anciens abattoirs étaient toujours, jusqu'à décembre 1999, écartés purement et simplement du projet.- Pourquoi le contrat du docteur Marsile (IPV = Institut de Pharmacie Vétérinaire) n'a pas abouti?Réponse: la raison principale (il y en a au moins une autre, non moins imporante) est que, du moment que l'intéressé a commencé à critiquer le projet dans sa conception même en proposant, pour le rendre opérationnel, certaines transformations, il est devenu indésirable.- Pourquoi l'offre de la Société Abatca n'a-t-elle pas été retenue?Réponse: la même que pour le D. Marsile (IPV), en précisant que le contrat de ladite société remonte à ... 1996 !- L'aspect social n'est-il pas un faux problème?Réponse: cela pourrait être vrai. Que perdre en transférant dès à présent les activités et usagers aux nouveaux abattoirs qui seraient prêts depuis un an déjà. Qui bloque réellement leur fonctionnement et empêche la population casablancaise de manger de la viande qui ne tue pas (contrairement à la mortadelle et autres produits de charcuterie qui constituent le véritable danger et non la viande provenant des anciens abattoirs)? Est-ce l'agrément pour l'export? On n'en a pas besoin dans l'immédiat, d'abord parce que nous n'avons rien à exporter, ensuite parce que les normes sanitaires vétérinaires nationales sont suffisantes pour garantir l'hygiène, la salubrité et la santé publiques dans les abattoirs. Est-ce le nouveau gestionnaire? Le constructeur Vizcaino est contractuellement tenu de faire fonctionner le nouveau complexe «en charge«, c'està-dire à plein régime de fonctionnement réel, de sorte à évaluer les performances, notamment celles liées à la capacité de traitement de 140 bovins et 900 ovins par heure.N'allons pas quand même jusqu'à «imaginer« qu'une ou plusieurs personnes, «rétrogrades et résistantes au progrès et au changement«, ont le pouvoir magique de laisser inerte ce bijou nouvellement construit!En conclusion, on pourrait ajouter ceci: pendant que le projet des nouveaux abattoirs a anormalement traîné (depuis 1990!), on semble reprocher à des abattoirs de 80 ans d'être conçus de la sorte et de fonctionner à poste fixe avec du sang autour de l'animal abattu à même le sol ! Qui n'aurait pas mangé de cette viande, et même des viandes abattues dans les souks ? Combien de morts a-t-on dénombrés à ce jour?Ne soyons pas niais, le risque pour le consommateur ne réside pas dans l'abattage, quel que soit le système de préparation, traditionnel à poste fixe ou moderne à la chaîne. Mais c'est plutôt dans les différentes manipulations extra-abattoirs (transport, préparation, charcuteriers, gargottes, mode d'exposition et de conservation chez le bouchers, etc...) que le danger existe, et ceci que la marchandise ait pour origine des abattoirs modernes, traditionnels ou même ruraux.N'essayons pas de cacher la forêt vierge avec le vieil arbre! M. R. Moujid, secrétaire général de la Communauté Urbaine et directeur des abattoirsDr A. Adraam, chef du Service Vétérinaire de la CUCM. A. Touilila, régisseur des abattoirs. NDLR: M. Moujid, directeur des Abattoirs, précise qu'il n'a pas pu rencontrer le journaliste, car «étant fonctionnaire, il n'a pas eu d'instructions de ses supérieurs hiérarchiques«. Voilà qui est fort regrettable (ce que L'Economiste avait d'ailleurs dûment souligné), car une rencontre avec M. Rahal Moujid, directeur des Abattoirs ou M. Rahal Moujid, secrétaire général de la CUC, donc supérieur hiérarchique de lui-même, aurait permis d'avoir toutes les explications aujourd'hui fournies.

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